En passant

Récompense et punition : le jeu du chaud et froid

Récompense et punition : le jeu du chaud et froid

Pourquoi faire ?

Dans un article précédent, je vous avais proposé d’imaginer comment agissaient la récompense et la punition. Je vous propose ici de le vivre, comme le vivent nos chiens pendant nos séances d’entraînement. C’est un jeu simple, à réaliser en famille ou entre amis. C’est une excellente animation pour vos clubs canin, mais aussi pour animer des journées canines dans les écoles.

Objectif du jeu

Avec ce jeu, vous allez découvrir comment faire réaliser un comportement complexe à quelqu’un en utilisant seulement 1, puis 2 mots seulement: chaud et froid. C’est un exercice qui n’est pas toujours évident, car faire une phrase pour expliquer ce qu’il faut faire nous semble tellement plus évident ! Malheureusement avec nos chiens, faire des phrases ne sert à rien, il faut revenir à des choses beaucoup plus simple. En jouant au jeu du chaud et froid, vous allez voir que certains ne peuvent pas s’empêcher de parler lorsque l’élève ne comprends pas les indications données avec seulement 1 mot. C’est effectivement très frustrant de ne pas arriver à se faire comprendre, mais c’est le problème le plus fréquent rencontré entre maître et chien, cause de bien des frustrations, et parfois d’abandon.

Préparation du terrain

Je prendrai le cas le plus classique du jeu réalisé dans le cadre d’un club canin. Ce n’est évidement qu’un exemple à adapter en fonction du matériel disponible (un bon dresseur doit s’adapter en permanence à la situation qu’il a en face de lui!).

Il vous faut:

  • un terrain parfaitement délimité, 10 m x 10 m par exemple. On l’appellera « la piscine »
  • 2 chaises
  • 2 ou 3  cônes de couleurs différentes
  • 2 ou 3 piquets
  • 1 ou 2 foulards
  • 1 ballon

Vous répartissez de façon aléatoire tous ces objets sur le terrain, en essayant d’occuper tous l’espace. Évitez de mettre côte à côte 2 objets identiques afin de simplifier un peu le jeu. Si vous jouez avec de jeunes enfants, je vous recommande de réduire la taille de la piscine, ainsi que le nombre d’objets.

Début du jeu

On commence par réunir tous les participants, et choisir celui qui jouera le rôle de l’élève.

L’élève doit alors s’éloigner afin de ne pas entendre , ni voir l’étape suivante qui consiste pour le groupe à choisir le comportement qu’on va devoir lui faire réaliser.

Exemples de comportements:

  • prendre le foulard rouge et aller s’asseoir sur la chaise de gauche
  • faire le tour du cône rouge, prendre le ballon, et aller le poser sous la chaise de droite
  • faire le tour du piquet de gauche, prendre le foulard, se le mettre autour du cou, faire le tour du cône, prendre le ballon, faire 3 fois le tour de la chaise de droite, s’asseoir sur la chaise de gauche et tenir le ballon au dessus de sa tête

On commencera le jeu par des comportements simples, puis au fur et à mesure que les participants prennent de l’expérience, on demandera des comportements de plus en plus complexes (tout comme avec nos chiens ..)

Il ne reste plus qu’à choisir qui fera le moniteur pour ce tour de jeu, et on peut rappeler l’élève, et le faire sauter dans la piscine. A partir de ce moment-là, plus personne ne parle, excepté le moniteur au vocabulaire réduit ! La seule chose que l’on doit entendre, ce sont les consignes données par le moniteur,  et les éclats de rires des spectateurs !

Le jeu du chaud

chaud
chaud

Dans ce jeu, on va travailler sur la notion de récompense pour renforcer un comportement. Le moniteur devra prononcer le mot « chaud » lorsque l’élève ébauche un mouvement dans la direction choisie  pendant la préparation. Si l’élève part dans la mauvaise direction, on ne dit rien (on ne trépigne pas d’impatience non plus !). Il faut rester le plus neutre possible. C’est un travail de « façonnage » du comportement par petits progrès successifs. Si vous vous trompez en disant « chaud » au mauvais moment, ce n’est pas trop grave, mais vous allez un peu désorienter votre élève.

Patience, rigueur, observation, sont les qualités indispensables pour le dresseur.

Joie, dynamisme, optimisme, sont les qualités indispensables pour l’élève. Si vous tombez sur un élève peu dynamique, il risque de simplement se planter au milieu du terrain et attendre (si vous êtes vous-même élève, essayez donc de rester sans bouger, vous verrez la réaction du moniteur !)

