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NE BLÂMEZ PAS le CHIEN, BLÂMEZ les règles du jeu

NE BLÂMEZ PAS LE CHIEN, BLÂMEZ LES RÈGLES DU JEU

Si vous fréquentez des clubs canins, vous avez certainement entendu cette phrase : « Ce n’est jamais la faute du chien, c’est toujours la faute du maître« .  Cette affirmation, bien que tout à fait exacte, n’est malheureusement d’aucune aide pour la personne qui l’entend. Elle se demande bien quelle faute elle a pu commettre.

Je vous propose dans cet article une autre façon d’aborder le sujet qui vous donnera des pistes de solutions pour avancer.

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Socialisation d’un chien de sport

Socialisation d’un chien de sport

Autour des terrains de sport canin, il y a régulièrement des discussions passionnées sur la nécessité ou pas de socialiser un chien de sport.
D’un côté il y a ceux qui soutiennent que le chien de sport ne doit pas être en contact avec ses congénères, ne doit pas être caressé par une personne autre que son maître
De l’autre, il y a ceux qui préconisent une socialisation poussée et continue tout au long de la vie du chien.

L’objet de ce débat est d’avoir un chien concentré, et focalisé uniquement sur son maître.
Les 2 approches donnent des résultats honorables en concours, mais de très nombreux autres paramètres entrant en jeu sur la performance d’une compétition, ce n’est pas un critère permettant de trancher le débat.

Personnellement, je suis un adepte de la socialisation. Tous mes chiens peuvent se promener sans laisse au milieu d’humains et de chiens sans problème. Tout le monde peut les caresser, et ils adorent ça !
Mais une fois au travail, plus rien d’autre n’a d’importance à leurs yeux, ils sont concentrés sur moi et sur l’activité. Bien évidemment, nous avons un rituel qui permet de passer du mode « social », au mode « travail », tout est clair et cohérent pour eux.
Ce sont « des chiens de compagnies qui travaillent ».

Que dis la science sur ce sujet ?

Les études sur le sujet sont relativement récentes. Ce n’est qu’à partir de 2008 qu’on commence à voir apparaître des publications étudiant cet aspect du chien de sport ou de travail.
Elles portent principalement sur des chiens militaires (protection, secours, recherche d’explosifs) traditionnellement logés dans des chenils, et entraînés individuellement. Ils n’ont pas de contact avec leurs congénères, ni avec d’autres personnes que leur conducteur. Est que les socialiser changerait quelque chose ? J’ai analysé plusieurs études, vous en trouverez deux en référence.
Le protocole de test est sensiblement le même dans chaque étude. Un groupe de chiens dit « de référence » reste dans les mêmes conditions (chenil, entraînement individuel ..), tandis qu’un autre groupe de chien est « socialisé ». Cela va du lâcher hebdomadaire des chiens en groupe dans un grand parc clôturé (sous la surveillance d’une ou plusieurs personnes pour gérer les conflits qui peuvent survenir), jusqu’au chien qui habite au domicile de son conducteur, en famille.
Et tous les résultats vont vers les mêmes conclusions. Les chiens socialisés sont :

  • Moins réactifs aux objets insolites
  • Moins agressifs (vis-à-vis des humains ou de leurs congénères)
  • Moins distraits, plus concentrés
  • Plus performants dans leur travail
  • Capables de s’entraîner à plusieurs  en même temps sur le même terrain (meilleure gestions des infrastructures et du personnel)

Bref, il n’y a pas photo, un chien socialisé est plus facile à vivre, et plus performant dans son travail, qu’un chien qui n’a pas de contact autre qu’avec son conducteur.

References :

Benefits of intraspecific social exposure in adult Swiss military dogs
Nastassja Gfrerer, Michael Taborsky, Hanno Würbelb

HANDLERS’ PROFESSIONAL MOTIVATIONS AND THE RELATIONSHIP WITH THEIR MILITARY WORKING DOG
LEFEBVRE D., DIEDERICH C. , DELCOURT M., STEVENS M, GIFFROY J.M

UTILISATION DU CLICKER POUR L’ÉDUCATION CANINE

UTILISATION DU CLICKER POUR L’ÉDUCATION CANINE

clickers

Le clicker est un outil dont l’efficacité n’est plus à démontrer. Dans des mains expertes, il permet une finesse et une efficacité du dressage inégalée. Le dressage moderne de chien de compétition, ou pour un travail opérationnel, ne saurait s’en passer.

