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la communication

LA COMMUNICATION

Pourquoi cet article ?

Parce que j’en ai marre d’entendre parler de « contact », de « regard », et autre mots abstraits dont personne n’est capable d’expliquer la signification. Ces mots ne servent qu’à culpabiliser l’autre en lui disant « tu n’as pas de contact avec ton chien », sans savoir expliquer ce qu’est ce contact tant recherché. Cela renforce, certes, le coté mystérieux et énigmatique de celui qui prononce cette phrase, mais ça n’aide pas du tout celui qui a le problème.

Avec mes élèves, je préfère parler de communication. C’est une notion facile à comprendre, nous utilisons tous les jours la communication avec notre entourage, et elle n’est pas toujours simple à mettre en place (ceux qui ont des ados à la maison comprendront vite ce que je veux dire ..).

Quel rapport avec les ordinateurs ?

Pour expliquer ce qu’est la communication entre le conducteur et son chien, je vais prendre un exemple imagé. Imaginez que votre cerveau et celui de votre chien sont deux ordinateurs. Demander à votre chien de s’asseoir, revient à dire qu’une information devra passer d’un cerveau à l’autre, tout comme deux ordinateurs échangeant des informations. Nous le faisons tous les jours, que ce soit avec nos smartphones (qui ne sont que des ordinateurs miniaturisés), ou avec notre ordinateur de la maison.

Je me limiterai à l’usage d’une communication filaire, un câble USB par exemple, car plus simple à visualiser qu’une communication à onde radio.

cable USB

Il faut brancher la prise !

Et surtout, il faut la brancher aux deux bouts du câble de communication ! Cela semble évident lorsqu’on parle d’un câble USB, Alors pourquoi voit-on de nombreux maîtres essayer de transmettre de l’information à leur chien alors que celui-ci est très occupé à jouer avec un congénère, ou a renifler une odeur irrésistible ?  Ces personnes ne se rendent pas compte que le câble de communication est débranché coté chien, et que l’information qu’ils envoient se perd dans l’espace.

Mais comment faire pour brancher la prise coté chien ? On peut essayer de la brancher en force, mais tout comme une prise USB, la communication sera très mauvaise, et on risque fort de casser le branchement. Il est bien plus intéressant que ce soit le chien lui-même qui branche cette prise, de sa propre initiative. On travaille cela en conditionnement opérant, de façon simple. Comme tout apprentissage, on commence dans un endroit calme, et on récompense toute tentative du chien de rentrer en communication avec nous. Puis, petit à petit, on met des distractions, ce qui revient à augmenter les perturbations dans la communication, et on incite son chien à rester branché. Un bel exemple en vidéo. Chaque fois que le chiot entre en contact avec sa maîtresse, il est récompensé.

c’est cette phase que j’appelle « activer » son chien dans cet article http://chiens-actifs.eu/2015/11/chien-active/

La communication full duplex

On a vu que pour faire passer une information à son chien, il faut que la communication soit établie. Mais une fois que c’est fait, l’information doit circuler dans les 2 sens ! Communiquer avec son chien, ce n’est pas seulement lui transmettre l’information, mais c’est aussi savoir décoder toute l’information qu’il nous renvoie afin d’adapter en permanence notre attitude. Pendant la phase de dressage, cela permet d’ajuster en temps réel le niveau d’exigence afin de ne pas le mettre en échec tout en le faisant progresser. Et en compétition, on adaptera en permanence notre attitude en fonction de ce que nous renvoie notre chien (distraction, lassitude, excitation …). C’est à cela qu’on reconnaît un bon conducteur en compétition. Sa communication est claire et épurée (pas d’information parasite qui déconcentrerai le chien), et adaptée en permanence à la situation.

full duplex

Mauvaise qualité de communication et bruit de fond

Tout comme une communication entre deux ordinateurs distant, la communication est souvent brouillée par l’environnement , et l’information est noyée dans un bruit de fond. Il faudra donc apprendre au chien, et au maître, à affiner son logiciel afin de bien trier ce qui est important et ce qui ne l’est pas. Il est facile de communiquer avec son chien dans la quiétude de son jardin, il l’est beaucoup moins lors d’un championnat sur un stade. Sans parler des activités de recherche opérationnelle au milieu du public qui requiert de la part du chien et du conducteur une grande concentration pour maintenir le canal de communication ouvert et efficace.

Et le regard dans tout ça ?

