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Dominance et compétition canine

Dominance et compétition canine

Qu’est ce que la dominance

Je lis beaucoup de choses, et leur contraire sur internet. Pour une fois, je suis tombé sur une vidéo explicative très bien faite. Je vous recommande de la visualiser avant de lire la suite

Que faut il retenir de cette vidéo ?

  • La dominance est une relation entre deux individus pour l’accès  à une ressource.
  • La dominance sert à éviter les conflits et les bagarres.
  • La dominance permet de conserver la cohésion de la meute.
  • C’est une relation non violente.
  • La hiérarchie chez les loups est surtout observée en captivité.
  • Le chien est opportuniste et recherche la facilité.
  • Le chien souhaite avoir ce qui est le plus agréable pour lui.

Application au dressage pour la compétition

Voici ma façon d’exploiter cela dans mon dressage.

Je crée plus ou moins artificiellement un besoin, ou j’exploite un besoin naturel fort. C’est facile puisque nos chiens n’évoluent pas dans un milieu naturel, mais dans un environnement proche de la captivité. Contrairement à un milieu naturel ouvert de plusieurs centaines d’hectares, l’habitat de nos chiens est confiné à notre habitation ou notre jardin. Les ressources et l’accès au confort sont donc limités et facile à contrôler.

Je fais alors en sorte que l’accès a ce besoin passe par moi, je suis le pourvoyeur de confort.

Pour avoir accès à ce qu’il désire, le chien doit réaliser quelque chose en pleine conscience. C’est le principe du marker training, du shaping, de l’utilisation du clicker …..

Je suis donc le dominant de cette relation à deux , mais ce n’est pas pour autant que  le chien cherchera le conflit avec moi. C’est une relation gagnant/gagnant. Il réalise le comportement que je souhaite, et je lui procure ce dont il a le plus envie, et j’appelle ça « une récompense » (nourriture, couchage confortable, jouet, ..).

Parfois, le chien, animal opportuniste et recherchant la facilité comme on l’a vu, cherchera à avoir accès à la ressource sans réaliser au préalable le comportement. . Que faire dans cette situation:

  • je laisse faire pour ne pas « casser » la motivation, et donc le chien cherchera de plus en plus l’accès direct sans passer par la case « comportement à réaliser » ?
  • Je sanctionne fermement afin que le chien comprenne que ce n’est pas une solution acceptable, et qu’il faut absolument réaliser le comportement pour ouvrir l’accès à la récompense ?

C’est là que toute la subtilité du dresseur se révèle, car il n’y a pas de réponse juste ou fausse. Parfois il faut laisser faire, et parfois il faut rappeler à l’ordre, en fonction des circonstances, du but à atteindre, de la stratégie.

Le dresseur est il un dominant ?

Vous comprenez maintenant que oui, le dresseur est un dominant, et que le chien est maintenu en position de demandeur perpétuel. Mais que cette relation de dominance ne passe absolument pas par la force ou la violence, et que les deux parties y trouvent leur compte. De plus, la relation et la communication étant claire et cohérente pour le chien, il n’y a pas de conflit ou de mauvaise frustration.

Vous pouvez maintenant éteindre votre ordinateur et aller distribuer des « ressources » à votre chien!

 

 

 

Récompense et punition : le jeu du chaud et froid

Récompense et punition : le jeu du chaud et froid

Pourquoi faire ?

Dans un article précédent, je vous avais proposé d’imaginer comment agissaient la récompense et la punition. Je vous propose ici de le vivre, comme le vivent nos chiens pendant nos séances d’entraînement. C’est un jeu simple, à réaliser en famille ou entre amis. C’est une excellente animation pour vos clubs canin, mais aussi pour animer des journées canines dans les écoles.

