Archives de catégorie : concours

Jessy obéissance classe 1

Jessy obéissance classe 1

Tant qu’à accompagner les copains et les copines en concours, autant participer!

Deuxième concours en classe 1 pour Jessy, avec 300 points (1/10). Malgré la chaleur, Jessy est restée concentrée jusqu’au bout.

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Erreurs, fautes, et bugs

Erreurs, fautes, et bugs

Pourquoi cet article ?

« L’erreur est un impondérable de l’acte d’apprendre »

Lors de l’apprentissage, ou d’un concours, notre élève chien ne va pas réaliser ce que nous attendions de lui. Il va commettre ce que nous considérons comme une erreur, une faute, un bug … on peut lui donner plusieurs noms, mais au final la réponse qu’il fournit n’est pas celle attendue.
Comment faut-il se comporter dans cette situation ? Faut-il sanctionner, punir, ou au contraire laisser faire ? Si on ne s’y est pas préparer, on a toutes les chances d’avoir une réaction non optimale, inappropriée, et contre-productive.

Certains dresseurs (les meilleurs) vont réagir instantanément avec une réponse pas trop loin de l’optimum ; mais beaucoup, dont je fais partie, ont besoin de s’être préparer à cette situation, d’y avoir réfléchi, d’en connaître les bases théoriques afin d’être prêts à réagir de la façon la plus appropriée.

Certains vont acquérir cette compétence par tâtonnements et par expériences successives, mais par respect pour les chiens qui subissent ces tâtonnements, j’ai préféré faire quelques recherches théoriques afin de comprendre le mécanisme qui amène à l’erreur, et comment le gérer.

De plus, comment rendre nos chiens de compétitions tolérants à ces erreurs dont l’apparition est inévitable ?

Il se trouve que de nombreux enseignants d’élèves à 2 pattes se sont posés la même question, que des recherches scientifiques ont été faites sur ce sujet depuis de nombreuses années, et que leur conclusions sont directement transposables pour nos élèves à 4 pattes..
Vous trouverez toutes les références qui m’ont servies à cette étude en fin d’article, et elles sont toutes en français (pour une fois !). Je ferai un usage intensif de citations issues de ces articles car je ne saurai pas aussi bien exprimer les idées que ces experts de la communication.

 

Erreur, bug, ou faute ?

« L’expérience, c’est le nom que chacun donne à ses erreurs.» (Oscar Wilde, 1892 »

«l’erreur se corrige, la faute se pardonne»

“L’erreur n’est pas l’ignorance, on ne se trompe pas sur ce qu’on ne connaît pas, on peut se tromper sur ce qu’on croit connaître »

De notre façon de la nommer va dépendre l’idée qu’on s’en fait, et donc notre façon de prendre en compte cette situation.

D’après les définitions du site l’intern@ute :

  • Erreur : Action de se tromper, faute commise en croyant vrai ce qui est faux ou inversement.
  • Faute : Manquement aux règles, à la loi, à la morale.
  • Bug : Anomalie de fonctionnement d’un programme informatique.

Certains auteurs vont même plus loin en parlant simplement  « de production non conforme ». (production dans le sens ou l’élève produit un résultat, pour ce qui nous concerne, un comportement).

La notion de faute implique un manquement à une règle (morale ou écrite). Une faute implique une sanction. Lors d’un concours, on peut parler de faute car l’exercice n’est pas réalisé conformément au règlement, la sanction étant la perte de point.

Une erreur, un bug, est le fait de se tromper en toute bonne foi (le programme qui bugue ne fait qu’exécuter ce que le programmeur l’a conçu pour faire, même si ce n’est pas ce que l’utilisateur attend comme réponse).

Donc à l’entraînement, nos chiens font des erreurs, pas des fautes. Sanctionner ne sert à rien, et pardonner n’est pas très constructif.

Mais alors comment réagir ?

Les 3 façons de réagir

Dans toutes mes recherches, 3 approches reviennent systématiquement

Dans http://edutechwiki.unige.ch/fr/Place_de_l%27erreur_dans_l%27apprentissage c’est très bien expliqué :