Mais qu’en est-il avec un maître débutant qui veut simplement éduquer un chien de compagnie ?

Personnellement, j’ai renoncé à enseigner l’utilisation du clicker dans mes cours collectifs d’éducation. Le maître débutant est déjà assez encombré avec sa laisse et sa réserve de récompenses alimentaires, et si vous rajoutez un clicker, vous le perdez définitivement. Il va passer son temps à ramasser le tas de récompenses qu’il a fait tomber, à se détortiller de sa laisse, ou à se rappeler de récompenser. Sans parler de ceux qui oublient le clicker à la maison une fois sur deux. Au final, ce ne sera pas efficace et amusant.

Je me contente de leur enseigner la récompense alimentaire (leurre et un peu de shaping avec marqueur vocal pour les plus dégourdis).

Mais je culpabilisais en me disant que l’apprentissage serait quand même plus efficace avec un clicker. Heureusement, des scientifiques australiens se sont posés la même question. Et il sont arrivés à la conclusion qu’effectivement, pour des maîtres débutants voulant éduquer un chien de compagnie, le clicker n’apportait rien de plus par rapport à  la récompense alimentaire simple. Dans certains cas, les maîtres ont même trouvé l’utilisation du clicker trop complexe et rébarbative.

Chers collègues éducateurs et moniteurs, ne culpabilisez plus si vous trouvez vos élèves perturbés par le clicker ! Laissez tomber, revenez à la récompense simple, et réservez l’enseignement du clicker à vos élèves les plus doués et les plus motivés. Car ce qui compte, c’est le résultat ressenti par le maître : amusement et apprentissage visible.

Et chers maîtres débutants, ne choisissez pas un club canin ou un éducateur professionnel sur le simple fait qu’il enseigne le clicker. Préférez un enseignant pragmatique qui saura se mettre à votre niveau et saura vous faire progresser en vous amusant.

L’expérience scientifique

Référence de l’article :

Is clicker training (Clicker + food) better than food-only training for novice companion dogs and their owners?

May 2018Applied Animal Behaviour Science 204

DOI: 10.1016/j.applanim.2018.04.015

Lynna C Feng, Naomi H. Hodgens,Jessica Woodhead, Pauleen C Bennett

Méthodologie

Un groupe de maîtres de chiens de compagnie a été recruté via des annonces. Ces personnes et ces chiens n’avaient jamais pratiqué d’éducation canine. Le panel de maîtres et de chiens est varié (âge, genre, taille, ..). Lors d’une première visite au laboratoire , chaque maître remplit un questionnaire, puis fait quelques exercices avec son chien. Cela permet aux expérimentateurs de faire un premier bilan, et d’écarter des chiens qui présenteraient un trouble du comportement.

Ensuite, les équipes ont été réparties de façon aléatoire en 2 groupes:

  • les participants du premier groupe se verront enseigner l’éducation de leur chiens en utilisant uniquement de la nourriture
  • les participants du deuxième  groupe se verront enseigner l’éducation de leur chien en utilisant un clicker + de la nourriture

L’enseignement est dispensé par un éducateur expérimenté. Il est réalisé au domicile du participant (ou dans un lieu proche choisi par le participant). L’enseignement dure 6 semaines, puis chaque participant revient au laboratoire pour un une visite de debriefing, faire quelques exercices avec son chien, et remplir un nouveau questionnaire. Un troisième entretien optionnel leur est proposé quelques semaines plus tard (pour ceux qui ont continué d’éduquer leurs chiens par eux même).