Objectif du jeu

Avec ce jeu, vous allez découvrir comment faire réaliser un comportement complexe à quelqu’un en utilisant seulement 1, puis 2 mots seulement: chaud et froid. C’est un exercice qui n’est pas toujours évident, car faire une phrase pour expliquer ce qu’il faut faire nous semble tellement plus évident ! Malheureusement avec nos chiens, faire des phrases ne sert à rien, il faut revenir à des choses beaucoup plus simple. En jouant au jeu du chaud et froid, vous allez voir que certains ne peuvent pas s’empêcher de parler lorsque l’élève ne comprends pas les indications données avec seulement 1 mot. C’est effectivement très frustrant de ne pas arriver à se faire comprendre, mais c’est le problème le plus fréquent rencontré entre maître et chien, cause de bien des frustrations, et parfois d’abandon.

Préparation du terrain

Je prendrai le cas le plus classique du jeu réalisé dans le cadre d’un club canin. Ce n’est évidement qu’un exemple à adapter en fonction du matériel disponible (un bon dresseur doit s’adapter en permanence à la situation qu’il a en face de lui!).

Il vous faut:

  • un terrain parfaitement délimité, 10 m x 10 m par exemple. On l’appellera « la piscine »
  • 2 chaises
  • 2 ou 3  cônes de couleurs différentes
  • 2 ou 3 piquets
  • 1 ou 2 foulards
  • 1 ballon

Vous répartissez de façon aléatoire tous ces objets sur le terrain, en essayant d’occuper tous l’espace. Évitez de mettre côte à côte 2 objets identiques afin de simplifier un peu le jeu. Si vous jouez avec de jeunes enfants, je vous recommande de réduire la taille de la piscine, ainsi que le nombre d’objets.

Début du jeu

On commence par réunir tous les participants, et choisir celui qui jouera le rôle de l’élève.

L’élève doit alors s’éloigner afin de ne pas entendre , ni voir l’étape suivante qui consiste pour le groupe à choisir le comportement qu’on va devoir lui faire réaliser.

Exemples de comportements:

  • prendre le foulard rouge et aller s’asseoir sur la chaise de gauche
  • faire le tour du cône rouge, prendre le ballon, et aller le poser sous la chaise de droite
  • faire le tour du piquet de gauche, prendre le foulard, se le mettre autour du cou, faire le tour du cône, prendre le ballon, faire 3 fois le tour de la chaise de droite, s’asseoir sur la chaise de gauche et tenir le ballon au dessus de sa tête

On commencera le jeu par des comportements simples, puis au fur et à mesure que les participants prennent de l’expérience, on demandera des comportements de plus en plus complexes (tout comme avec nos chiens ..)

Il ne reste plus qu’à choisir qui fera le moniteur pour ce tour de jeu, et on peut rappeler l’élève, et le faire sauter dans la piscine. A partir de ce moment-là, plus personne ne parle, excepté le moniteur au vocabulaire réduit ! La seule chose que l’on doit entendre, ce sont les consignes données par le moniteur,  et les éclats de rires des spectateurs !

Le jeu du chaud

chaud
chaud

Dans ce jeu, on va travailler sur la notion de récompense pour renforcer un comportement. Le moniteur devra prononcer le mot « chaud » lorsque l’élève ébauche un mouvement dans la direction choisie  pendant la préparation. Si l’élève part dans la mauvaise direction, on ne dit rien (on ne trépigne pas d’impatience non plus !). Il faut rester le plus neutre possible. C’est un travail de « façonnage » du comportement par petits progrès successifs. Si vous vous trompez en disant « chaud » au mauvais moment, ce n’est pas trop grave, mais vous allez un peu désorienter votre élève.

Patience, rigueur, observation, sont les qualités indispensables pour le dresseur.

Joie, dynamisme, optimisme, sont les qualités indispensables pour l’élève. Si vous tombez sur un élève peu dynamique, il risque de simplement se planter au milieu du terrain et attendre (si vous êtes vous-même élève, essayez donc de rester sans bouger, vous verrez la réaction du moniteur !)

