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L’intensité de la punition

L’intensité de la punition

La punition est elle utile ?

Oui, Mais à condition de l’utiliser avec discernement.

Si vous lisez régulièrement ce blog vous savez que je considère la punition comme un outil parmi d’autres dans la boite à outils du dresseur, et qu’il est important de maîtriser.  Entendons-nous bien, je parle d’une action destinée à faire disparaître un comportement, et uniquement de cela. La punition n’est en aucun cas destinée à apprendre un comportement. Pour cela on utilisera un renforçateur.

Il faut toujours essayer de réfléchir à une solution basée sur la récompense et le renforcement avant de penser « punition ». Un exemple simple : le chien qui marche nez au sol en reniflant. Le premier réflexe est de punir ce comportement. Mais ce n’est pas pour autant que le chien aura compris qu’il doit marcher la tête levée. Il est donc préférable de renforcer les moments ou le chien marche tête levée. Et lorsqu’il relève la tête, il ne peut plus renifler (principe du renforcement d’un comportement incompatible avec celui qu’on veut faire disparaître).

Pour être efficace, en plus de devoir être reliée de façon directe et immédiate au comportement à faire disparaître, la punition doit avoir la bonne intensité. C’est de cela dont cet article va parler.

petite fille et son chien

A quel cerveau s’adresser ?

  • Comme je l’ai déjà expliqué dans cet article, le chien, et son maître, ont 3 cerveaux.
  • – Le cerveau reptilien, primitif, utilisant le réflexe
  • – Le cerveau limbique, utilise l’émotion
  • – Le neocortex, utilise la réflexion

Si on s’adresse au cerveau reptilien,  la punition devra aller jusqu’au seuil de la douleur pour déclencher un réflexe d’évitement. Ce cas est très spécifique, et ne devrait pas être utilisé en dressage.

Le cerveau limbique, ne devrait pas non plus être utilisé pour un dressage efficace.

On préférera utiliser le neocortex, celui de la réflexion,  qui permet d’analyser les conséquences de nos actes, et de construire un comportement de façon solide et durable. Mais comment « parler » à ce cerveau?

cerveau en greve

Une punition de trop faible intensité

La punition étant destinée à faire cesser un comportement, toute action désagréable qui ne fait pas cesser le comportement n’est pas une punition ! C’est juste quelque chose de désagréable.

Vous avez certainement déjà vu des personnes crier à leur chien «STOP», et le chien continuer son activité comme si rien ne se passait… Le punition est dans ce cas typiquement d’un niveau insuffisant. Pire encore, à force de « punir » sans effet, le chien va s’endurcir, et ignorer les punitions d’intensité de plus en plus forte.

C’est pour cela qu’on dit généralement qu’il vaut mieux punir une bonne fois pour toutes plutôt que de « punir » faiblement et à répétition.

Donner de nombreuses petites punitions inefficaces  à son chien s’apparente pour moi à de la maltraitance envers l’animal. Cela peut même s’avérer dangereux avec certains chiens qui vont vouloir faire cesser ce désagrément dont ils ne comprennent pas le sens (morsure). De plus, cela va casser la confiance que le chien a dans votre jugement, vous ne serez plus quelqu’un de respectable à ses yeux.

Mais attention à l’effet inverse d’une punition trop forte !

Une punition de trop forte intensité

Une punition trop forte va inhiber la capacité de réflexion du chien. Il ne va pas la comprendre, et donc elle sera inefficace. Certes, le comportement aura cessé, mais le chien n’aura rien appris. Pire, il va vous considérer, ou ce qui lui a infligé la punition, comme quelque chose de dangereux, à éviter absolument. Vous aurez perdu votre bien le plus précieux, sa confiance. Il peut même assimiler la punition à quelque chose qui n’a rien à voir avec le comportement que vous avez voulu faire disparaître, voire à un comportement que vous souhaitiez renforcer !

 

Comment reconnaître si on a bien dosé l’intensité de la punition ?

Il y a un test simple à faire : vous proposez immédiatement après la punition une activité que votre chien aime. S’il se lance dans l’activité proposée, tout va bien, votre punition a été correctement dosée. S’il reste prostré, ou fuyant, refuse de jouer, c’est que votre punition a été trop forte, et donc contre-productrice. C’est aussi pour moi de la maltraitance.

Alors, comment doser ?

Il n’y a pas de recette miracle. Chaque chien est différent, chaque situation est différente. Il faut observer la réaction de son chien, et s’adapter. On fait des erreurs, mais c’est comme ça qu’on apprend, malheureusement souvent au détriment du chien. Il faut se faire conseiller par quelqu’un qui sait parfaitement utiliser cet outil, et qui saura éviter à votre chien de subir vos erreurs. Lorsque vous arriverez à trouver la bonne intensité du premier coup, c’est-à-dire celle qui fait cesser le comportement tout en maintenant le chien dans son apprentissage, vous aurez franchi une étape importante dans votre vie de dresseur, et apprécierez l’efficacité de cet outil.

jauge

Ça y est, je maîtrise la punition !

Ne vous emballez pas, une punition est toujours utilisée après mûre réflexion, jamais sur un coup de colère. Comme vous venez de le lire, la punition est un outil qui peut s’avérer utile dans le dressage, mais requiert pas mal d’expérience, et les conséquences en cas de grosse erreur ne sont pas anodines. Et je répète ce que j’ai écrit en introduction, Il faut toujours essayer de réfléchir à une solution basée sur la récompense et le renforcement avant de penser punition .

