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JESSY et ses cousins

Nous avons passé 3 jours au centre canin de l’orée de biliaire, chez Jacques STAMBACK, éleveur et dresseur de plusieurs champions.

Nous étions en compagnie d’hendrix, igor, jason, et lock it, tous 3 issus de l’élevage, et ayant comme grand père Bangus, le chien que Jacques a mené aux championnats du monde.

3 jours studieux, actifs, et dans une excellente ambiance. Merci à tous, on remets ça dés que possible!

Deux petites vidéos

Travail sur l’affrontement à la cache

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travail sur la prise

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L’émotionnel dans le dressage

L’émotionnel dans le dressage

J’entends souvent cette phrase « mon chien m’obéit parce qu’il m’aime », ou une variante « il m’obéit parce que nous avons un fort relationnel ».

Ce ne sont que des foutaises. Un chien est un animal opportuniste, il fait ce qui lui apporte du confort. Mais là n’est pas le fond du problème, et de toute façon, je n’arriverai pas à convaincre ceux qui pense que le relationnel est une condition indispensable dans le dressage qu’ils ont tord.

Raisonnons par l’absurde : votre chien vous obéit pour vous faire plaisir, OK. C’est-à-dire qu’il ressent votre joie lorsqu’il a réalisé le bon comportement, ce qui lui sert de renforçateur, jusque là, OK.  A l’entraînement, ça peut faire illusion. Mais que se passe-t-il le jour du concours ? Votre état émotionnel est complètement chamboulé, et même si vous êtes un conducteur aguerri, lorsque l’enjeu augmente (finale ..), vous n’êtes plus la même personne, émotionnellement parlant. Et si vous avez basé votre dressage là-dessus, votre chien est complètement déstabilisé, et vos espoirs de performances s’envolent. Vous avez bossé pour rien, et vous avez fait douter votre chien.

Un autre cas très fréquent, cette fois venant d’un coach, professionnel ou pas. « Si le chien ne fait pas bien, c’est parce que vous n’avez pas un bon relationnel avec lui « (ou alors une variante « vous êtes en conflit »). Ce n’est qu’une façon de transformer l’ignorance du coach à diagnostiquer le problème, en culpabilisant le conducteur.Si le conducteur insiste pour avoir une piste de solution, on lui répond « la solution est en toi ».

Et au passage, si le coach est professionnel, il en profite pour proposer une formation de maîtrise de soi, ou de travail sur le relationnel (payante évidement). Et comme le vrai problème n’est pas traité, il n’y a pas de progrès en concours, même si cela peut apporter beaucoup au stagiaire dans sa vie privée, et ça devient vite une rente pour le formateur.

Donc, si un jour quelqu’un vous dis ça, bouchez-vous les oreilles. Cette personne n’est pas forcément un mauvais dresseur, mais elle ne sait pas comment elle obtient ses résultats, et est donc complètement incapable d’expliquer.

Par contre, si on vous dit « vous ne savez pas communiquer avec votre chien », il faut ouvrir grand vos oreilles car cette personne a sûrement des choses intéressantes à vous apprendre …

 

ordre, signal, et code

Ordre, signal, et code

J’ai assisté récemment à un gros concours de RCI (plus de 30 participants), avec des équipes venant de toute la France, et de niveaux d’expérience très variable.
Cela allait du complet débutant dont c’était le premier concours, au conducteur très expérimenté (plus de 30 ans, plusieurs participations au championnat du monde), en passant par des conducteurs qui se croient expérimentés. Bref, un échantillon significatif pour faire des observations.
J’ai plus particulièrement observé comment les conducteurs communiquaient avec leurs chiens. En première analyse, cela va du commandement hurlé à se casser la voix, à la transmission de pensée …

Tout cela m’a amené à réfléchir à la façon de communiquer avec son chien lors d’un concours. J’ai identifié 3 catégories :

Les ordres :

Définition de wiktionary http://fr.wiktionary.org/wiki/ordre:
* Demande impérative, consigne d’une hiérarchie.