analyses des résultats

Quels que soit le groupe considéré, il n’a pas été noté d’évolution entre les 2 visites concernant la relation chien-maître, les compétences d’éducation des maîtres, les performances sur le parcours d’obstacles, ou l’impulsivité des chiens.
En moyenne, pour tous les groupes, les maîtres ont noté une baisse de l’impulsivité de leur chien suite aux séances d’éducation.
Il n’a pas été noté de différence significative entre les 2 groupes, tant dans les performances de l’apprentissage, que dans le maintient des performances lors de la 3ème visite après la fin de l’entraînement. Il n’a pas été noté non plus de différence dans l’apprentissage de « trick », non inclus dans la formation.
Des études précédentes avaient déjà démontré que l’utilisation de la nourriture seule comparée à l’utilisation du clicker+nourriture n’influait pas sur la performance de l’apprentissage, cette étude le confirme.

La présente étude a utilisé les données recueillies pour analyser si l’utilisation du clicker augmentait le nombre de cessions d’éducation hebdomadaires réalisées librement (car plus « fun »). Ce n’est pas le cas. Pas de différence non plus sur les autres critères, à savoir : la joie ressentie pendant les cessions, (globalement jugées très « fun »), et la difficulté d’apprentissage vue du chien.
Par contre, en ce qui concerne la difficulté vue du maître, l’utilisation du clicker est jugée globalement plus importante.
Avec une exception pour les exercices « va toucher la cible », et « va dans ton panier » dont l’apprentissage est jugé plus simple et plus efficace avec un clicker. Cela suggère que les apprentissages, lorsque le chien est éloigné du maître, sont plus efficaces avec un clicker.
Des études plus anciennes ont démontré une meilleure efficacité de l’utilisation du clicker par rapport à l’utilisation de la nourriture seule, lorsque utilisé par des dresseurs expérimentés. Ce que ne montre pas la présente étude, probablement en raison de la durée courte de l’entraînement. Six semaines est toutefois un standard pour les stages d’éducation, mais semble trop court pour commencer à voir un bénéfice dans l’utilisation du clicker.

Cette étude démontre que l’utilisation du clicker n’apporte pas de bénéfice significatif lorsqu’il est utilisé par des débutants, pour apprendre des exercices simples, avec des chiens de compagnie ne présentant pas de troubles du comportement, sur une durée de 6 semaines. Toutefois, pour certains exercices, le clicker s’est montré plus efficace pour l’apprentissage. 

 

 

Stress et apprentissage

Stress et apprentissage

Qu’est-ce que le stress ?

Voici ce qu’en dit wikipedia:

Le stress (anglicisme) est, en biologie, l’ensemble des réponses d’un organisme soumis à des pressions ou contraintes de la part de son environnement…. Le stress est différent de l’anxiété, celle-ci est une émotion alors que le stress est un mécanisme de réponse pouvant amener différentes émotions, dont l’anxiété.

Notez bien que le stress n’est pas une émotion, c’est lié à la pression de l’environnement. Et si vous lisez ce blog, vous savez que le maître fait partie de l’environnement. Le stress n’est donc pas une fatalité, c’est quelque chose sur lequel on peut agir en manipulant l’environnement.

stress

Apprentissage et stress

Lorsqu’on est soumis à une pression de l’environnement, donc stressé, on a du mal à se concentrer, et a mémoriser. Ce qui sera appris sous stress ne résistera pas au temps et sera vite oublié. Le stress peut aussi bloquer la restitution d’un comportement appris (cas du concours). Le stress est donc à bannir si on veux faire un dressage sérieux, en plus d’être éthique.

Organiser sa séance

Afin de mettre le cerveau du chien dans les meilleures circonstances pour l’apprentissage, il faut créer un environnement sécuritaire et rassurant. Choisissez un endroit calme et bien connu du chien. Mettez de la joie dans votre séance, votre chien n’en sera que plus motivé pour apprendre. Et soyez vous même très calme, ne mettez pas la pression sur votre chien. S’il ne fait pas ce que vous attendez, n’insistez pas. Ce serait inutile et contre-productif. Dites-vous toujours que si le chien ne comprend pas, c’est que vous ne lui expliquez pas correctement.