«a) Dans un modèle transmissif, c’est l’élève, on vient de le dire, qui est considéré comme le « fautif ». Les erreurs commises sont perçues et vécues comme des dysfonctionnements didactiques, qui auraient du être évités, si les conseils donnés avaient été écoutés et l’attention convenablement dirigée. C’est la raison pour laquelle elle se trouve sanctionnée, à défaut peut-être d’un mode de traitement mieux approprié …

b) Avec le modèle comportementaliste, l’erreur prend un visage différent. De nombreuses séquences de classe se présentent d’une manière moins magistrale puisque l’activité de l’élève y est guidée pas à pas, par une série graduée d’exercices et de consignes. La conception sous-jacente est alors empruntée à la psychologie dite behavioriste, dérivée des recherches sur l’apprentissage animal et le conditionnement. Par transfert des expérimentations à l’enfant, l’idée est qu’il est toujours possible de faire apprendre une notion, même compliquée, à condition de procéder à la décomposition de ses étapes et difficultés en unités élémentaires aussi limitées qu’il est nécessaire, puis de renforcer positivement chaque acquis partiel, plutôt par récompense que par sanction. Avec ce modèle, comme avec le précédent, les erreurs ne devraient normalement pas survenir, puisque toute la programmation didactique par « petites marches » est élaborée avec un souci constant de les éviter. La différence est quand même importante puisqu’ici, si des erreurs malgré tout se produisent en dépit des précautions didactiques prises, elles seront moins imputées à la responsabilité défaillante de l’élève qu’à la manière dont a été pensée la progression didactique par l’enseignant ou le manuel. À l’idée de faute se substitue celle d’un « bogue », comme on dit en informatique : puisqu’il y a un « os » dans un programme qui ne « tourne » pas conformément aux prévisions, il appartient au formateur de le réviser et de le réécrire. Reste que tant d’énergie déployée pour en éviter sa survenue montre bien que l’erreur conserve ici un statut toujours négatif et dévalorisé.

c) Les modèles constructivistes, en fort développement ces dernières années s’efforcent, au contraire des précédents, de ne plus évacuer ainsi l’erreur mais de s’efforcer d’en comprendre la cause et la signification, voire même de prendre appui sur elle pour améliorer l’enseignement. Le but visé est toujours bien de l’éliminer à terme des productions des élèves, mais pour y parvenir on prend le parti de la laisser apparaître, voire de la provoquer, pour s’efforcer de mieux la traiter. Quittant le statut de fautes condamnables ou de bogues regrettables, les erreurs deviennent à présent les symptômes intéressants d’obstacles auxquels la pensée des élèves se trouve affrontée. « Vos erreurs m’intéressent », pourrait dire le professeur, puisqu’elles me permettent d’accéder au coeur du processus d’apprentissage, avec ses méandres, ses impasses et ses bégaiements. En fait, elles lui désignent comme en creux, les progrès intellectuels qu’il attend de la classe et qu’il doit encourager.«

Mais alors quelle approche choisir ?

Si vous êtes un habitué de ce blog, vous savez que je proscris totalement le modèle transmissif.
Vous savez aussi que je suis un inconditionnel de la méthode comportementaliste, et que le conditionnement opérant est au cœur de mon dressage.

Mais beaucoup de dresseurs inexpérimentés s’arrêtent là : on renforce les bons comportements, et on ignore les mauvais (les fameuses erreurs).

Regardons ce que dit la littérature sur le comportement opérant (parfois appelé apprentissage par essais/erreurs)

avantage : efficacité
Inconvénient : absence de résistance à l’erreur

Un bel exemple d’essais/erreurs en vidéo :

Cette absence de résistance à l’erreur est flagrante en compétition. Observez les chiens lors de concours. Le contexte étant très différent de l’entraînement, l’apparition d’une erreur est inévitable. Les chiens dont le dressage se limite au conditionnement opérant (quasi exclusivement par la récompense) vont buguer lorsque l’erreur arrive. Ils sont perdus, et vont proposer un comportement complètement inadapté (aller près d’un plot, se diriger vers le support des apportables …).
Je préfère certes voir ça plutôt que le comportement d’un chien dressé en mode «transmissif» qui va se figer, se coucher oreilles basses en attendant la sanction, voire se sauver du terrain pour l’éviter.

Il faut donc apprendre à nos chiens de compétition à gérer l’erreur (ainsi d’ailleurs qu’à leurs conducteurs, mais ce n’est pas le propos de cet article).

La gestion des erreurs : l’approche constructiviste

“Les plus courtes erreurs sont toujours les meilleures.” (Molière, L’étourdi, 1655) »

«Les psychologues constructivistes, et Piaget le premier, ont insisté sur l’importance d’analyser les erreurs des élèves pour connaître leur niveau de pensée. Ils insistent aussi sur ses capacités d’auto-correction : le plus important étant, non pas qu’il sache qu’il ait fait une erreur, mais qu’il comprenne pourquoi il l’a faite.»

