Le faux marquage en pistage

Le faux marquage en pistage

Pourquoi cet article

Lors d’une piste d’entraînement, Jessy a fait un faux marquage. C’est-à-dire qu’elle s’est couchée à un emplacement où le traceur n’avait pas laissé tomber un objet lui appartenant. Comment réagir dans ce cas là ?

La méthode qu’on m’a enseignée

Tu arrives au chien, tu constates qu’il n’y a pas d’objet, et tu l’engueules.
Conséquence : le chien comprends que tu arrives à sa hauteur, et il se fait engueuler alors qu’il est bien couché comme tu lui as appris … Il ne comprend pas la cause réelle de la sanction, et suivant son caractère , se rebiffe ou stresse. Et au prochain objet, soit il stresse et marque mal (trop lent, de travers ..), soit il ne se couche pas du tout (voire il contourne l’objet pour l’éviter), soit il se relève à l’arrivée du conducteur (peur de l’engueulade).

L’erreur de cette méthode, vu du conditionnement opérant

Il n’y a pas contingence entre l’action et sa conséquence. Il s’écoule beaucoup trop de temps entre le couché sans objet (comportement à faire disparaître) et la réprimande. Le chien ne fait pas le lien entre les deux , stresse , etc
Il n’a rien appris , à part que son maître est un être inconstant qui parfois félicite et parfois réprimande un couché sur la piste.

Et comme cela se passe au niveau émotionnel, le chien s’en rappellera longtemps.

Ce qu’on aurait dû m’apprendre

Il faut sanctionner le chien au moment où il se couche. Mais pour ça :

  • ll faut réagir dans la ½ sec et donc être préparer à réagir. C’est rarement le cas lorsque le chien fait ça pour la première fois.
  • Être absolument certain que le traceur n’a rien laissé tomber à cet endroit, même involontairement (impossible à garantir, mon chien a déjà trouvé le briquet qui était tombé de la poche du traceur)
    Méthode trop risquée pour moi.

Ce que j’ai fait

Je suis arrivé à la hauteur de Jessy, j’ai très ostensiblement cherché l’objet fantôme (je savais pertinemment qu’aucun objet n’avait été laissé volontairement à cet endroit, mais sait-on jamais), j’ai exagéré ma déception de ne rien trouver (tout comme j’exagère toujours ma joie lorsque l’objet est présent). Bref, j’ai fait appel à sa réflexion. Jessy n’a pas été marqué émotionnellement, mais elle a appris que pas d’objet est synonyme de … rien !  Et tous les autres objets ont été marqués parfaitement …

Conclusion :

La maîtrise des principes du conditionnement opérant permet de se maîtriser et de ne pas céder à sa première réaction. Quand on n’est pas un dresseur instinctif, il faut faire appel à la réflexion et à l’analyse. À force de travailler dans ce sens, de multiplier les expériences, on acquiert des automatismes et on devient un meilleur dresseur…

Vous pouvez maintenant éteindre votre ordinateur et aller tracer une piste …

 

 

Autocontrole à la mode tchèque

Autocontrole à la mode tchèque

Observez comment cette personne travaille l’autocontrole sur son chiot. La chiot à la friandise devant son nez, il la respecte. Il effectue la ensuite l’action demandée, et dans la 1/2 seconde qui suit, il reçoit la friandise.

Ensuite la personne prends tranquillement une autre friandise dans son autre main pour réarmer le mécanisme. Et à aucun moment le chiot n’essaie d’attraper la friandise. Alors que vous remarquerez qu’il se jette goulûment dessus lorsqu’on lui en donne l’autorisation.

Par contre, j’aime beaucoup moins la marche au pied avec le leurre, certes très actif.

 

Les degrés de contrôle

Les degrés de contrôle

Pourquoi cet article

J’ai assisté récemment à un entraînement regroupant des conducteurs expérimentés. La différence d’approche dans leur dressage était flagrante.
Au delà des techniques utilisées, c’est l’idée même que le conducteur se fait du dressage du chien qui est différente. Ces approches peuvent être classées en deux catégories.

Contrôle au premier degré

Le maître commande, le chien obéit. C’est simple. Le chien n’a aucune initiative, aucune réflexion. Il reproduit de façon stéréotypée un comportement appris.
Cela n’implique pas forcément l’utilisation de la punition, cela peut être obtenu avec des récompenses (ce qu’on appelle par abus de langage l’éducation positive).

Contrôle au second degré

Le conducteur donne une indication, et le chien déclenche un comportement. Le chien connaît le comportement à exécuter, mais va utiliser sa réflexion pour s’adapter à son environnement et atteindre l’objectif indiqué. Il s’approprie l’action et est autonome dans la façon de réaliser l’objectif.
Encore une fois, cela est indépendant du fait d’utiliser des récompenses ou des punitions.

Conclusion :

À vous de choisir votre approche. Ne vous imaginez pas que l’une est plus facile que l’autre, les deux demandent travail et réflexion.
Vous ne me ferez pas dire qu’une méthode est meilleure que l’autre pour faire des points en concours, je n’en sais rien. La meilleure méthode est de toute façon celle qu’on maîtrise.
Personnellement, je regarde quelle approche est utilisée par ceux qui gagnent au niveau international, je sais comment je veux considérer mon chien, et j’ai fait mon choix. Et surtout, je m’y tiens, et j’aplatis les difficultés une à une au fur et à mesure que j’avance.

Mais ne mixez pas les deux approches, votre chien ne comprendrait pas et serait déstabilisé, et inutilement stressé. Et cela s’applique aussi bien au quotidien que sur le terrain d’entraînement.