Stress positif

 

Alors le stress serait à bannir absolument ? Pas tout à fait. Une séance d’entraînement ou tout serait trop plat, trop calme, serait vite ennuyeuse, et la motivation disparaîtrait rapidement.

Vous avez certainement entendu parler du stress positif et du stress négatif. Le stress positif, c’est une pression de l’environnement qui nous pousse à nous surpasser, à sortir de notre zone de confort.

On peut par exemple rendre la valeur de la récompense aléatoire. Le chien ne sait jamais si il va être récompensé un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, ou pas du tout !

On peut aussi travailler avec la récompense à vue. Cela met la pression au chien pour qu’il trouve ce qu’il doit faire pour avoir accès à cette récompense.

Mais attention, tout est question de dosage. Si le chien se fixe sur la récompense à vue au point d’oublier tout le reste, ce n’est pas bon. Le chien ne mémorisera rien. Il faut savoir ne pas aller trop loin.

stress positif

Préparation aux concours

niveau de stress

Malheureusement, le monde réel est une source permanente de stress, et les conditions de concours sont le summum de la situation à stress. Si votre chien (et vous-même) n’êtes pas préparés, ce sera la catastrophe. On ne passe pas brutalement d’un environnement toujours neutre à un environnement stressant. Il faudra habituer progressivement son chien à le supporter. et je dis bien progressivement. Ce n’est pas parce que votre chien travaille très bien dans le jardin qu’il faut aller le faire travailler sur la place du village un jour de marché aux bestiaux …

On ajoutera petit à petit de la pression environnementale source de stress. On fera bien attention à ce que le chien encaisse le niveau de pression sans problème. Si le chien donne des signes de stress, il faut revenir en arrière, dans un environnement avec moins de pression, et plus de motivation.

Bibliographie:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Stress

Bien gérer les émotions pour apprendre : sécuriser, calmer et rassurer

Difficile d’apprendre quand on est stressé

https://www.edutopia.org/blog/neuroscience-behind-stress-and-learning-judy-willis

https://www.sciencedaily.com/releases/2008/03/080311182434.htm

 

L’effet Pygmalion

L’effet Pygmalion

Lorsque j’étais jeune concurrent, un jour de concours, mon chien à fait une erreur grossière. J’ai pensé « quel con ce chien », mais je l’ai pensé tellement fort, que le juge l’a entendu. Il m’a vertement sermonné en m’expliquant qu’il ne fallait jamais dénigrer son chien, qu’il le ressentait, et que cela nuisait à son comportement en concours (et il m’a enlevé des points).

J’ai tout d’abord pensé « quel con ce juge, mon chien est bête, un point c’est tout ». Mais avec l’expérience, je me suis rendu compte qu’il avait complètement raison (le contraire aurait été étonnant car c’est un grand dresseur). Si on doute de son élève, alors il ne va pas progresser, et on va le trouver de plus en plus idiot, et il va encore moins progresser ….

J’ai fait quelques recherches sur le sujet, et j’ai découvert que cet effet a été étudié, et s’appelle l’effet Pygmalion.

Le jugement que porte l’enseignant sur son élève influe sur sa capacité d’apprentissage, et sur son comportement lors des compétitions canines. Cela n’a rien de magique. Si l’enseignant croit dans les capacités de son élève, il sera plus patient, plus attentionné, et en retour l’élève sera plus concentré, plus impliqué.

  Il est très important de renvoyer une image mentale positive à son chien, à l’entraînement comme en concours. Je peux vous assurer que lorsque je rentre sur un terrain de concours, j’encourage Jessy dans ma tête, je me dis « allez ma grande, on va réussir cet exercice », et si elle rate « c’est pas grave, on continue ». Et ça marche. Ceux qui pratiquent le pistage savent tout ce qui peut passer comme information dans la longe. Alors que je vois de nombreux concurrents sur le visage duquel on peut lire des choses qui vont du « qu’est ce que je fais là, je serais mieux au chaud devant la cheminée », au « quelle connerie il va encore me faire aujourd’hui ». Et ça ne loupe pas, le résultat n’est généralement pas terrible. Et si vous interrogez ces concurrents à la sortie du terrain, vous verrez que leur discours est proche de ce que vous avez imaginé.