«Le modèle constructiviste donne un nouveau statut à l’erreur. Certes, le but est bien d’éradiquer les erreurs mais en les faisant apparaître pour mieux les traiter. Il s’agit de repérer«la logique de l’erreur» pour mieux la traiter, d’en tirer parti pour améliorer les apprentissages»

«Or l’élève en apprentissage c’est, peu ou prou, Thésée et le Minotaure.
Son chemin n’est pas «droit», ample, aisé, il est obstacles, difficultés, détours, contournement, risques.
Pour ne pas être dévoré ou enfermé définitivement, soit pour réussir à l’Ecole, être victorieux, il lui faut franchir progressivement les obstacles, parce que selon Piaget, apprendre c’est franchir progressivement une série d’obstacles
C’est sur cette théorie que s’appuient les modèles constructivistes modernes
Dans ce cadre, l’erreur, les erreurs, sont des indicateurs des processus intellectuels en jeu.»

Dans cette approche, l’erreur devient l’alliée du dresseur car il va pouvoir en profiter pour apprendre à son chien à la gérer. Ce n’est plus l’ennemi à combattre absolument, mais une opportunité pour aller plus loin.
Certains dresseurs intègrent cette approche dès le début, sur de très jeunes chiots. Je préfère personnellement l’introduire plus tardivement, quand le cerveau du chien est suffisamment mature pour traiter cette charge de travail supplémentaire.

J’appelle cette phase du dressage «l’endurcissement», certains l’appelle «le blindage» .
L’idée est d’apprendre au chien à détecter lui-même les erreurs, et à les gérer pour revenir très rapidement dans le comportement prévu (auto-correction).

Je distingue deux types d’erreurs :

  • Les erreurs qui apparaissent spontanément lors d’une séance en conditionnement opérant
  • Les erreurs mises en scène par le dresseur pour travailler la résistance

Les erreurs qui apparaissent spontanément

Lorsque lors d’une séance d’entraînement, si une série d’erreurs apparaît spontanément, il faut rapidement l’analyser et la classer :

1 – Est-ce simplement une suite d’essais/erreurs, un tâtonnement pour trouver le comportement attendu ? Dans ce cas, c’est normal, on n’a rien à faire, c’est le principe du conditionnement opérant.

2 -Est-ce que les erreurs répondent aux critères suivants :

  • Elles sont reproductibles chez l’élève
  • Elles ont une certaine persistance
  • Elles ne sont pas isolées
  • Elles peuvent être mises en relation avec d’autres avec lesquelles elles forment un réseau ou un système d’erreurs

L’exemple classique de ce type d’erreurs est le chien qui se couche très souvent sur le signal «assis», et comme par hasard, ils reste aussi souvent assis sur le signal «debout». L’erreur est persistante, n’est pas isolée, et forme un réseau.

Sur ce type d’erreur, le travail est à effectuer par le dresseur, car l’erreur vient de lui !

Les grandes étapes à réaliser par le dresseur dans cette situation:

1. Repérage d’erreurs et de dysfonctionnements et classification (tâtonnements ou erreurs reproductibles ?)
2. Hypothèses sur les processus qui ont amené l’élève à produire ces erreurs et l’origine de ces processus (voir les différents types d’erreurs en fin d’article)
3. Mise en place d’un dispositif pour tester ces hypothèses (cette étape est très importante afin d’éviter de partir sur une mauvaise solution)
4. Modification ou simple adaptation de la méthode d’entraînement (d’où l’intérêt d’avoir une boite à outils bien remplie, et de bien connaître le fonctionnement et les limites d’utilisation de chacun de ces outils).

Je ne rentrerai pas plus en détails sur le traitement de ce type d’erreur car chaque type requiert un traitement différent (peut être dans un prochain article).

L’entraînement à la résistance à l’erreur

« Toutefois, si l’erreur s’avère un précieux outil pédagogique, il convient toutefois de la manier avec précaution afin qu’elle remplisse bien son objectif de reconstruction chez l’apprenant
En ce sens, il ne s’agit pas d’exposer a priori aux étudiants des ‘recettes’ qu’ils doivent apprendre par cœur et appliquer a posteriori, mais de les associer dès le départ à leur propre processus d’apprentissage en les aidant à mettre en place des méthodes qui leur permettront de résoudre par eux-mêmes les problèmes qui s’offrent à eux »

« Ensuite, c’est délivrer des rétroactions (feedback). Crahay ([2], p. 144) donne des conseils utiles concernant les types de réponses à donner à des élèves pour qu’ils tiennent compte de leurs erreurs. “[Il] peut simplement signaler l’erreur [feed-back simple] (c’est faux, tu t’es trompé, etc.). Il peut expliquer le pourquoi de l’erreur (c’est faux parce que…) ; on parle alors de feedback expliqué. Il peut encore fournir un feed-back de contrôle ; celui-ci consiste à inviter l’élève à vérifier [par lui-même] l’exactitude de sa réponse. Il a montré, dans une étude auprès d’élèves de maternelle, que seul le troisième type de feed-back est utile pour faire progresser l’élève.»

On va ici travailler sur le chien afin de le rendre tolérant à l’erreur.