IL faut retenir cette notion « d’impératif ». Un ordre est donné d’une voix forte, et pour qu’il soit respecté, il faut que toute non-exécution amène une sanction. D’autant que l’exécution d’un ordre est quelque chose de subi, donc fait sans conviction, en pure réaction à la consigne ayant déclenché son exécution. De plus, cette notion d’impératif est généralement associée à un léger stress. Il faut aussi avoir conscience que cette notion d’impératif amène à une usure de l’ordre. A force d’être répété, il se banalise, et devra donc être renforcé plus souvent par une sanction en cas de non-exécution, mais aussi par une récompense si exécution. Clairement, un ordre ne sera jamais auto-récompensant, il sera d’avantage exécuté par crainte de la sanction que par envie de la récompense.

Pour toutes ces raisons, un ordre doit, d’après moi, rester exceptionnel. Il n’a pas sa place dans une compétition ou les actions sont répétées à chaque concours, et encore plus en entraînement, sans possibilité de sanctionner une non-exécution.
Il faut le réserver à des cas exceptionnels, soit en concours (chien qui est trop excité et se trompe de direction par ex, il faut impérativement le bloquer avant qu’il ne parte trop loin), ou dans la vie de famille (chien qui va traverser une route), voir l’article sur « le maitre source d’inconfort »

Les signaux acoustiques ou visuels.

Un signal (acoustique ou visuel) est donné au chien pour initier, ou modifier un comportement. S’il est acoustique, Il est donné avec le niveau sonore juste suffisant pour réaliser cela. Il peut même être murmuré si le chien est au pied, entièrement concentré sur ce qu’on va lui demander. Si on travaille en conditionnement opérant, c’est ce qu’il faut utiliser. Il n’y a aucune notion « d’impératif ». Le chien va adopter le nouveau comportement de son plein gré, car il sait que cela va améliorer son confort, ou tout au moins, il en a l’espoir. On peut enchaîner les signaux et les comportements. Si on prends soin de récompenser de temps en temps l’exécution, il n’y a pas d’usure du signal. Un signal peut être extrêmement discret, et passer complètement inaperçu auprès des spectateurs.

Les codes

Un code est une indication discrète qui indique au chien quel est le prochain signal qu’on va lui donner. Il lui sert à se préparer à l’exécuter. Ce n’est pas le code qui déclenche le comportement, car sinon ce n’est plus un code, mais un double commandement. Le code peut prendre des formes très diverses, car il n’a de signification que pour le chien et son maître. Il peut être gestuel (lisser le revers de sa veste de la main gauche), contextuel (faire un tour complet sur soi même en arrivant au cône de départ), ou sonore (se racler la gorge). L’essentiel étant qu’il passe complètement inaperçu auprès des spectateurs, seul le chien en comprend la signification. Il est d’autant plus difficile à détecter car il ne provoque normalement aucune réaction visible du chien. Le code peut être donné plusieurs secondes avant le signal, ou bien juste avant (le pas qui précède la demande de assis par exemple), ce qui complique encore plus sa détection. Utiliser un code, ce n’est pas tricher, c’est respecter son chien en l’avertissant du contenu du prochain exercice. On évite ainsi de le laisser dans le doute, tout est plus clair pour lui. Lorsqu’il se présente au cône avec son conducteur, il sait ce qui l’attend dans les secondes à venir. (marche, en avant, blocage au bout de 10 pas, …). Il peut ainsi se concentrer sur sa prochaine action. Sans le vouloir, nous mettons en place des tas de codes au quotidien (on se lève plus tard que les autres jours : chouette, c’est journée club aujourd’hui !)

Maintenant, lorsque vous allez assister à un concours, vous allez chercher à deviner les signaux et les codes de chaque conducteur. Pour les ordres, pas besoin de chercher, ils s’imposeront à vous ….