Et je peux vous assurer que si un de mes élèves dénigre son chien en ma présence, il se fait vertement rappeler à l’ordre.

Positivez, vous n’en aurez que des bénéfices. Mais faite-le avec conviction, soyez sincère, sinon ça ne fonctionne pas!

références:

l’effet Pygmalion

Wikipédia: l’effet pygmalion

L’intensité de la punition

L’intensité de la punition

La punition est elle utile ?

Oui, Mais à condition de l’utiliser avec discernement.

Si vous lisez régulièrement ce blog vous savez que je considère la punition comme un outil parmi d’autres dans la boite à outils du dresseur, et qu’il est important de maîtriser.  Entendons-nous bien, je parle d’une action destinée à faire disparaître un comportement, et uniquement de cela. La punition n’est en aucun cas destinée à apprendre un comportement. Pour cela on utilisera un renforçateur.

Il faut toujours essayer de réfléchir à une solution basée sur la récompense et le renforcement avant de penser « punition ». Un exemple simple : le chien qui marche nez au sol en reniflant. Le premier réflexe est de punir ce comportement. Mais ce n’est pas pour autant que le chien aura compris qu’il doit marcher la tête levée. Il est donc préférable de renforcer les moments ou le chien marche tête levée. Et lorsqu’il relève la tête, il ne peut plus renifler (principe du renforcement d’un comportement incompatible avec celui qu’on veut faire disparaître).

Pour être efficace, en plus de devoir être reliée de façon directe et immédiate au comportement à faire disparaître, la punition doit avoir la bonne intensité. C’est de cela dont cet article va parler.

petite fille et son chien

A quel cerveau s’adresser ?

  • Comme je l’ai déjà expliqué dans cet article, le chien, et son maître, ont 3 cerveaux.
  • – Le cerveau reptilien, primitif, utilisant le réflexe
  • – Le cerveau limbique, utilise l’émotion
  • – Le neocortex, utilise la réflexion

Si on s’adresse au cerveau reptilien,  la punition devra aller jusqu’au seuil de la douleur pour déclencher un réflexe d’évitement. Ce cas est très spécifique, et ne devrait pas être utilisé en dressage.

Le cerveau limbique, ne devrait pas non plus être utilisé pour un dressage efficace.

On préférera utiliser le neocortex, celui de la réflexion,  qui permet d’analyser les conséquences de nos actes, et de construire un comportement de façon solide et durable. Mais comment « parler » à ce cerveau?

cerveau en greve

Une punition de trop faible intensité

La punition étant destinée à faire cesser un comportement, toute action désagréable qui ne fait pas cesser le comportement n’est pas une punition ! C’est juste quelque chose de désagréable.

Vous avez certainement déjà vu des personnes crier à leur chien «STOP», et le chien continuer son activité comme si rien ne se passait… Le punition est dans ce cas typiquement d’un niveau insuffisant. Pire encore, à force de « punir » sans effet, le chien va s’endurcir, et ignorer les punitions d’intensité de plus en plus forte.

C’est pour cela qu’on dit généralement qu’il vaut mieux punir une bonne fois pour toutes plutôt que de « punir » faiblement et à répétition.

Donner de nombreuses petites punitions inefficaces  à son chien s’apparente pour moi à de la maltraitance envers l’animal. Cela peut même s’avérer dangereux avec certains chiens qui vont vouloir faire cesser ce désagrément dont ils ne comprennent pas le sens (morsure). De plus, cela va casser la confiance que le chien a dans votre jugement, vous ne serez plus quelqu’un de respectable à ses yeux.

Mais attention à l’effet inverse d’une punition trop forte !