Vous avez noté que je n’en ai jamais parlé. Cette notion de regard est typiquement humaine. Un humain estime que la communication est pleinement établie avec son congénère que si ils se regardent. Il n’y a rien de plus désagréable de parler à quelqu’un qui ne nous regarde pas. Un chien n’a pas besoin de nous regarder pour être en communication avec nous. Dans de nombreuses disciplines, le chien ne regarde pas fixement son maître, et pourtant ils sont tous les deux en étroite communication (troupeau, pistage, défense, …). Heureusement, car sinon des chiens qui chassent en meute auraient vite fait de perdre la trace du gibier s’ils étaient en permanence à se regarder les uns les autres pour coordonner la traque …

Communiquez cette information

Vous comprenez mieux maintenant pourquoi je réagis quand j’entends parler de choses aussi abstraites que le regard ou le contact, alors qu’il suffit de parler de communication. Lorsque vous et votre chien êtes passés maîtres dans cet exercice, vous constaterez que la communication s’établit parfois directement de cerceau à cerveau, comme par télépathie . Il n’y a rien de surnaturel, c’est juste que votre chien et vous êtes passé ceinture noire douzième dan en communication ! Votre savez tous les deux détecter l’information la plus subtile au milieu du bruit de fond. Je vous souhaite de vivre avec votre animal ces moments magiques ou nous ne faisons qu’un.

D’ailleurs, que faites vous encore devant votre écran, ce n’est pas comme ça que vous allez communiquer avec votre chien !

 

Erreurs, fautes, et bugs

Erreurs, fautes, et bugs

Pourquoi cet article ?

« L’erreur est un impondérable de l’acte d’apprendre »

Lors de l’apprentissage, ou d’un concours, notre élève chien ne va pas réaliser ce que nous attendions de lui. Il va commettre ce que nous considérons comme une erreur, une faute, un bug … on peut lui donner plusieurs noms, mais au final la réponse qu’il fournit n’est pas celle attendue.
Comment faut-il se comporter dans cette situation ? Faut-il sanctionner, punir, ou au contraire laisser faire ? Si on ne s’y est pas préparer, on a toutes les chances d’avoir une réaction non optimale, inappropriée, et contre-productive.

Certains dresseurs (les meilleurs) vont réagir instantanément avec une réponse pas trop loin de l’optimum ; mais beaucoup, dont je fais partie, ont besoin de s’être préparer à cette situation, d’y avoir réfléchi, d’en connaître les bases théoriques afin d’être prêts à réagir de la façon la plus appropriée.

Certains vont acquérir cette compétence par tâtonnements et par expériences successives, mais par respect pour les chiens qui subissent ces tâtonnements, j’ai préféré faire quelques recherches théoriques afin de comprendre le mécanisme qui amène à l’erreur, et comment le gérer.

De plus, comment rendre nos chiens de compétitions tolérants à ces erreurs dont l’apparition est inévitable ?

Il se trouve que de nombreux enseignants d’élèves à 2 pattes se sont posés la même question, que des recherches scientifiques ont été faites sur ce sujet depuis de nombreuses années, et que leur conclusions sont directement transposables pour nos élèves à 4 pattes..
Vous trouverez toutes les références qui m’ont servies à cette étude en fin d’article, et elles sont toutes en français (pour une fois !). Je ferai un usage intensif de citations issues de ces articles car je ne saurai pas aussi bien exprimer les idées que ces experts de la communication.

 

Erreur, bug, ou faute ?

« L’expérience, c’est le nom que chacun donne à ses erreurs.» (Oscar Wilde, 1892 »

«l’erreur se corrige, la faute se pardonne»

“L’erreur n’est pas l’ignorance, on ne se trompe pas sur ce qu’on ne connaît pas, on peut se tromper sur ce qu’on croit connaître »

De notre façon de la nommer va dépendre l’idée qu’on s’en fait, et donc notre façon de prendre en compte cette situation.

D’après les définitions du site l’intern@ute :

  • Erreur : Action de se tromper, faute commise en croyant vrai ce qui est faux ou inversement.
  • Faute : Manquement aux règles, à la loi, à la morale.
  • Bug : Anomalie de fonctionnement d’un programme informatique.

Certains auteurs vont même plus loin en parlant simplement  « de production non conforme ». (production dans le sens ou l’élève produit un résultat, pour ce qui nous concerne, un comportement).

La notion de faute implique un manquement à une règle (morale ou écrite). Une faute implique une sanction. Lors d’un concours, on peut parler de faute car l’exercice n’est pas réalisé conformément au règlement, la sanction étant la perte de point.

Une erreur, un bug, est le fait de se tromper en toute bonne foi (le programme qui bugue ne fait qu’exécuter ce que le programmeur l’a conçu pour faire, même si ce n’est pas ce que l’utilisateur attend comme réponse).

Donc à l’entraînement, nos chiens font des erreurs, pas des fautes. Sanctionner ne sert à rien, et pardonner n’est pas très constructif.

Mais alors comment réagir ?