Le jeu du froid

froid
froid

Dans ce jeu, on ne va travailler que sur la notion de punition, c’est à dire quelque chose destiné à faire disparaître un comportement. Mais comment faire réaliser un comportement avec un système destiné justement à les faire disparaître ? Contrairement à ce que proclame beaucoup de dresseurs qui communiquent beaucoup mais côtoient peu de chiens, c’est tout à fait possible, et absolument pas traumatisant pour l’élève. Sinon, je ne vous proposerai pas de le faire avec des enfants !

Le moniteur devra prononcer le mot « froid » lorsque l’élève part dans la mauvaise direction, ou bien reste immobile. C’est aussi une méthode pour façonner un nouveau comportement. Attention, car si vous prononcez le mot « froid » alors que l’élève est dans la bonne direction, vous allez devoir bien ramer pour rattraper le coup et le convaincre que finalement c’était bien ça. Vous risquez de le décourager rapidement s’il ne vous considère pas comme quelqu’un fiable et de confiance. La rigueur est la qualité indispensable pour le moniteur.

Le jeu de chaud et froid

chaud froid

Cette fois ci, le moniteur est autorisé a utiliser les deux possibilités , c’est à dire:

  • « chaud » quand l’élève est dans la bonne direction
  • « froid » quand l’élève est dans la mauvaise direction

Il faut rester concentré, car c’est beaucoup plus rapide qu’avec l’utilisation d’un seul mot.

Conclusion

C’est à vous de la faire après avoir joué à ce jeu avec de nombreuses personnes différentes, et en ayant joué vous-même le rôle de l’élève et du moniteur (les deux sont très intéressants).

Si vous avez déjà lu les articles de ce blog, vous devez certainement déjà en avoir une petite idée, mais rien ne vaut la pratique, et le vivre soi même.

Vous pouvez maintenant, quitter votre ordinateur, appeler vos amis et organiser une partie de « chaud et froid ».

 

 

Le faux marquage en pistage

Le faux marquage en pistage

Pourquoi cet article

Lors d’une piste d’entraînement, Jessy a fait un faux marquage. C’est-à-dire qu’elle s’est couchée à un emplacement où le traceur n’avait pas laissé tomber un objet lui appartenant. Comment réagir dans ce cas là ?

La méthode qu’on m’a enseignée

Tu arrives au chien, tu constates qu’il n’y a pas d’objet, et tu l’engueules.
Conséquence : le chien comprends que tu arrives à sa hauteur, et il se fait engueuler alors qu’il est bien couché comme tu lui as appris … Il ne comprend pas la cause réelle de la sanction, et suivant son caractère , se rebiffe ou stresse. Et au prochain objet, soit il stresse et marque mal (trop lent, de travers ..), soit il ne se couche pas du tout (voire il contourne l’objet pour l’éviter), soit il se relève à l’arrivée du conducteur (peur de l’engueulade).

L’erreur de cette méthode, vu du conditionnement opérant

Il n’y a pas contingence entre l’action et sa conséquence. Il s’écoule beaucoup trop de temps entre le couché sans objet (comportement à faire disparaître) et la réprimande. Le chien ne fait pas le lien entre les deux , stresse , etc
Il n’a rien appris , à part que son maître est un être inconstant qui parfois félicite et parfois réprimande un couché sur la piste.

Et comme cela se passe au niveau émotionnel, le chien s’en rappellera longtemps.

Ce qu’on aurait dû m’apprendre

Il faut sanctionner le chien au moment où il se couche. Mais pour ça :

  • ll faut réagir dans la ½ sec et donc être préparer à réagir. C’est rarement le cas lorsque le chien fait ça pour la première fois.
  • Être absolument certain que le traceur n’a rien laissé tomber à cet endroit, même involontairement (impossible à garantir, mon chien a déjà trouvé le briquet qui était tombé de la poche du traceur)
    Méthode trop risquée pour moi.