Le jeu du froid

froid
froid

Dans ce jeu, on ne va travailler que sur la notion de punition, c’est à dire quelque chose destiné à faire disparaître un comportement. Mais comment faire réaliser un comportement avec un système destiné justement à les faire disparaître ? Contrairement à ce que proclame beaucoup de dresseurs qui communiquent beaucoup mais côtoient peu de chiens, c’est tout à fait possible, et absolument pas traumatisant pour l’élève. Sinon, je ne vous proposerai pas de le faire avec des enfants !

Le moniteur devra prononcer le mot « froid » lorsque l’élève part dans la mauvaise direction, ou bien reste immobile. C’est aussi une méthode pour façonner un nouveau comportement. Attention, car si vous prononcez le mot « froid » alors que l’élève est dans la bonne direction, vous allez devoir bien ramer pour rattraper le coup et le convaincre que finalement c’était bien ça. Vous risquez de le décourager rapidement s’il ne vous considère pas comme quelqu’un fiable et de confiance. La rigueur est la qualité indispensable pour le moniteur.

Le jeu de chaud et froid

chaud froid

Cette fois ci, le moniteur est autorisé a utiliser les deux possibilités , c’est à dire:

  • « chaud » quand l’élève est dans la bonne direction
  • « froid » quand l’élève est dans la mauvaise direction

Il faut rester concentré, car c’est beaucoup plus rapide qu’avec l’utilisation d’un seul mot.

Conclusion

C’est à vous de la faire après avoir joué à ce jeu avec de nombreuses personnes différentes, et en ayant joué vous-même le rôle de l’élève et du moniteur (les deux sont très intéressants).

Si vous avez déjà lu les articles de ce blog, vous devez certainement déjà en avoir une petite idée, mais rien ne vaut la pratique, et le vivre soi même.

Vous pouvez maintenant, quitter votre ordinateur, appeler vos amis et organiser une partie de « chaud et froid ».

 

 

Jessy en piste

Jessy en piste

Une petite video de Jessy en piste. Mademoiselle a ses chaleurs, et se laisse distraire facilement par les passage de gibiers …

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Récompense: le mode drive

Récompense : le mode drive

Je vous ai parlé dans ce post de deux façons de distribuer la récompense :

  1. le mode restaurant
  2. le mode self-service

Mais la vie moderne nous offre un troisième mode : le drive.

En quoi cela consiste-t-il ?

Tout d’abord, vous arrivez avec votre véhicule près d’une borne. Vous devez alors hurler votre commande pour vous faire entendre.  Comme la communication est mauvaise, cela crée de la frustration, et vous hurlez encore plus fort.

Puis, vous avancez jusqu’à la position suivante. Vous êtes alors récompensé par quelqu’un qui vous jette un sac de nourriture par la fenêtre.

Parfois, la fenêtre ne s’ouvre pas, et vous voyez la personne de l’autre coté de la vitre discuter avec sa collègue, ou en grande conversation téléphonique. Le frustration accumulée depuis l’arrêt à la première borne atteint alors son maximum, et vous hurlez pour que la fenêtre s’ouvre, et qu’on vous jette votre récompense.

Voici ce que cela donne en version canine.

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Le faux marquage en pistage

Le faux marquage en pistage

Pourquoi cet article

Lors d’une piste d’entraînement, Jessy a fait un faux marquage. C’est-à-dire qu’elle s’est couchée à un emplacement où le traceur n’avait pas laissé tomber un objet lui appartenant. Comment réagir dans ce cas là ?

La méthode qu’on m’a enseignée

Tu arrives au chien, tu constates qu’il n’y a pas d’objet, et tu l’engueules.
Conséquence : le chien comprends que tu arrives à sa hauteur, et il se fait engueuler alors qu’il est bien couché comme tu lui as appris … Il ne comprend pas la cause réelle de la sanction, et suivant son caractère , se rebiffe ou stresse. Et au prochain objet, soit il stresse et marque mal (trop lent, de travers ..), soit il ne se couche pas du tout (voire il contourne l’objet pour l’éviter), soit il se relève à l’arrivée du conducteur (peur de l’engueulade).