Les 3 façons de réagir

Dans toutes mes recherches, 3 approches reviennent systématiquement

Dans http://edutechwiki.unige.ch/fr/Place_de_l%27erreur_dans_l%27apprentissage c’est très bien expliqué :

«a) Dans un modèle transmissif, c’est l’élève, on vient de le dire, qui est considéré comme le « fautif ». Les erreurs commises sont perçues et vécues comme des dysfonctionnements didactiques, qui auraient du être évités, si les conseils donnés avaient été écoutés et l’attention convenablement dirigée. C’est la raison pour laquelle elle se trouve sanctionnée, à défaut peut-être d’un mode de traitement mieux approprié …

b) Avec le modèle comportementaliste, l’erreur prend un visage différent. De nombreuses séquences de classe se présentent d’une manière moins magistrale puisque l’activité de l’élève y est guidée pas à pas, par une série graduée d’exercices et de consignes. La conception sous-jacente est alors empruntée à la psychologie dite behavioriste, dérivée des recherches sur l’apprentissage animal et le conditionnement. Par transfert des expérimentations à l’enfant, l’idée est qu’il est toujours possible de faire apprendre une notion, même compliquée, à condition de procéder à la décomposition de ses étapes et difficultés en unités élémentaires aussi limitées qu’il est nécessaire, puis de renforcer positivement chaque acquis partiel, plutôt par récompense que par sanction. Avec ce modèle, comme avec le précédent, les erreurs ne devraient normalement pas survenir, puisque toute la programmation didactique par « petites marches » est élaborée avec un souci constant de les éviter. La différence est quand même importante puisqu’ici, si des erreurs malgré tout se produisent en dépit des précautions didactiques prises, elles seront moins imputées à la responsabilité défaillante de l’élève qu’à la manière dont a été pensée la progression didactique par l’enseignant ou le manuel. À l’idée de faute se substitue celle d’un « bogue », comme on dit en informatique : puisqu’il y a un « os » dans un programme qui ne « tourne » pas conformément aux prévisions, il appartient au formateur de le réviser et de le réécrire. Reste que tant d’énergie déployée pour en éviter sa survenue montre bien que l’erreur conserve ici un statut toujours négatif et dévalorisé.

c) Les modèles constructivistes, en fort développement ces dernières années s’efforcent, au contraire des précédents, de ne plus évacuer ainsi l’erreur mais de s’efforcer d’en comprendre la cause et la signification, voire même de prendre appui sur elle pour améliorer l’enseignement. Le but visé est toujours bien de l’éliminer à terme des productions des élèves, mais pour y parvenir on prend le parti de la laisser apparaître, voire de la provoquer, pour s’efforcer de mieux la traiter. Quittant le statut de fautes condamnables ou de bogues regrettables, les erreurs deviennent à présent les symptômes intéressants d’obstacles auxquels la pensée des élèves se trouve affrontée. « Vos erreurs m’intéressent », pourrait dire le professeur, puisqu’elles me permettent d’accéder au coeur du processus d’apprentissage, avec ses méandres, ses impasses et ses bégaiements. En fait, elles lui désignent comme en creux, les progrès intellectuels qu’il attend de la classe et qu’il doit encourager.«

Mais alors quelle approche choisir ?

Si vous êtes un habitué de ce blog, vous savez que je proscris totalement le modèle transmissif.
Vous savez aussi que je suis un inconditionnel de la méthode comportementaliste, et que le conditionnement opérant est au cœur de mon dressage.

Mais beaucoup de dresseurs inexpérimentés s’arrêtent là : on renforce les bons comportements, et on ignore les mauvais (les fameuses erreurs).

Regardons ce que dit la littérature sur le comportement opérant (parfois appelé apprentissage par essais/erreurs)

avantage : efficacité
Inconvénient : absence de résistance à l’erreur

Un bel exemple d’essais/erreurs en vidéo :

Cette absence de résistance à l’erreur est flagrante en compétition. Observez les chiens lors de concours. Le contexte étant très différent de l’entraînement, l’apparition d’une erreur est inévitable. Les chiens dont le dressage se limite au conditionnement opérant (quasi exclusivement par la récompense) vont buguer lorsque l’erreur arrive. Ils sont perdus, et vont proposer un comportement complètement inadapté (aller près d’un plot, se diriger vers le support des apportables …).
Je préfère certes voir ça plutôt que le comportement d’un chien dressé en mode «transmissif» qui va se figer, se coucher oreilles basses en attendant la sanction, voire se sauver du terrain pour l’éviter.

Il faut donc apprendre à nos chiens de compétition à gérer l’erreur (ainsi d’ailleurs qu’à leurs conducteurs, mais ce n’est pas le propos de cet article).

La gestion des erreurs : l’approche constructiviste

“Les plus courtes erreurs sont toujours les meilleures.” (Molière, L’étourdi, 1655) »

«Les psychologues constructivistes, et Piaget le premier, ont insisté sur l’importance d’analyser les erreurs des élèves pour connaître leur niveau de pensée. Ils insistent aussi sur ses capacités d’auto-correction : le plus important étant, non pas qu’il sache qu’il ait fait une erreur, mais qu’il comprenne pourquoi il l’a faite.»