Nous allons dans ce type d’entraînement travailler spécifiquement sur la gestion des erreurs par notre élève canin (cela implique aussi la gestion par le chien de nos propres erreurs de conduite ..).
La séance d’entraînement sera exclusivement organisée autour de cet objectif.

On va mettre en scène l’apparition de l’erreur de façon à pouvoir apprendre au chien à la gérer, à le guider dans la compréhension et la gestion de l’erreur.
Exemple pratique : la résistance à la distraction
L’erreur à mettre en scène : se laisser distraire (tourner la tête au lieu de regarder le conducteur)

  • On va mettre le chien en position de base, il regarde son conducteur.
  • On demande à un ou plusieurs assistants de créer une distraction suffisamment élevée pour faire dévier le regard du chien
  • On va créer un inconfort lié à cette situation , lorsque le regard du chien retourne vers son maître, l’inconfort disparaît et le chien est récompensé par une friandise.
  • Le chien a fait une erreur, on lui a signalé (activation de l’inconfort), on l’a aidé à comprendre l’erreur et encouragé son envie de la corriger (arrêt de l’inconfort + récompense).
  • Après quelques répétitions, le chien va commencer à détourner le regard, se rendre compte lui-même de l’erreur, et se corriger.

Le principe de ce type d’entraînement est toujours le même :

  • on manipule l’environnement de façon à ce que le chien fasse l’erreur
  • On lui indique qu’il a fait une erreur
  • On lui donne l’opportunité de comprendre l’erreur, et de comprendre comment la corriger

Il faudra pratiquer ainsi sur plusieurs type d’erreurs. D’abord simples, puis de plus en plus complexes et variées. C’est un entraînement à part entière, aussi long que l’apprentissage d’un nouveau comportement.

Astuce:

Il est très utile de mettre en place un code sonore (voire visuel) avec son chien  pour lui signaler qu’il est en train de faire une erreur. A ne pas confondre avec le signal d’obligation d’arrêt immédiat d’un comportement qui pourrait être dangereux.

Les différents types d’erreurs

Il est important de les connaître car chacun requiert un traitement particulier, et une mise en scène différente pour le faire apparaître.

On retrouve le même classement dans toutes les études. Voici la présentation qui me semble la plus claire et la plus synthétique :

«- Erreurs dues à mauvaise compréhension des consignes car elles ne sont pas claires

– Erreurs dues à un mauvais décodage des consignes : l’erreur provient de ce que l’élève croit devoir produire

– Erreurs dues à représentation rationnelle des élèves : les obstacles surviennent lorsque nous agissons et réfléchissons avec les moyens dont nous disposons déjà. ces moyens n’étant pas nécessairement appropriés ou corrects, ils amènent à faire des erreurs.

– Erreurs liées à la nature des opérations intellectuelles. Certaines opérations ne sont pas disponibles à tout moment chez les élèves

– Erreurs provenant des démarches adoptées par les élèves. Certaines productions d’élèves sont peut-être trop rapidement étiquetées comme des erreurs alors qu’elles manifestent seulement la diversité des procédures possibles pour résoudre une question posée

– Erreurs dues à une surcharge cognitive : Ce n’est donc pas que leur « cerveau » n’est pas en mesure d’accueillir un «stock» en plus, mais qu’il doit mobiliser trop de choses et qu’il en oublie, ou qu’il oublie l’objectif

– Erreurs liées au fait que les élèves ne font pas le rapprochement entre des outils déjà utilisés dans une discipline et ceux qui sont requis pour une autre discipline : En fait, il semblerait qu’un élève aux prises avec 2 situations dans des disciplines différentes soit d’abord sensible à la similarité de leurs traits de surface. Il ne ferait pas le rapprochement entre leurs outils communs, du moins pas aussi naturellement que le pensait PIAGET.

– Erreurs résultant de la complexité propre du contenu: L’analyse de ce type d’erreur est typique du travail proprement didactique, qui consiste plus souvent qu’on ne le croit à remettre profondément en cause les contenus théoriques et pratiques de l’enseignement ainsi que les méthodes et procédures qui leur sont classiquement associées. Souvent « les voies royales » bien installées par la tradition peuvent s’avérer discutables, voire porteuses d’obstacles imprévus«

Conclusion

Vous connaissez maintenant les bases théoriques sur l’apparition et la gestion des fautes et des erreurs. Je vous ai aussi fait découvrir l’approche constructiviste qui utilise les erreurs pour faire progresser vos élèves.

Vous pouvez maintenant éteindre votre ordinateur et analyser les erreurs de vos chiens, mais aussi les vôtres!