Ce que j’ai fait

Je suis arrivé à la hauteur de Jessy, j’ai très ostensiblement cherché l’objet fantôme (je savais pertinemment qu’aucun objet n’avait été laissé volontairement à cet endroit, mais sait-on jamais), j’ai exagéré ma déception de ne rien trouver (tout comme j’exagère toujours ma joie lorsque l’objet est présent). Bref, j’ai fait appel à sa réflexion. Jessy n’a pas été marqué émotionnellement, mais elle a appris que pas d’objet est synonyme de … rien !  Et tous les autres objets ont été marqués parfaitement …

Conclusion :

La maîtrise des principes du conditionnement opérant permet de se maîtriser et de ne pas céder à sa première réaction. Quand on n’est pas un dresseur instinctif, il faut faire appel à la réflexion et à l’analyse. À force de travailler dans ce sens, de multiplier les expériences, on acquiert des automatismes et on devient un meilleur dresseur…

Vous pouvez maintenant éteindre votre ordinateur et aller tracer une piste …

 

 

Les degrés de contrôle

Les degrés de contrôle

Pourquoi cet article

J’ai assisté récemment à un entraînement regroupant des conducteurs expérimentés. La différence d’approche dans leur dressage était flagrante.
Au delà des techniques utilisées, c’est l’idée même que le conducteur se fait du dressage du chien qui est différente. Ces approches peuvent être classées en deux catégories.

Contrôle au premier degré

Le maître commande, le chien obéit. C’est simple. Le chien n’a aucune initiative, aucune réflexion. Il reproduit de façon stéréotypée un comportement appris.
Cela n’implique pas forcément l’utilisation de la punition, cela peut être obtenu avec des récompenses (ce qu’on appelle par abus de langage l’éducation positive).

Contrôle au second degré

Le conducteur donne une indication, et le chien déclenche un comportement. Le chien connaît le comportement à exécuter, mais va utiliser sa réflexion pour s’adapter à son environnement et atteindre l’objectif indiqué. Il s’approprie l’action et est autonome dans la façon de réaliser l’objectif.
Encore une fois, cela est indépendant du fait d’utiliser des récompenses ou des punitions.

Conclusion :

À vous de choisir votre approche. Ne vous imaginez pas que l’une est plus facile que l’autre, les deux demandent travail et réflexion.
Vous ne me ferez pas dire qu’une méthode est meilleure que l’autre pour faire des points en concours, je n’en sais rien. La meilleure méthode est de toute façon celle qu’on maîtrise.
Personnellement, je regarde quelle approche est utilisée par ceux qui gagnent au niveau international, je sais comment je veux considérer mon chien, et j’ai fait mon choix. Et surtout, je m’y tiens, et j’aplatis les difficultés une à une au fur et à mesure que j’avance.

Mais ne mixez pas les deux approches, votre chien ne comprendrait pas et serait déstabilisé, et inutilement stressé. Et cela s’applique aussi bien au quotidien que sur le terrain d’entraînement.

Balade de Noël

Une sortie en ville de Heiko, Jessy, et leurs copains.

10 chiens de 9 races différentes, de toutes tailles et de toutes couleurs, ça ne passe pas inaperçu en centre ville de PAU !  Avec 8 mâles dans le groupe, tout c’est finalement bien passé, nos toutous ont été exemplaires ! On ne dira pas la même chose de certains chiens croisé lors de notre sortie ….

On n’a pas rencontré le père Noël, mais l’ambiance y était.

 

Un grand merci au personnel du café LE BOULEVARD qui a accueilli cette meute impressionnante avec gentillesse, et dont le chocolat chaud est excellent!

 

 

Entre chiens et loups

J’entends et je lis pas mal de choses à propos des liens de parentés entre les chiens et les loups.

J’ai fait une sélection des articles qui me semblent les mieux étayés, avec des références sérieuses, ou qui alimentent la réflexion.

En tant que scientifique, je me devais en priorité de citer l’équipe de l: IGDR de Rennes. Leurs publications sont intéressantes, en anglais, et très pointues. Vous y trouverez par exemple Identification of Genomic Regions Associated with Phenotypic Variation between Dog Breeds using Selection Mapping

Plus abordable, un article très complet et très bien documenté qui parle de la domestication du loup http://baladesnaturalistes.hautetfort.com/archive/2014/04/29/entre-chien-et-loup-5358344.html

Enfin, une troisième référence qui questionne sur la pureté génétique du loup européen (pas très scientifique, mais qui donne à réfléchir sur l’utilisation de données scientifiques par nous politiques) http://www.buvettedesalpages.be/2014/12/a-propos-de-l-affaire-des-loups-batards-en-france.html
Bonne lecture!

dénigrement

Le dénigrement

 