L’erreur de cette méthode, vu du conditionnement opérant

Il n’y a pas contingence entre l’action et sa conséquence. Il s’écoule beaucoup trop de temps entre le couché sans objet (comportement à faire disparaître) et la réprimande. Le chien ne fait pas le lien entre les deux , stresse , etc
Il n’a rien appris , à part que son maître est un être inconstant qui parfois félicite et parfois réprimande un couché sur la piste.

Et comme cela se passe au niveau émotionnel, le chien s’en rappellera longtemps.

Ce qu’on aurait dû m’apprendre

Il faut sanctionner le chien au moment où il se couche. Mais pour ça :

  • ll faut réagir dans la ½ sec et donc être préparer à réagir. C’est rarement le cas lorsque le chien fait ça pour la première fois.
  • Être absolument certain que le traceur n’a rien laissé tomber à cet endroit, même involontairement (impossible à garantir, mon chien a déjà trouvé le briquet qui était tombé de la poche du traceur)
    Méthode trop risquée pour moi.

Ce que j’ai fait

Je suis arrivé à la hauteur de Jessy, j’ai très ostensiblement cherché l’objet fantôme (je savais pertinemment qu’aucun objet n’avait été laissé volontairement à cet endroit, mais sait-on jamais), j’ai exagéré ma déception de ne rien trouver (tout comme j’exagère toujours ma joie lorsque l’objet est présent). Bref, j’ai fait appel à sa réflexion. Jessy n’a pas été marqué émotionnellement, mais elle a appris que pas d’objet est synonyme de … rien !  Et tous les autres objets ont été marqués parfaitement …

Conclusion :

La maîtrise des principes du conditionnement opérant permet de se maîtriser et de ne pas céder à sa première réaction. Quand on n’est pas un dresseur instinctif, il faut faire appel à la réflexion et à l’analyse. À force de travailler dans ce sens, de multiplier les expériences, on acquiert des automatismes et on devient un meilleur dresseur…

Vous pouvez maintenant éteindre votre ordinateur et aller tracer une piste …

 

 

Les degrés de contrôle

Les degrés de contrôle

Pourquoi cet article

J’ai assisté récemment à un entraînement regroupant des conducteurs expérimentés. La différence d’approche dans leur dressage était flagrante.
Au delà des techniques utilisées, c’est l’idée même que le conducteur se fait du dressage du chien qui est différente. Ces approches peuvent être classées en deux catégories.

Contrôle au premier degré

Le maître commande, le chien obéit. C’est simple. Le chien n’a aucune initiative, aucune réflexion. Il reproduit de façon stéréotypée un comportement appris.
Cela n’implique pas forcément l’utilisation de la punition, cela peut être obtenu avec des récompenses (ce qu’on appelle par abus de langage l’éducation positive).

Contrôle au second degré

Le conducteur donne une indication, et le chien déclenche un comportement. Le chien connaît le comportement à exécuter, mais va utiliser sa réflexion pour s’adapter à son environnement et atteindre l’objectif indiqué. Il s’approprie l’action et est autonome dans la façon de réaliser l’objectif.
Encore une fois, cela est indépendant du fait d’utiliser des récompenses ou des punitions.

Conclusion :

À vous de choisir votre approche. Ne vous imaginez pas que l’une est plus facile que l’autre, les deux demandent travail et réflexion.
Vous ne me ferez pas dire qu’une méthode est meilleure que l’autre pour faire des points en concours, je n’en sais rien. La meilleure méthode est de toute façon celle qu’on maîtrise.
Personnellement, je regarde quelle approche est utilisée par ceux qui gagnent au niveau international, je sais comment je veux considérer mon chien, et j’ai fait mon choix. Et surtout, je m’y tiens, et j’aplatis les difficultés une à une au fur et à mesure que j’avance.

Mais ne mixez pas les deux approches, votre chien ne comprendrait pas et serait déstabilisé, et inutilement stressé. Et cela s’applique aussi bien au quotidien que sur le terrain d’entraînement.