Bibliographie

https://www.reseau-canope.fr/education-prioritaire/agir/item/ressources/lerreur-une-etape-necessaire-de-lapprentissage.html

http://webcom.upmf-grenoble.fr/sciedu/pdessus/sapea/erreur.html

http://webcom.upmf-grenoble.fr/sciedu/pdessus/sapea/erreur.html#reason93

http://edutechwiki.unige.ch/fr/Place_de_l%27erreur_dans_l%27apprentissage

https://apliut.revues.org/105

http://www.cahiers-pedagogiques.com/L-erreur-pour-apprendre

http://www.jostrans.org/issue12/art_collombat.pdf

https://iufmmontigny.files.wordpress.com/2011/03/lerreur-dans-les-apprentissages-3.pdf

http://isfecauvergne.org/IMG/pdf/Le_statut_de_l_erreur_dans_l_apprentissage.pdf

http://ac-nice.fr/lettres/index.php/graines-a-semer/139-le-statut-de-l-ereur-dans-la-classe-et-pour-les-apprentissages

 

Dominance et compétition canine

Dominance et compétition canine

Qu’est ce que la dominance

Je lis beaucoup de choses, et leur contraire sur internet. Pour une fois, je suis tombé sur une vidéo explicative très bien faite. Je vous recommande de la visualiser avant de lire la suite

Que faut il retenir de cette vidéo ?

  • La dominance est une relation entre deux individus pour l’accès  à une ressource.
  • La dominance sert à éviter les conflits et les bagarres.
  • La dominance permet de conserver la cohésion de la meute.
  • C’est une relation non violente.
  • La hiérarchie chez les loups est surtout observée en captivité.
  • Le chien est opportuniste et recherche la facilité.
  • Le chien souhaite avoir ce qui est le plus agréable pour lui.

Application au dressage pour la compétition

Voici ma façon d’exploiter cela dans mon dressage.

Je crée plus ou moins artificiellement un besoin, ou j’exploite un besoin naturel fort. C’est facile puisque nos chiens n’évoluent pas dans un milieu naturel, mais dans un environnement proche de la captivité. Contrairement à un milieu naturel ouvert de plusieurs centaines d’hectares, l’habitat de nos chiens est confiné à notre habitation ou notre jardin. Les ressources et l’accès au confort sont donc limités et facile à contrôler.

Je fais alors en sorte que l’accès a ce besoin passe par moi, je suis le pourvoyeur de confort.

Pour avoir accès à ce qu’il désire, le chien doit réaliser quelque chose en pleine conscience. C’est le principe du marker training, du shaping, de l’utilisation du clicker …..

Je suis donc le dominant de cette relation à deux , mais ce n’est pas pour autant que  le chien cherchera le conflit avec moi. C’est une relation gagnant/gagnant. Il réalise le comportement que je souhaite, et je lui procure ce dont il a le plus envie, et j’appelle ça « une récompense » (nourriture, couchage confortable, jouet, ..).

Parfois, le chien, animal opportuniste et recherchant la facilité comme on l’a vu, cherchera à avoir accès à la ressource sans réaliser au préalable le comportement. . Que faire dans cette situation:

  • je laisse faire pour ne pas « casser » la motivation, et donc le chien cherchera de plus en plus l’accès direct sans passer par la case « comportement à réaliser » ?
  • Je sanctionne fermement afin que le chien comprenne que ce n’est pas une solution acceptable, et qu’il faut absolument réaliser le comportement pour ouvrir l’accès à la récompense ?

C’est là que toute la subtilité du dresseur se révèle, car il n’y a pas de réponse juste ou fausse. Parfois il faut laisser faire, et parfois il faut rappeler à l’ordre, en fonction des circonstances, du but à atteindre, de la stratégie.

Le dresseur est il un dominant ?

Vous comprenez maintenant que oui, le dresseur est un dominant, et que le chien est maintenu en position de demandeur perpétuel. Mais que cette relation de dominance ne passe absolument pas par la force ou la violence, et que les deux parties y trouvent leur compte. De plus, la relation et la communication étant claire et cohérente pour le chien, il n’y a pas de conflit ou de mauvaise frustration.

Vous pouvez maintenant éteindre votre ordinateur et aller distribuer des « ressources » à votre chien!