Une punition de trop forte intensité

Une punition trop forte va inhiber la capacité de réflexion du chien. Il ne va pas la comprendre, et donc elle sera inefficace. Certes, le comportement aura cessé, mais le chien n’aura rien appris. Pire, il va vous considérer, ou ce qui lui a infligé la punition, comme quelque chose de dangereux, à éviter absolument. Vous aurez perdu votre bien le plus précieux, sa confiance. Il peut même assimiler la punition à quelque chose qui n’a rien à voir avec le comportement que vous avez voulu faire disparaître, voire à un comportement que vous souhaitiez renforcer !

 

Comment reconnaître si on a bien dosé l’intensité de la punition ?

Il y a un test simple à faire : vous proposez immédiatement après la punition une activité que votre chien aime. S’il se lance dans l’activité proposée, tout va bien, votre punition a été correctement dosée. S’il reste prostré, ou fuyant, refuse de jouer, c’est que votre punition a été trop forte, et donc contre-productrice. C’est aussi pour moi de la maltraitance.

Alors, comment doser ?

Il n’y a pas de recette miracle. Chaque chien est différent, chaque situation est différente. Il faut observer la réaction de son chien, et s’adapter. On fait des erreurs, mais c’est comme ça qu’on apprend, malheureusement souvent au détriment du chien. Il faut se faire conseiller par quelqu’un qui sait parfaitement utiliser cet outil, et qui saura éviter à votre chien de subir vos erreurs. Lorsque vous arriverez à trouver la bonne intensité du premier coup, c’est-à-dire celle qui fait cesser le comportement tout en maintenant le chien dans son apprentissage, vous aurez franchi une étape importante dans votre vie de dresseur, et apprécierez l’efficacité de cet outil.

jauge

Ça y est, je maîtrise la punition !

Ne vous emballez pas, une punition est toujours utilisée après mûre réflexion, jamais sur un coup de colère. Comme vous venez de le lire, la punition est un outil qui peut s’avérer utile dans le dressage, mais requiert pas mal d’expérience, et les conséquences en cas de grosse erreur ne sont pas anodines. Et je répète ce que j’ai écrit en introduction, Il faut toujours essayer de réfléchir à une solution basée sur la récompense et le renforcement avant de penser punition .

N’oubliez jamais qu’une punition est toujours suivie d’une récompense. Si vous ne comprenez pas pourquoi, alors n’utilisez pas la punition.

friandise

la communication

LA COMMUNICATION

Pourquoi cet article ?

Parce que j’en ai marre d’entendre parler de « contact », de « regard », et autre mots abstraits dont personne n’est capable d’expliquer la signification. Ces mots ne servent qu’à culpabiliser l’autre en lui disant « tu n’as pas de contact avec ton chien », sans savoir expliquer ce qu’est ce contact tant recherché. Cela renforce, certes, le coté mystérieux et énigmatique de celui qui prononce cette phrase, mais ça n’aide pas du tout celui qui a le problème.

Avec mes élèves, je préfère parler de communication. C’est une notion facile à comprendre, nous utilisons tous les jours la communication avec notre entourage, et elle n’est pas toujours simple à mettre en place (ceux qui ont des ados à la maison comprendront vite ce que je veux dire ..).

Quel rapport avec les ordinateurs ?

Pour expliquer ce qu’est la communication entre le conducteur et son chien, je vais prendre un exemple imagé. Imaginez que votre cerveau et celui de votre chien sont deux ordinateurs. Demander à votre chien de s’asseoir, revient à dire qu’une information devra passer d’un cerveau à l’autre, tout comme deux ordinateurs échangeant des informations. Nous le faisons tous les jours, que ce soit avec nos smartphones (qui ne sont que des ordinateurs miniaturisés), ou avec notre ordinateur de la maison.

Je me limiterai à l’usage d’une communication filaire, un câble USB par exemple, car plus simple à visualiser qu’une communication à onde radio.

cable USB

Il faut brancher la prise !

Et surtout, il faut la brancher aux deux bouts du câble de communication ! Cela semble évident lorsqu’on parle d’un câble USB, Alors pourquoi voit-on de nombreux maîtres essayer de transmettre de l’information à leur chien alors que celui-ci est très occupé à jouer avec un congénère, ou a renifler une odeur irrésistible ?  Ces personnes ne se rendent pas compte que le câble de communication est débranché coté chien, et que l’information qu’ils envoient se perd dans l’espace.