Depuis des années que je traîne sur internet, je tombe régulièrement sur des personnes qui dénigrent certains outils, certaines méthodes, souvent avec virulence. Et cela quel que soit le sujet, ça peut être l’utilisation du collier à pointes comme du clicker. Et ce n’est pas réservé au monde canin. Ces personnes, souvent sous couvert de l’anonymat, inonde la toile de leurs propos négatifs. Je me suis amusé à classer leurs motivations en 5 familles, qui peuvent bien évidement se cumuler:

J’ai jamais testé, mais j’ai lu (ou on m’a dit)  que c’était pas bien

Ils sont légions ceux-là, qui rapportent des propos glanés à droite et à gauche, et se font leurs propres opinions sur du virtuel. Ils n’y connaissent rien, mais qu’est-ce qu’ils en parlent ! Et souvent avec de bons talents d’orateurs, et ils entraînent d’autres gogos dans leurs sillages.

J’utilise d’autres outils qui me conviennent

Ces personnes maîtrisent des outils, des techniques,  qui donnent des résultats qui leur conviennent. Elles voient les autres méthodes comme des effets de modes, et au mieux ne s’y intéressent pas, au pire en dise du mal (ce qu’on ne connaît pas fait peur). Ce n’est que le jour où elles se rendent comptent qu’elles sont dans une impasse avec ce qu’elles connaissent, qu’elles prennent conscience que les autres façons de faire donnent des résultats souvent meilleurs que les leurs. Et lorsqu’elles s’y intéressent de près, elles en tirent généralement d’excellents résultats. Comme on dit souvent, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis.

J’ai testé, et ça ne fonctionne pas

Vous l’aurez compris, ces personnes n’ont pas pris le temps de comprendre comment ça marche, ne se sont pas fait expliquer le fonctionnement de l’outil ou de la méthode par quelqu’un qui maîtrise le sujet. Elles sont déçues et déversent leur frustration sur le net.

J’ai vu une vidéo et le chien avait l’air de souffrir

Les dégâts des sites de vidéos… On y trouve le meilleur comme le pire. Et effectivement, on y trouve des outils mal utilisés, et des chiens mis en détresse (méthodes incohérentes, dresseur brouillon qui ne fait que stresser le chien, ..). Les cons osent tous, c’est même à ça qu’on les reconnaît.

Je vends une méthode différente qui fonctionne, toutes les autres c’est de la  m….

Quand l’intérêt financier est en jeu, certains sont prêts à faire n’importe quoi pour écraser l’autre et prendre ses parts de marché. L’arrivée d’une nouvelle méthode est considérée comme une véritable agression, qui déclenche des réactions au niveau du cerveau reptilien …Et réciproquement, ceux qui tentent de vendre une nouvelle méthode vont répandre les pires insanités  sur l’existant, histoire de faire parler d’eux.

Il ne tient qu’à vous d’exercer votre esprit critique et de laisser de coté ce genre de propos.

 

 

Utilisation des 3 cerveaux du chien et de son maitre

Utilisation des 3 cerveaux du chien et de son maître

Les trois cerveaux

Le chien à 3 cerveaux, et son maître aussi.

Pour ceux que cette affirmation laisse perplexe,

tout est expliqué dans: les trois cerveaux du chien

Comment cela se traduit il dans notre communication avec notre chien ?

Comment utiliser cela efficacement ?

Voici ma façon de voir les choses.

Chez le chien

Le mode survie

Utilise le cerveau reptilien.

Dans ce mode, le chien ne réfléchi pas, ne tire aucune conséquence de ses actes, il agit instinctivement pour sauver sa peau, soit en fuyant, soit en attaquant. Lorsque le chien est en mode agression, certains appellent cela « la zone rouge ». Dans ce mode, le chien n’est plus réceptif à aucun stimulus extérieur. Inutile d’agiter une balle sous son nez pour détourner son attention, l’information n’atteindra même pas son cerveau.

Ce mode n’a aucun intérêt en éducation ou en dressage. Aucun humain ne devrait mettre un chien dans ce mode, quelle qu’en soit la raison.

Le mode émotion

Utilise le cerveau limbique.

Dans ce mode, le chien n’est pas vraiment en état de réfléchir. Il réagi instinctivement à des stimuli qui viennent solliciter ses instincts primaires.

C’est typiquement ce que nous utilisons dans le conditionnement Pavlovien. Il est toujours dans ce cas associé à un contexte, et à un un stimulus inconditionnel (agréable comme une bonne nourriture, ou désagréable comme une légère douleur). Le conditionnement Pavlovien permet de l’associer à un stimulus inconditionnel, tel qu’un objet ou un son.