 

 

 

construire un chien de sport

CONSTRUIRE UN CHIEN DE SPORT

Pourquoi cet article

La route est longue entre l’arrivée à la maison du chiot  tout juste sevré et le chien en concours de niveau III. Si on démarre la fleur au fusil en avançant en tâtonnant, on a toute les chances de terminer dans une impasse. Il faut une stratégie, une ligne directrice, qui va nous guider tout au long des 3 années, voire plus, qui nous séparent de notre objectif.
Pour m’aider dans ce parcours, je conçois cela comme la construction d’un bâtiment. C’est ce que je vais détailler dans cet article

Étape n°1 : le choix du bâtiment

Entre la cabane au fond du jardin et un château fort, le choix est vaste.
Ce choix sera dicté par le règlement de la discipline choisie., mais aussi et surtout en fonction du caractère du chien. Difficile de construire un château fort avec un chien au caractère faible. Et réciproquement, construire un bâtiment très aérien avec un chien solidement bâti et au caractère très dur ne donnera pas le résultat espéré.
Une fois le type de bâtiment choisi en fonction des matériaux dont on dispose, il faut définir les étapes à suivre.
Un construira toujours dans l’ordre : les fondations, puis les murs, puis le toit. Si on essaie de faire autrement, le bâtiment sera bancal, voire s’effondrera au premier coup de vent. Et on terminera logiquement par les finitions qui donneront son cachet typique à l’édifice.

Étape n°2 Les fondations

Comme pour un bâtiment, la construction des fondations est quelque chose qui ne se voit pas lorsque le bâtiment est terminé, mais c’est sur elle que repose toute la solidité de la future construction.
Comme pour un bâtiment, les fondations vont dépendre :

  •  Du type de terrain (le caractère du chiot)
  • Du type de bâtiment à construire (la cabane ou le château fort)

Cette étape commence dès l’arrivée du chiot à la maison. On va lui apprendre à apprendre, on va lui montrer que ses actions ont des conséquences. On va lui donner plaisir à faire plaisir à son maître.
Pour cela on utilisera des exercices très simple (toucher la main, tourner derrière un piquet, aller dans une boite …). Ces exercices vont favoriser la prise d’initiatives, et la prise de conscience qu’il peut être très agréable de proposer quelque chose à son maître (c’est ce que j’appelle l’activation du chiot)
Au niveau des techniques utilisées, on utilisera un peu le leurre, mais on travaillera principalement en shaping avec récompense.
C’est aussi durant cette période qu’on travaillera la mémoire musculaire.
Cette période de la vie du chiot est déterminante pour la suite, et ne devra surtout pas être écourtée sous prétexte qu’il faut travailler les exercices « tels que demandés en concours ».

Étape n°3 : les murs

Dans un bâtiment, les murs ont deux fonctions :

  • Assurer la rigidité de l’ensemble
  • Donner la forme générale

C’est dans cette phase qu’on va construire ce qui sera visible en concours : les exercices du règlement.
Mais pour construire un mur, il faut des briques. Ce sera pour le chien de tout petits bouts d’exercices, ce que j’appelle dans mes articles « les compétences élémentaires ». C’est, par exemple, ramasser un objet ou bien rester sur le côté gauche quelle que soit la position du maître.
Tout comme on construit un mur en commençant par le bas, on commencera à assembler ces briques en commençant par la fin (le back-chaining des anglophones). Le chien sera ainsi récompensé à la fin. Chaque brique devient la récompense de la précédente, jusqu’à la récompense qui suit la dernière brique.

Cette étape n’est pas la plus compliquée, et c’est la plus valorisante car on voit les choses se construire. L’erreur à ne pas faire est de se précipiter dessus et de vouloir monter les murs sans avoir au préalable assuré les fondations et façonné ses briques. Le mur va se monter vite, mais s’écrouler tout aussi vite.

Étape n°4 : le toit

Le toit sert à se protéger des aléas climatiques. En ce qui concerne le chien de compétition, il s’agira de se protéger contre les aléas externes, autrement dit les distractions.
Durant les étapes précédentes, je travaille dans un milieu pauvre en distraction. Lorsque la construction des murs est suffisamment solide, j’introduis des distractions de plus en plus importantes. Si on commence trop tôt, les murs se fissurent. Il faut alors les réparer, mais ce n’est jamais aussi solide que si on a attendu qu’ils soient assez résistants dés le départ.
Pour prendre un exemple concret, à la fin de cette étape, le chien doit être capable de faire un rapport d’objet alors que l’apportable est entre les jambes de l’homme assistant (celui-ci étant considéré comme la distraction ultime pour un chien pratiquant le mordant). Si le chien ramène l’HA au lieu de l’apportable, c’est qu’on a loupé une étape …

Étape n°5 : les finitions

Dans un bâtiment, les finitions sont ce qui fait toute la différence pour un regard extérieur. C’est cette étape qui va lui donner tout son éclat, son aspect définitif. Le chien étant maintenant suffisamment mature et aguerri, on va pouvoir exiger une exécution parfaite et soigner les détails. C’est à cette étape qu’on utilisera la punition basse intensité, car la récompense seule ne permet pas un tel niveau d’exigence. Il faudra faire bien attention de ne pas casser ce qu’on a construit précédemment on voulant ajouter trop de fioriture à notre construction.
Cela dépendra évidement de la solidité de tout ce qui aura été réalisé au préalable, et donc en partie du caractère du chien.