«Le modèle constructiviste donne un nouveau statut à l’erreur. Certes, le but est bien d’éradiquer les erreurs mais en les faisant apparaître pour mieux les traiter. Il s’agit de repérer«la logique de l’erreur» pour mieux la traiter, d’en tirer parti pour améliorer les apprentissages»

«Or l’élève en apprentissage c’est, peu ou prou, Thésée et le Minotaure.
Son chemin n’est pas «droit», ample, aisé, il est obstacles, difficultés, détours, contournement, risques.
Pour ne pas être dévoré ou enfermé définitivement, soit pour réussir à l’Ecole, être victorieux, il lui faut franchir progressivement les obstacles, parce que selon Piaget, apprendre c’est franchir progressivement une série d’obstacles
C’est sur cette théorie que s’appuient les modèles constructivistes modernes
Dans ce cadre, l’erreur, les erreurs, sont des indicateurs des processus intellectuels en jeu.»

Dans cette approche, l’erreur devient l’alliée du dresseur car il va pouvoir en profiter pour apprendre à son chien à la gérer. Ce n’est plus l’ennemi à combattre absolument, mais une opportunité pour aller plus loin.
Certains dresseurs intègrent cette approche dès le début, sur de très jeunes chiots. Je préfère personnellement l’introduire plus tardivement, quand le cerveau du chien est suffisamment mature pour traiter cette charge de travail supplémentaire.

J’appelle cette phase du dressage «l’endurcissement», certains l’appelle «le blindage» .
L’idée est d’apprendre au chien à détecter lui-même les erreurs, et à les gérer pour revenir très rapidement dans le comportement prévu (auto-correction).

Je distingue deux types d’erreurs :

  • Les erreurs qui apparaissent spontanément lors d’une séance en conditionnement opérant
  • Les erreurs mises en scène par le dresseur pour travailler la résistance

Les erreurs qui apparaissent spontanément

Lorsque lors d’une séance d’entraînement, si une série d’erreurs apparaît spontanément, il faut rapidement l’analyser et la classer :

1 – Est-ce simplement une suite d’essais/erreurs, un tâtonnement pour trouver le comportement attendu ? Dans ce cas, c’est normal, on n’a rien à faire, c’est le principe du conditionnement opérant.

2 -Est-ce que les erreurs répondent aux critères suivants :

  • Elles sont reproductibles chez l’élève
  • Elles ont une certaine persistance
  • Elles ne sont pas isolées
  • Elles peuvent être mises en relation avec d’autres avec lesquelles elles forment un réseau ou un système d’erreurs

L’exemple classique de ce type d’erreurs est le chien qui se couche très souvent sur le signal «assis», et comme par hasard, ils reste aussi souvent assis sur le signal «debout». L’erreur est persistante, n’est pas isolée, et forme un réseau.

Sur ce type d’erreur, le travail est à effectuer par le dresseur, car l’erreur vient de lui !

Les grandes étapes à réaliser par le dresseur dans cette situation:

1. Repérage d’erreurs et de dysfonctionnements et classification (tâtonnements ou erreurs reproductibles ?)
2. Hypothèses sur les processus qui ont amené l’élève à produire ces erreurs et l’origine de ces processus (voir les différents types d’erreurs en fin d’article)
3. Mise en place d’un dispositif pour tester ces hypothèses (cette étape est très importante afin d’éviter de partir sur une mauvaise solution)
4. Modification ou simple adaptation de la méthode d’entraînement (d’où l’intérêt d’avoir une boite à outils bien remplie, et de bien connaître le fonctionnement et les limites d’utilisation de chacun de ces outils).

Je ne rentrerai pas plus en détails sur le traitement de ce type d’erreur car chaque type requiert un traitement différent (peut être dans un prochain article).

L’entraînement à la résistance à l’erreur

« Toutefois, si l’erreur s’avère un précieux outil pédagogique, il convient toutefois de la manier avec précaution afin qu’elle remplisse bien son objectif de reconstruction chez l’apprenant
En ce sens, il ne s’agit pas d’exposer a priori aux étudiants des ‘recettes’ qu’ils doivent apprendre par cœur et appliquer a posteriori, mais de les associer dès le départ à leur propre processus d’apprentissage en les aidant à mettre en place des méthodes qui leur permettront de résoudre par eux-mêmes les problèmes qui s’offrent à eux »

« Ensuite, c’est délivrer des rétroactions (feedback). Crahay ([2], p. 144) donne des conseils utiles concernant les types de réponses à donner à des élèves pour qu’ils tiennent compte de leurs erreurs. “[Il] peut simplement signaler l’erreur [feed-back simple] (c’est faux, tu t’es trompé, etc.). Il peut expliquer le pourquoi de l’erreur (c’est faux parce que…) ; on parle alors de feedback expliqué. Il peut encore fournir un feed-back de contrôle ; celui-ci consiste à inviter l’élève à vérifier [par lui-même] l’exactitude de sa réponse. Il a montré, dans une étude auprès d’élèves de maternelle, que seul le troisième type de feed-back est utile pour faire progresser l’élève.»

On va ici travailler sur le chien afin de le rendre tolérant à l’erreur.