N’oubliez jamais qu’une punition est toujours suivie d’une récompense. Si vous ne comprenez pas pourquoi, alors n’utilisez pas la punition.

friandise

Une sortie en ville réussie

Une sortie en ville réussie

Lorsque Nugget, Jessy et Heiko décident de se  promener en ville, ils rameutent quelques amis.

15 chiens en centre ville, ça ne passe pas inaperçu. quelques photos de cette promenade

 

Comment réussir une sortie en ville

Le choix des participants

Il n’est pas obligatoire que tout le monde se connaisse au préalable, mais il est important que chacun connaisse déjà quelques personnes du groupe. Cela évitera qu’une personne se sente un peu perdue au milieu d’un groupe déjà constitué.

Les participants doivent aimer « les chiens », et non pas uniquement « leur chien », et être à l’aise en présence de chiens inconnus.

Idem pour les chiens. S’ils connaissent déjà quelques chiens dans le groupe, ils seront tout de suite plus à l’aise en reconnaissant un ou deux copains.

On évitera les chiens agressifs avec leurs congénères, ce type de sortie n’est pas destinée à faire leur éducation.

Les maîtres devront avoir un contrôle suffisant sur leurs chiens. Il n’y a rien de plus désagréable qu’un participant qui passe son temps à crier sur son chien ….

Le ou les référents

Il est important qu’au moins un des participants du groupe soit reconnu comme une personne ayant des compétences cynophiles.

Cela peut être utile dans au moins 3 cas :

  • donner quelques conseils à un participant afin qu’il gère mieux son chien (en faire le minimum, on est surtout là pour le plaisir)
  • prendre en main rapidement une situation difficile. Le participant ne se vexera pas si un référent lui prend la laisse des mains pour intervenir rapidement en cas de problème.
  • pouvoir répondre aux questions des passants sur des sujets divers et variés (la loi sur les chiens dangereux, que faire si on trouve un chien errant, …)

Préparation de l’itinéraire

Choisissez un point de rendez vous facile à trouver, et avec suffisamment d’espace pour garer les véhicules. Ce point de rendez-vous servira aussi aux chiens (et aux maîtres) à faire connaissance avant de partir.

Choisissez un itinéraire en zone piétonne au maximum. Repérez à l’avance les points d’eau pour rafraîchir vos chiens (fontaines, robinets ..). N’oubliez pas le point de rafraîchissement pour les maîtres (assurez-vous au préalable que les chiens sont acceptés) . Cela amène un bon moment de convivialité.

 

Vous pouvez agrémentez votre itinéraire par quelques passages peu habituels pour les chiens (ascenseur, funiculaire), mais prévoyez un itinéraire bis au cas où un chien ferait un refus catégorique.

Évitez les zones trop fréquentées. Le centre ville un dimanche matin entre 9h et 11h est l’idéal, en dehors de la zone du marché bien entendu.

Matériel à prévoir

N’oubliez pas les sachets ramasse crottes (et utilisez les si besoin!)

Pensez à prendre une gamelle et des bouteilles d’eau. Même en hiver, les chiens auront besoin de boire.

 

Évidement, pensez à prendre une petite trousse à pharmacie. Organisez vous pour que chacun n’amène pas la sienne, une seule suffit 🙂 

Comportement pendant la promenade

Même si cela va sans dire, je préfère l’écrire : votre chien doit être propre, et être en bonne santé. Votre tenue doit être correcte, et comme vous êtes en ville, adoptez une tenue de ville décontractée, et laissez au vestiaire votre veste de conducteur (on n’est pas à l’entraînement), ou vos talons aiguilles (pensez que votre chien peut subitement trouver très amusant de vouloir aller faire peur à un pigeon ..).

Vous allez rencontrer deux principales catégories de passants pendant votre promenade que vous allez devoir gérer:

  • les curieux inconscients : expliquez leur gentiment mais fermement qu’on ne laisse pas un enfant se précipiter sur un chien inconnu pour lui faire un gros câlin en le serrant dans ses bras.
  • les énervés : ceux là vous invectivent de loin en vous hurlant dessus (il y a trop de chiens en ville, les gros chiens ça fait peur, yen a marre des crottes partout ..). Pour gérer cette situation, le plus simple est de prendre avec vous 2 personnes du groupe capables de garder leur calme,  accompagnées de leur chien, eux aussi calmes et si possible imposants le respect. Vous allez au devant de l’importun afin d’engager calmement la conversation. soit il se calme et tout va bien soit il vocifère de plus belle. Vous prenez alors gentiment et poliment congés, en lui souhaitant une bonne journée. Vis à vis des autres passants, je vous laisse deviner qui passe  pour un idiot …

N’hésitez pas à engager la conversation avec les passants qui sont intéressés par les chiens, et laissez-les parler. Évitez de vouloir à tout prix vanter les qualités de votre race préférée, ce n’est probablement pas la leur.

Et au contraire, ignorez ceux qui font un détour pour éviter cette concentration de prédateurs. De toute façon, ils ne vous répondront pas.

Vous pouvez maintenant rameuter vos amis, et les amis de vos amis, et organiser votre sortie en ville.