 

réflexions sur la marche au pied

Pourquoi cet article

Suite à une discussion ce samedi à propos de l’apprentissage de la marche au pied, je vais essayer de mettre ici l’avancement de ma réflexion sur le sujet. Après un an de travail avec Jessy, précédé de plus d’un an de lectures, visionnages de vidéos, et expérimentation avec Cyska et Heïko, il est temps de faire un point de synthèse.

Tout d’abord, de quoi parle-t-on ? Je parle de la marche au pied de compétition sportive canine, en particulier RCI, ou obéissance. Pour la marche type « promenade », on ne pousse pas les choses aussi loin, mais les bases restent les mêmes.

L’objectif visé

Pour travailler un exercice, il faut avoir en tête l’objectif final, la vision de l’exercice terminé, tel qu’il sera présenté devant un juge. Pour moi, il n’y a pas photo, la MAP idéale à atteindre est celle de Mia SKOGSTER, dont voici une démonstration

J’aime beaucoup sa fluidité, l’intensité de l’attention du chien. Cela semble tellement naturel, on en oublie le travail énorme qu’il y a derrière. C’est juste beau.Chacun a en tête sa MAP idéale, certains n’apprécient pas cette MAP, la trouvent peu naturelle, mais moi c’est celle qui me plait, et que je cherche à obtenir.

Les fondations

Chaque exercice peut se comparer à un édifice. On commence par des fondations solides, puis on monte les murs, ensuite on met le toit pour fermer le tout, et on termine par les finitions, le tout coordonné par un architecte.

On peut aussi le comparer à un plat cuisiné. Il faut des ingrédients de bases de bonne qualité, une bonne recette, préparer ses sauces ou ses fonds de tartes, réussir la cuisson, et enfin on passe au dressage.

Un exercice avec son chien, c’est exactement pareil. Il faut commencer par poser des fondations solides, et y passer du temps. Vouloir tout de suite poser le toit, ou pire, travailler dés le début sur les finitions, et tout va s’écrouler en cas de tremblement de terre ou de tempête. La tempête étant dans notre cas le stress d’un concours, la présence d’une chienne en chaleur, ou tout simplement un parcours réalisé à 14h, au mois d’Août, par 40°C à l’ombre (et justement, il n’y a pas d’ombre …).

Pour poser les fondations, il faut commencer par décomposer l’exercice en compétences élémentaires.

Décomposition de l’objectif

Cet exercice qui semble simple au premier abord, fait appel à plusieurs savoir-faire indépendants que doit maîtriser le chien:

– le contact contre la jambe gauche

– le regard vers le maître

– la complicité , l’envie de travailler.

– l’énergie qui se dégage, la présence du chien, le fouet joyeux

– le port de tête, l’épaule au niveau de la jambe

– la mobilisation des postérieurs dans les angles

 L’acquisition des compétences élémentaires

Pour chaque objectif élémentaire, regardons les exercices qui permettent de développer chez le chien, et idéalement chez le chiot, ces fameuses compétences.

Le contact contre la jambe gauche

C’est l’objectif prioritaire pour la majorité des compétiteurs, mais pour moi, c’est loin d’être le cas. J’ai choisi de le travailler au leurre, en statique, souvent devant un miroir ; et je l’ai travaillé coté droite et coté gauche afin que le fait de revenir contre la jambe gauche ne soit pas un automatisme mais une action réfléchie suite à une commande vocale. Cela permet de garder son chien attentif et en alerte, au lieu de le voir passer en mode auto-pilotage.

 Le regard vers le maître

Je l’ai travaillé face au chien, en me mettant à hauteur de chien (le moins fatigant est de mettre le chien sur une table, dans une box). On récompense quand le chien regarde notre visage, et pas quand il regarde les mains contenant les friandises. Ensuite, lorsque le chiot grandi, on le travaille avec le chien à coté de soi, devant un miroir (à gauche et à droite, voir chapitre précédent)