Nous allons dans ce type d’entraînement travailler spécifiquement sur la gestion des erreurs par notre élève canin (cela implique aussi la gestion par le chien de nos propres erreurs de conduite ..).
La séance d’entraînement sera exclusivement organisée autour de cet objectif.

On va mettre en scène l’apparition de l’erreur de façon à pouvoir apprendre au chien à la gérer, à le guider dans la compréhension et la gestion de l’erreur.
Exemple pratique : la résistance à la distraction
L’erreur à mettre en scène : se laisser distraire (tourner la tête au lieu de regarder le conducteur)

  • On va mettre le chien en position de base, il regarde son conducteur.
  • On demande à un ou plusieurs assistants de créer une distraction suffisamment élevée pour faire dévier le regard du chien
  • On va créer un inconfort lié à cette situation , lorsque le regard du chien retourne vers son maître, l’inconfort disparaît et le chien est récompensé par une friandise.
  • Le chien a fait une erreur, on lui a signalé (activation de l’inconfort), on l’a aidé à comprendre l’erreur et encouragé son envie de la corriger (arrêt de l’inconfort + récompense).
  • Après quelques répétitions, le chien va commencer à détourner le regard, se rendre compte lui-même de l’erreur, et se corriger.

Le principe de ce type d’entraînement est toujours le même :

  • on manipule l’environnement de façon à ce que le chien fasse l’erreur
  • On lui indique qu’il a fait une erreur
  • On lui donne l’opportunité de comprendre l’erreur, et de comprendre comment la corriger

Il faudra pratiquer ainsi sur plusieurs type d’erreurs. D’abord simples, puis de plus en plus complexes et variées. C’est un entraînement à part entière, aussi long que l’apprentissage d’un nouveau comportement.

Astuce:

Il est très utile de mettre en place un code sonore (voire visuel) avec son chien  pour lui signaler qu’il est en train de faire une erreur. A ne pas confondre avec le signal d’obligation d’arrêt immédiat d’un comportement qui pourrait être dangereux.

Les différents types d’erreurs

Il est important de les connaître car chacun requiert un traitement particulier, et une mise en scène différente pour le faire apparaître.

On retrouve le même classement dans toutes les études. Voici la présentation qui me semble la plus claire et la plus synthétique :

«- Erreurs dues à mauvaise compréhension des consignes car elles ne sont pas claires

– Erreurs dues à un mauvais décodage des consignes : l’erreur provient de ce que l’élève croit devoir produire

– Erreurs dues à représentation rationnelle des élèves : les obstacles surviennent lorsque nous agissons et réfléchissons avec les moyens dont nous disposons déjà. ces moyens n’étant pas nécessairement appropriés ou corrects, ils amènent à faire des erreurs.

– Erreurs liées à la nature des opérations intellectuelles. Certaines opérations ne sont pas disponibles à tout moment chez les élèves

– Erreurs provenant des démarches adoptées par les élèves. Certaines productions d’élèves sont peut-être trop rapidement étiquetées comme des erreurs alors qu’elles manifestent seulement la diversité des procédures possibles pour résoudre une question posée

– Erreurs dues à une surcharge cognitive : Ce n’est donc pas que leur « cerveau » n’est pas en mesure d’accueillir un «stock» en plus, mais qu’il doit mobiliser trop de choses et qu’il en oublie, ou qu’il oublie l’objectif

– Erreurs liées au fait que les élèves ne font pas le rapprochement entre des outils déjà utilisés dans une discipline et ceux qui sont requis pour une autre discipline : En fait, il semblerait qu’un élève aux prises avec 2 situations dans des disciplines différentes soit d’abord sensible à la similarité de leurs traits de surface. Il ne ferait pas le rapprochement entre leurs outils communs, du moins pas aussi naturellement que le pensait PIAGET.

– Erreurs résultant de la complexité propre du contenu: L’analyse de ce type d’erreur est typique du travail proprement didactique, qui consiste plus souvent qu’on ne le croit à remettre profondément en cause les contenus théoriques et pratiques de l’enseignement ainsi que les méthodes et procédures qui leur sont classiquement associées. Souvent « les voies royales » bien installées par la tradition peuvent s’avérer discutables, voire porteuses d’obstacles imprévus«

Conclusion

Vous connaissez maintenant les bases théoriques sur l’apparition et la gestion des fautes et des erreurs. Je vous ai aussi fait découvrir l’approche constructiviste qui utilise les erreurs pour faire progresser vos élèves.

Vous pouvez maintenant éteindre votre ordinateur et analyser les erreurs de vos chiens, mais aussi les vôtres!