Conclusion :

Construire un chien pour la compétition est un long chemin, qui demande de savoir ou l’on va dés le départ. Il ne viendrait à personne l’idée de construire un gros bâtiment sans avoir au préalable tracé des plans et choisi ses matériaux. Malgré cela, il faudra à chaque étape trouver des solutions pour pallier aux aléas du projet.
Il y a des étapes à respecter, et si on veut aller trop vite, tout fini par s’écrouler.
Comme me disait mon grand père : « on ne construit pas un cheval sur un âne »
Il est temps d’éteindre votre ordinateur et de commencer à tracer les plans de votre future construction.

Chien : activé!

Activer son chien

C’est quoi ce truc ?
Je viens de m’apercevoir que je n’ai jamais vraiment expliqué le titre de ce blog « chiens actifs ».
En regardant les termes utilisés sur les moteurs de recherche, et qui amènent des visiteurs sur ce blog, je me rends compte que ma définition de chien actif n’est pas celle couramment utilisée par les internautes. Beaucoup de personnes confondent visiblement chien actif et chien qui a besoin de beaucoup d’exercice physique.
Cela n’a rien à voir. La notion de chien actif est à prendre en opposition à la notion de chien réactif (autre notion mal interprétée ..).

Chien réactif

En compétition, un chien réactif est un chien qui ne fait que réagir aux instructions de son maître. Il ne prend pas d’initiative, surtout en présence de son maître. Il attend que celui-ci lui dise quoi faire, et réagi à cette demande. En cas d’absence de demande, il ne fait rien, de peur de se tromper.

Chien actif

C’est un chien qui prends des initiatives, « qui teste des trucs », et qui regarde comment réagit son environnement. Si celui-ci réagit en lui procurant plus de confort, il va refaire plus souvent ce qui a amené ce confort. Si cette initiative lui amène de l’inconfort, il va conserver dans un coin de son cerveau «ça, c’est pas intéressant», et ne va plus le refaire.
Le chien va aussi se faire une idée de la «rentabilité» de son initiative. Si elle demande un gros effort (physique ou intellectuel), pour un gain de confort faible, il va rapidement laisser tomber, et faire autre chose de plus rentable.

L’intérêt d’avoir un chien actif en compétition

J’entends encore beaucoup de compétiteurs dirent que le chien doit être «robotisé» pour participer à une compétition, il ne doit surtout pas prendre d’initiative. Les chiens dressés de cette façon exécutent lentement (en tout cas pas aussi vite qu’ils pourraient le faire s’ils étaient actifs), et surtout, sont complètement déstabilisés lorsqu’un grain de sable vient perturber le déroulement habituel de la compétition. Ils perdent tous leurs moyens, et se figent en attendant les consignes du chef. Consignes que celui-ci est bien incapable de lui donner lorsque le chien est à 30m, et que le conducteur ne voit pas ce qui coince. Et s’il lui en donne, ce sont des points qui disparaissent. En cas de difficulté imprévue, j’ai vu plus d’un chien se coucher, oreilles basses, et attendre que ça se passe.

Un chien actif, sera beaucoup plus vif, aura beaucoup plus de «présence» sur le terrain (et dans certaines disciplines, ce sont des points en plus). En cas d’imprévu, il n’aura aucune crainte à proposer quelque chose pour s’adapter, et «continuer la mission». Un chien actif aura « la niaque », en cas de difficulté, il va se surpasser pour réussir.
Un chien actif a son cerveau en pleine activité lors d’une compétition, et donc réagit plus rapidement aux sollicitations. Il exécute plus rapidement les exercices en fonction des indications du conducteur, qui ne sont pas des ordres impératifs.

Activation du chiot

Cette phase est fondamentale. Je parlerai ici d’un chiot, car c’est sur celui-ci que l’activation est la plus facile à obtenir. Sur un chien adulte, l’activation est bien évidemment toujours possible, mais sera d’autant plus difficile que le chien aura un long passé de chien réactif.