La complicité, l’envie de travailler

Je n’ai eu aucune hésitation sur le choix de la méthode: le conditionnement opérant, et plus précisément, utilisation d’un marqueur sonore (clicker). Cela se fait sur des exercices très simples au début: toucher de main, aller sur une cible, aller dans une box, tourner autour d’un piquet …. Je ne détaillerai pas tous les mérites de cette technique, ni toutes ses variantes, car elles ont toutes la même finalité : rendre le chien actif de son dressage, et non simplement réactif aux demandes du maître. On m’a souvent demandé à quoi servaient ces exercices qui n’ont apparemment aucun lien avec la marche au pied. Je répond généralement que c’est juste pour le fun, que ça m’amuse, afin d’éviter de partir dans des discussions souvent stériles.Maintenant je pourrais dire: « va lire mon article sur mon blog! » 🙂

J’ajouterai aussi, mais tous ceux qui travaillent au clicker le savent, il faut éviter dans ces exercices toutes punitions ou réprimandes. C’est un travail tout en subtilité, qui demande de bien observer son chien.

L’énergie qui se dégage, la présence du chien, le fouet joyeux

Encore une fois : conditionnement opérant. Mais aussi travailler sur la puissance de la récompense associée à cette méthode. Si le chien accorde une importance très moyenne à la récompense, il ne va pas réaliser l’exercice rapidement pour l’obtenir. Mais attention à l’excès inverse : si la récompense a trop de valeur, le chien va être hypnotisé par elle, et va complètement déconnecter son cerveau de tout le reste.

J’utilise deux types de récompenses:

– alimentaire : le chien doit toujours avoir un peu faim (c’est normalement le cas chez un chiot). Le chien n’est nourri qu’au travail, et si on voit que l’intérêt pour la nourriture faiblit, c’est qu’on nourri trop. Il faut réduire la ration (sauf si raison vétérinaire évidement)

– le jouet : on commence par donner de la valeur au jouet, en ne s’en servant que pour jouer! On utilise beaucoup l’instinct de prédation (jouet au bout d’une ficelle, traîné au sol). On utilise le jeu de la proie morte/vivante pour apprendre l’échange (surtout, on ne vole jamais le jouet, on l’échange contre un autre identique, ou de la nourriture pour terminer le jeu). Et si on veut que le chien soit frappadingue de son jouet, et de l’interaction avec son maître, il faut créer un peu de frustration (pas de jouet en libre service ..). Le jouet ne sera utilisé au travail qu’en 2ème phase, quand le chiot perd de l’intérêt pour la nourriture, et que son instinct de prédation est bien développé.

Le port de tête, l’épaule au niveau de la jambe

Pour ça, il n’y a pas 36 possibilités: le leurre, actif bien évidement. On leurre le chien dans la bonne position pendant des semaines, des mois, puis on éloigne le leurre. Il reste à vue un bon moment, puis ensuite disparaît. La phase charnière de la disparition du leurre est une phase critique. Perso, je l’ai travaillée en shaping. Je suis revenu à l’exercice de base, en statique, et j’ai attendu que Jessy propose la bonne position pour cliquer. On n’a l’impression de régresser, mais ce n’est que temporaire. Le chien va rapidement comprendre qu’on attends de lui qu’il propose l’attitude qu’on lui à fait réaliser avec le leurre. Je trouve que cela combine le meilleur des deux mondes : le leurre pour la mémoire musculaire et la bonne posture, le conditionnement opérant pour la disponibilité.

La mobilisation des postérieurs dans les angles

Je n’ai découvert qu’assez récemment que cela se préparait chez le chiot. Jessy était assez rigide de ses postérieurs, et j’ai donc découvert qu’il existait des exercices pour faire prendre concience au chiot qu’il avait des postérieurs. J’ai travaillé jessy avec une échelle posée au sol, puis légèrement sur-élevée. Je lui ai aussi appris à tourner avec les pattes avant sur une bassine retournée. Je lui ai aussi appris à reculer. Bref, des exercices d’assouplissements, comme tout athlète qui se respecte!

Conclusion

Voila comment j’ai abordé la marche avec Jessy. J’ai construit les fondations, je suis en train de monter les murs, et ça à l’air de bien tenir (voir article précédent).