Bibliographie

https://www.reseau-canope.fr/education-prioritaire/agir/item/ressources/lerreur-une-etape-necessaire-de-lapprentissage.html

http://webcom.upmf-grenoble.fr/sciedu/pdessus/sapea/erreur.html

http://webcom.upmf-grenoble.fr/sciedu/pdessus/sapea/erreur.html#reason93

http://edutechwiki.unige.ch/fr/Place_de_l%27erreur_dans_l%27apprentissage

https://apliut.revues.org/105

http://www.cahiers-pedagogiques.com/L-erreur-pour-apprendre

http://www.jostrans.org/issue12/art_collombat.pdf

https://iufmmontigny.files.wordpress.com/2011/03/lerreur-dans-les-apprentissages-3.pdf

http://isfecauvergne.org/IMG/pdf/Le_statut_de_l_erreur_dans_l_apprentissage.pdf

http://ac-nice.fr/lettres/index.php/graines-a-semer/139-le-statut-de-l-ereur-dans-la-classe-et-pour-les-apprentissages

 

Dominance et compétition canine

Dominance et compétition canine

Qu’est ce que la dominance

Je lis beaucoup de choses, et leur contraire sur internet. Pour une fois, je suis tombé sur une vidéo explicative très bien faite. Je vous recommande de la visualiser avant de lire la suite

Que faut il retenir de cette vidéo ?

  • La dominance est une relation entre deux individus pour l’accès  à une ressource.
  • La dominance sert à éviter les conflits et les bagarres.
  • La dominance permet de conserver la cohésion de la meute.
  • C’est une relation non violente.
  • La hiérarchie chez les loups est surtout observée en captivité.
  • Le chien est opportuniste et recherche la facilité.
  • Le chien souhaite avoir ce qui est le plus agréable pour lui.

Application au dressage pour la compétition

Voici ma façon d’exploiter cela dans mon dressage.

Je crée plus ou moins artificiellement un besoin, ou j’exploite un besoin naturel fort. C’est facile puisque nos chiens n’évoluent pas dans un milieu naturel, mais dans un environnement proche de la captivité. Contrairement à un milieu naturel ouvert de plusieurs centaines d’hectares, l’habitat de nos chiens est confiné à notre habitation ou notre jardin. Les ressources et l’accès au confort sont donc limités et facile à contrôler.

Je fais alors en sorte que l’accès a ce besoin passe par moi, je suis le pourvoyeur de confort.

Pour avoir accès à ce qu’il désire, le chien doit réaliser quelque chose en pleine conscience. C’est le principe du marker training, du shaping, de l’utilisation du clicker …..

Je suis donc le dominant de cette relation à deux , mais ce n’est pas pour autant que  le chien cherchera le conflit avec moi. C’est une relation gagnant/gagnant. Il réalise le comportement que je souhaite, et je lui procure ce dont il a le plus envie, et j’appelle ça « une récompense » (nourriture, couchage confortable, jouet, ..).

Parfois, le chien, animal opportuniste et recherchant la facilité comme on l’a vu, cherchera à avoir accès à la ressource sans réaliser au préalable le comportement. . Que faire dans cette situation:

  • je laisse faire pour ne pas « casser » la motivation, et donc le chien cherchera de plus en plus l’accès direct sans passer par la case « comportement à réaliser » ?
  • Je sanctionne fermement afin que le chien comprenne que ce n’est pas une solution acceptable, et qu’il faut absolument réaliser le comportement pour ouvrir l’accès à la récompense ?

C’est là que toute la subtilité du dresseur se révèle, car il n’y a pas de réponse juste ou fausse. Parfois il faut laisser faire, et parfois il faut rappeler à l’ordre, en fonction des circonstances, du but à atteindre, de la stratégie.

Le dresseur est il un dominant ?

Vous comprenez maintenant que oui, le dresseur est un dominant, et que le chien est maintenu en position de demandeur perpétuel. Mais que cette relation de dominance ne passe absolument pas par la force ou la violence, et que les deux parties y trouvent leur compte. De plus, la relation et la communication étant claire et cohérente pour le chien, il n’y a pas de conflit ou de mauvaise frustration.

Vous pouvez maintenant éteindre votre ordinateur et aller distribuer des « ressources » à votre chien!

 

 

 

Récompense et punition : le jeu du chaud et froid

Récompense et punition : le jeu du chaud et froid

Pourquoi faire ?

Dans un article précédent, je vous avais proposé d’imaginer comment agissaient la récompense et la punition. Je vous propose ici de le vivre, comme le vivent nos chiens pendant nos séances d’entraînement. C’est un jeu simple, à réaliser en famille ou entre amis. C’est une excellente animation pour vos clubs canin, mais aussi pour animer des journées canines dans les écoles.

Objectif du jeu

Avec ce jeu, vous allez découvrir comment faire réaliser un comportement complexe à quelqu’un en utilisant seulement 1, puis 2 mots seulement: chaud et froid. C’est un exercice qui n’est pas toujours évident, car faire une phrase pour expliquer ce qu’il faut faire nous semble tellement plus évident ! Malheureusement avec nos chiens, faire des phrases ne sert à rien, il faut revenir à des choses beaucoup plus simple. En jouant au jeu du chaud et froid, vous allez voir que certains ne peuvent pas s’empêcher de parler lorsque l’élève ne comprends pas les indications données avec seulement 1 mot. C’est effectivement très frustrant de ne pas arriver à se faire comprendre, mais c’est le problème le plus fréquent rencontré entre maître et chien, cause de bien des frustrations, et parfois d’abandon.