Pour «activer» un chiot, on doit donc lui faire comprendre que ses actions ont une conséquence. Et pour qu’il acquiert cette envie de proposer quelque chose, cette habitude de prendre des initiatives. Il faut que le résultat de ses actions soit toujours agréable, que ces dernières lui amènent du confort.
La solution la plus efficace que je connaisse est l’utilisation de la méthode appelée «shaping», et plus particulièrement lorsqu’elle est mise en œuvre avec un clicker.
On va apprendre au chiot que c’est son comportement, son initiative, qui nous fait cliquer, et donc amènent du confort. On débute avec des exercices simples, et évidents pour le chiot (qui demandent peu d’efforts pour un gain de confort appréciable).
Je commence toujours par des exercices qui mettent en œuvre la bouche ou le nez du chiot. Vous avez en effet certainement observé qu’un chiot utilise principalement sa bouche et son nez pour explorer son environnement, alors qu’il n’est encore pas très dégourdi avec le reste de son corps (les pieds de meubles ou les bas de porte, ainsi que la terre des pots de fleur en gardent généralement la trace).
Je vais donc lui apprendre à venir toucher ma main avec sa truffe, ou à passer sa tête dans une anneau (qui sera plus tard un collier …). Je vais faire en sorte de manipuler l’environnement afin que l’initiative la plus probable du chiot sois le comportement que je veux mettre en place (travail en intérieur, sans distraction, avec par exemple ma main tendue à l’horizontale afin d’intriguer le chiot). Cela permet de baisser l’effort nécessaire pour accéder au confort (rentabilité maximale). Ce n’est que plus tard qu’on va apprendre au chiot à franchir des difficultés pour obtenir son amélioration de confort.
Je récompense beaucoup la moindre initiative. Le chien doit garder en mémoire de cette phase que proposer quelque chose n’est pas tabou, bien au contraire. Au bout de quelque temps, le chiot va proposer spontanément tout un tas de comportements. On ignorera ceux qu’on ne veut pas voir se maintenir, et on récompensera (avec ce qu’on a sous la main à ce moment-là !) ceux qu’on veut renforcer.
En travaillant comme cela, vous aller obtenir un chiot très ouvert d’esprit, toujours partant pour une nouvelle activité. L’étape suivante sera d’associer ce comportement à un signal (acoustique ou visuel), mais ça ,c’est plus tard.
Je préfère vous prévenir que vous allez aussi avoir droit à des sourires narquois, ou des réflexions du genre «à cet âge-là, mon chiot savait déjà s’asseoir et se coucher sur commande». Laissez dire. Votre chiot a bien le temps d’apprendre tout ça. Votre objectif n’est pas d’en faire un  chiot savant. Pour l’instant, il apprend à apprendre en s’amusant.
Travaillez sur son ouverture d’esprit, apprenez-lui à proposer tout un tas de choses aussi variées qu’apparemment inutiles (aller dans une boite, aller sur une cible, tourner derrière un piquet, monter sur un rocher, ..). Cela permet aussi un bon développement de ses capacités physiques, autre part importante de votre activité avec votre chiot à cet âge là.
Et si en plus, vous devez lui apprendre à s’asseoir et se coucher sur ordre, son jeune cerveau risque la surchauffe …..

La punition

Dans tout ce que j’ai écrit plus haut, j’ai toujours dit : surtout pas de punition qui risquerai de bloquer la prise d’initiative.
Mais ça ne veut pas dire que je ne puni jamais un chiot ! Comme je l’ai déjà expliqué dans mon article «le maître source d’inconfort», la punition est réservée aux très rares cas ou le chiot franchit un tabou, ou risque de se mettre en situation dangereuse.
Il est évidemment important de bloquer cette initiative malheureuse. Mais attention à l’intensité de la punition. Elle doit être suffisamment désagréable pour que le chiot n’ai pas envie de recommencer, mais elle ne doit surtout pas bloquer les autres initiatives. l’idéal étant de la faire suivre d’une proposition d’une activité souhaitée. Au plus la punition sera rare, au moins elle risquera de bloquer cette prise d’initiative.
Cela passe à nouveau par une manipulation de l’environnement. Au moins le chiot à de possibilité de prendre une initiative malheureuse, au moins on aura besoin de punir.
Prenons un exemple tout simple : le chiot qui mâchonne les chaussures. Afin de ne pas avoir à le punir, on rangera systématiquement les chaussures hors de portée du chiot. Simple et efficace, il suffit de penser «actif», et non «punition».
Et si par malheur il en attrape une, au lieu de punir, encouragez-le à vous la ramener (ça c’est penser compétition et rapport d’objet ..).

Vous pouvez maintenant éteindre votre ordinateur et aller jouer avec votre chien.

Brevet Obéissance

Brevet d’obéissance

Bien que ce soit trop tôt dans sa progression, j’ai présenté Jessy au concours d’obéissance du club.

Et je ne le regrette pas. Cela nous a permis de nous connaître en situation concours, forcément très différente de l’entraînement. J’ai surtout testé comment la gérer entre les exercices, et avant de rentrer sur le terrain. La vidéo m’a fait exploser à la figure tout ce que j’ai négligé et mis de coté  jusqu’à présent. Il me reste quelques semaines pour rectifier tout ça avant son certificat de RCI.

Jessy est vraiment mignonne et appliquée. Je kiffe vraiment cette chienne.

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