Il est délicat à utiliser. Il faut doser le stimulus en fonction du chien. Si le stimulus est trop faible, il ne sert à rien, et si il est trop fort, on risque de passer en mode survie.

Exemple d’utilisation avec un stimulus aversif: le chien qui « fait la poubelle », au risque de se blesser avec un emballage. On lui tend un piège, on fait une mise en scène. Lorsqu’il a la tête dans la poubelle, on fait en sorte que l’environnement de la poubelle lui fasse une grosse frayeur (bruit soudain de casseroles qui tombent à coté de lui, chute de bouteilles en plastique sur son dos, …. ). Il va ainsi associer la poubelle à quelque chose d’émotionellement désagréable, et ne s’en approchera plus. Vous comprenez que le dosage du stimuli aversif est extrêmement important. Trop faible, il va habituer le chien à faire la poubelle même en présence de bruit, trop fort, le chien n’osera même plus rentrer dans la cuisine.

Mais on pourra aussi se servir d’un état émotionnel agréable pour obtenir de l’intensité dans un exercice. Par exemple pour un chien passionné par son jouet au point de se mettre à trembler en le voyant, on s’en servira pour obtenir des rappel rapides et fiables. Le conditionnement Pavlovien permettra d’associer l’émotion d’avoir le jouet (stimulus inconditionnel) au signal de rappel (stimulus conditionnel).

L’utilisation des émotions est un outil puissant, à manier avec précaution, surtout avec un chiot ou un jeune chien.

Le mode réflexion

Utilise le néocortex.

C’est ce qu’on utilise en conditionnement opérant (mon préféré!). On fait réfléchir le chien aux conséquences de ses actes.

Il faut bien doser l’intensité des stimuli afin de ne pas passer en mode émotionnel. Par exemple, certains chiens se figent en voyant une balle tellement elle est chargée d’instinct de prédation. On ne l’utilisera donc pas dans ce mode d’apprentissage. On restera sur des stimuli moins « émotifs », tels que la nourriture (attention, certains chiens qu’on appellent vulgairement « gamelards » passent en mode « émotion » dés qu’ils voient de la nourriture!). Il faut bien connaître la valeur de nos stimuli vis à vis de notre chien afin d’utiliser au mieux ce mode d’apprentissage.

En revanche, après quelques exercices en mode « réflexion « , j’utilise toujours une méga récompense, le « jackpot », à la fois pour marquer émotionnellement une réussite, et aussi pour laisser une pause au néocortex. Le temps de concentration d’un chien est limité, surtout chez un chiot. Il faut lui conserver le plaisir de nos séances d’apprentissage.

Comme expliqué dans le lien  cité en début de cet article, le neocortex n’est pas particulièrement développé chez le chien. C’est pourquoi il faut absolument travailler ce développement chez les chiots. L’utilisation de jeux d’éveils, l’apprentissage de quelques tours simples (toucher la main de son maître) permettent ce développement.

Chez le maître

Le mode survie

Je ne connais qu’un cas ou un humain peut passer efficacement dans ce mode en présence d’un chien: lorsqu’on se balade tranquillement, et que subitement un chien sorti de nulle part (ou d’une cour de ferme) vous fonce dessus, toutes dents dehors. Dans ces cas là, je passe en mode « combat », et je lui fonce dessus en l’agressant. L’environnement étant ouvert, le chien fuit la queue entre les jambes. Dans cette situation, il ne faut pas « faire semblant », car le chien le sent très bien. Il faut vraiment que le chien vous sentent près à défendre chèrement votre peau et prenne peur.

Attention je ne parle pas de cas de séance de traitement d’agressivité sur un chien (ou tout doit rester parfaitement sous contrôle), ni du  cas de chien de protection de troupeau (il fait son boulot, faites un détour pour vous écarter de son troupeau).

Le mode émotion

Ce mode là n’a rien à faire lors d’une séance de dressage ou d’éducation.

On le  réservera au parties de câlins et de léchouilles avec son copain canin, en dehors des séances d’apprentissage.

Le mode réflexion

C’est le seul mode dans lequel il faut être pendant un entraînement ou une séance d’éducation. On observe son chien, on analyse, et on adapte en permanence l’entraînement. Et comme il faut quand même réagir vite aux réactions du chien, on aura au préalable préparé sa séance pour ne pas se trouver pris au dépourvu en cas de réaction inattendue.