Préparation du terrain

Je prendrai le cas le plus classique du jeu réalisé dans le cadre d’un club canin. Ce n’est évidement qu’un exemple à adapter en fonction du matériel disponible (un bon dresseur doit s’adapter en permanence à la situation qu’il a en face de lui!).

Il vous faut:

  • un terrain parfaitement délimité, 10 m x 10 m par exemple. On l’appellera « la piscine »
  • 2 chaises
  • 2 ou 3  cônes de couleurs différentes
  • 2 ou 3 piquets
  • 1 ou 2 foulards
  • 1 ballon

Vous répartissez de façon aléatoire tous ces objets sur le terrain, en essayant d’occuper tous l’espace. Évitez de mettre côte à côte 2 objets identiques afin de simplifier un peu le jeu. Si vous jouez avec de jeunes enfants, je vous recommande de réduire la taille de la piscine, ainsi que le nombre d’objets.

Début du jeu

On commence par réunir tous les participants, et choisir celui qui jouera le rôle de l’élève.

L’élève doit alors s’éloigner afin de ne pas entendre , ni voir l’étape suivante qui consiste pour le groupe à choisir le comportement qu’on va devoir lui faire réaliser.

Exemples de comportements:

  • prendre le foulard rouge et aller s’asseoir sur la chaise de gauche
  • faire le tour du cône rouge, prendre le ballon, et aller le poser sous la chaise de droite
  • faire le tour du piquet de gauche, prendre le foulard, se le mettre autour du cou, faire le tour du cône, prendre le ballon, faire 3 fois le tour de la chaise de droite, s’asseoir sur la chaise de gauche et tenir le ballon au dessus de sa tête

On commencera le jeu par des comportements simples, puis au fur et à mesure que les participants prennent de l’expérience, on demandera des comportements de plus en plus complexes (tout comme avec nos chiens ..)

Il ne reste plus qu’à choisir qui fera le moniteur pour ce tour de jeu, et on peut rappeler l’élève, et le faire sauter dans la piscine. A partir de ce moment-là, plus personne ne parle, excepté le moniteur au vocabulaire réduit ! La seule chose que l’on doit entendre, ce sont les consignes données par le moniteur,  et les éclats de rires des spectateurs !

Le jeu du chaud

chaud
chaud

Dans ce jeu, on va travailler sur la notion de récompense pour renforcer un comportement. Le moniteur devra prononcer le mot « chaud » lorsque l’élève ébauche un mouvement dans la direction choisie  pendant la préparation. Si l’élève part dans la mauvaise direction, on ne dit rien (on ne trépigne pas d’impatience non plus !). Il faut rester le plus neutre possible. C’est un travail de « façonnage » du comportement par petits progrès successifs. Si vous vous trompez en disant « chaud » au mauvais moment, ce n’est pas trop grave, mais vous allez un peu désorienter votre élève.

Patience, rigueur, observation, sont les qualités indispensables pour le dresseur.

Joie, dynamisme, optimisme, sont les qualités indispensables pour l’élève. Si vous tombez sur un élève peu dynamique, il risque de simplement se planter au milieu du terrain et attendre (si vous êtes vous-même élève, essayez donc de rester sans bouger, vous verrez la réaction du moniteur !)

Le jeu du froid

froid
froid

Dans ce jeu, on ne va travailler que sur la notion de punition, c’est à dire quelque chose destiné à faire disparaître un comportement. Mais comment faire réaliser un comportement avec un système destiné justement à les faire disparaître ? Contrairement à ce que proclame beaucoup de dresseurs qui communiquent beaucoup mais côtoient peu de chiens, c’est tout à fait possible, et absolument pas traumatisant pour l’élève. Sinon, je ne vous proposerai pas de le faire avec des enfants !

Le moniteur devra prononcer le mot « froid » lorsque l’élève part dans la mauvaise direction, ou bien reste immobile. C’est aussi une méthode pour façonner un nouveau comportement. Attention, car si vous prononcez le mot « froid » alors que l’élève est dans la bonne direction, vous allez devoir bien ramer pour rattraper le coup et le convaincre que finalement c’était bien ça. Vous risquez de le décourager rapidement s’il ne vous considère pas comme quelqu’un fiable et de confiance. La rigueur est la qualité indispensable pour le moniteur.

Le jeu de chaud et froid

chaud froid

Cette fois ci, le moniteur est autorisé a utiliser les deux possibilités , c’est à dire:

  • « chaud » quand l’élève est dans la bonne direction
  • « froid » quand l’élève est dans la mauvaise direction

Il faut rester concentré, car c’est beaucoup plus rapide qu’avec l’utilisation d’un seul mot.