Mais comment faire pour brancher la prise coté chien ? On peut essayer de la brancher en force, mais tout comme une prise USB, la communication sera très mauvaise, et on risque fort de casser le branchement. Il est bien plus intéressant que ce soit le chien lui-même qui branche cette prise, de sa propre initiative. On travaille cela en conditionnement opérant, de façon simple. Comme tout apprentissage, on commence dans un endroit calme, et on récompense toute tentative du chien de rentrer en communication avec nous. Puis, petit à petit, on met des distractions, ce qui revient à augmenter les perturbations dans la communication, et on incite son chien à rester branché. Un bel exemple en vidéo. Chaque fois que le chiot entre en contact avec sa maîtresse, il est récompensé.

c’est cette phase que j’appelle « activer » son chien dans cet article https://chiens-actifs.eu/2015/11/chien-active/

La communication full duplex

On a vu que pour faire passer une information à son chien, il faut que la communication soit établie. Mais une fois que c’est fait, l’information doit circuler dans les 2 sens ! Communiquer avec son chien, ce n’est pas seulement lui transmettre l’information, mais c’est aussi savoir décoder toute l’information qu’il nous renvoie afin d’adapter en permanence notre attitude. Pendant la phase de dressage, cela permet d’ajuster en temps réel le niveau d’exigence afin de ne pas le mettre en échec tout en le faisant progresser. Et en compétition, on adaptera en permanence notre attitude en fonction de ce que nous renvoie notre chien (distraction, lassitude, excitation …). C’est à cela qu’on reconnaît un bon conducteur en compétition. Sa communication est claire et épurée (pas d’information parasite qui déconcentrerai le chien), et adaptée en permanence à la situation.

full duplex

Mauvaise qualité de communication et bruit de fond

Tout comme une communication entre deux ordinateurs distant, la communication est souvent brouillée par l’environnement , et l’information est noyée dans un bruit de fond. Il faudra donc apprendre au chien, et au maître, à affiner son logiciel afin de bien trier ce qui est important et ce qui ne l’est pas. Il est facile de communiquer avec son chien dans la quiétude de son jardin, il l’est beaucoup moins lors d’un championnat sur un stade. Sans parler des activités de recherche opérationnelle au milieu du public qui requiert de la part du chien et du conducteur une grande concentration pour maintenir le canal de communication ouvert et efficace.

Et le regard dans tout ça ?

Vous avez noté que je n’en ai jamais parlé. Cette notion de regard est typiquement humaine. Un humain estime que la communication est pleinement établie avec son congénère que si ils se regardent. Il n’y a rien de plus désagréable de parler à quelqu’un qui ne nous regarde pas. Un chien n’a pas besoin de nous regarder pour être en communication avec nous. Dans de nombreuses disciplines, le chien ne regarde pas fixement son maître, et pourtant ils sont tous les deux en étroite communication (troupeau, pistage, défense, …). Heureusement, car sinon des chiens qui chassent en meute auraient vite fait de perdre la trace du gibier s’ils étaient en permanence à se regarder les uns les autres pour coordonner la traque …

Communiquez cette information

Vous comprenez mieux maintenant pourquoi je réagis quand j’entends parler de choses aussi abstraites que le regard ou le contact, alors qu’il suffit de parler de communication. Lorsque vous et votre chien êtes passés maîtres dans cet exercice, vous constaterez que la communication s’établit parfois directement de cerceau à cerveau, comme par télépathie . Il n’y a rien de surnaturel, c’est juste que votre chien et vous êtes passé ceinture noire douzième dan en communication ! Votre savez tous les deux détecter l’information la plus subtile au milieu du bruit de fond. Je vous souhaite de vivre avec votre animal ces moments magiques ou nous ne faisons qu’un.

D’ailleurs, que faites vous encore devant votre écran, ce n’est pas comme ça que vous allez communiquer avec votre chien !