Conclusion

C’est à vous de la faire après avoir joué à ce jeu avec de nombreuses personnes différentes, et en ayant joué vous-même le rôle de l’élève et du moniteur (les deux sont très intéressants).

Si vous avez déjà lu les articles de ce blog, vous devez certainement déjà en avoir une petite idée, mais rien ne vaut la pratique, et le vivre soi même.

Vous pouvez maintenant, quitter votre ordinateur, appeler vos amis et organiser une partie de « chaud et froid ».

 

 

Récompense et punition: suivez le chemin!

Récompense et punition: suivez le chemin!

Pourquoi faire ?

Parce que j’en ai marre des extrémistes d’un camp ou de l’autre , soit que ne jurent que par l’absence de punition, soient ceux qui punissent n’importe comment et à tout va.

L’utilisation de la récompense et de la punition simultanément n’est pas tabou, et offre même des avantages, il faut être pragmatique, et surtout savoir de quoi on parle pour pouvoir le mettre en oeuvre.

Si vous lisez ce blog depuis quelques temps, vous savez que lorsque je parle de punition, c’est strictement dans le sens du conditionnement opérant, c’est à dire quelque chose qui fait appel à la réflexion, et en aucun cas quelque chose qui fait appel à la douleur. Il s’agit généralement d’un simple signal vocal que le chien connaît comme étant une indication qu’il est dans l’erreur, mais cela peut aussi être un collier électronique en mode vibreur ou très basse intensité si on veut plus de précision.

Mise en situation

Imaginez vous dans un endroit complètement obscur, dans lequel vous ne voyez absolument rien. Et vous devez trouver un interrupteur quelque part qui vous permettra d’avoir de la lumière.

Sans aucune indication, vous risquez de tourner en rond pendant longtemps!

Pour vous aider, quelqu’un a matérialisé un chemin pour vous guider vers l’interrupteur.

La récompense

Comme vous n’y voyez rien, le chemin est matérialisé par de petites billes noires, que vous devez trouver en tâtonnant. Imaginez votre bonheur lorsque vous trouvez une bille qui vous confirme que vous êtes dans la bonne direction! Vous allez explorer frénétiquement pour trouver la bille suivante.

Celui qui a disposé les billes doit y avoir mûrement réfléchi.

Si elles sont trop éloignées, vous allez vous décourager rapidement.

Si elles sont trop proche, vous n’explorez plus, vous suivez bêtement le chemin et ne mémorisez pas le trajet pour la prochaine fois.

La punition

Imaginez maintenant que pour matérialiser le chemin, on ai fait en sorte que ses accotements soient un sol très mou, dans lequel il est très difficile de marcher.

Vous allez avancer prudemment, en tâtant le terrain. Votre stratégie sera  de progresser lentement , pas à pas, et chaque fois que votre pied rencontre un sol instable, vous allez changer de direction.

Vous progressez certes lentement, mais sûrement, canalisé entre les 2 accotements.

Idem que pour la récompense, si les accotements sont trop rapprochés, vous ne mémorisez pas grand chose (vous êtes guidé sur des rails), et si ils sont trop éloignés, vous perdez du temps à aller d’un coté à l’autre, avec le risque de complètement vous perdre.

Récompense et punition

Vous l’aurez compris, vous avez à la fois les billes au centre du chemin, et les accotements instables de chaque coté.

Votre stratégie sera toujours d’essayer de rester au centre du chemin pour trouver les billes rapidement, mais vous perdez moins de temps car si vous faites fausse route, l’accotement instable vous ramène vers le centre.

Vous avancerez moins frénétiquement qu’avec les récompenses seules, mais vous perdrez globalement moins de temps à explorer des territoires inutiles, et au final arriverez rapidement au but.

Conclusion

Je vous laisse la deviner par vous même, mais elle me semble assez évidente!

 

 

 

Récompense: le mode drive

Récompense : le mode drive

Je vous ai parlé dans ce post de deux façons de distribuer la récompense :

  1. le mode restaurant
  2. le mode self-service

Mais la vie moderne nous offre un troisième mode : le drive.

En quoi cela consiste-t-il ?

Tout d’abord, vous arrivez avec votre véhicule près d’une borne. Vous devez alors hurler votre commande pour vous faire entendre.  Comme la communication est mauvaise, cela crée de la frustration, et vous hurlez encore plus fort.

Puis, vous avancez jusqu’à la position suivante. Vous êtes alors récompensé par quelqu’un qui vous jette un sac de nourriture par la fenêtre.

Parfois, la fenêtre ne s’ouvre pas, et vous voyez la personne de l’autre coté de la vitre discuter avec sa collègue, ou en grande conversation téléphonique. Le frustration accumulée depuis l’arrêt à la première borne atteint alors son maximum, et vous hurlez pour que la fenêtre s’ouvre, et qu’on vous jette votre récompense.

Voici ce que cela donne en version canine.

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