Dopamine et punition

Dopamine et punition

Nous avons vu dans l’article précédent que la dopamine était le neuro transmetteur qui poussait les êtres vivants à se bouger pour obtenir une récompense, et que dans le principe du chien actif (conditionnement opérant) cela était fondamental.

Nous allons voir dans cet article que la dopamine est aussi impliquée dans à la réponse à un stimulus aversif. On peut considérer cela comme une généralisation du concept de motivation.

Rappel de vocabulaire :

NAc shell : c’est la zone du cerveau associée à la sensation de plaisir, c’est elle qui estime la valeur de la récompense
Nac core : c’est la zone du cerveau qui réagit au taux de dopamine et déclenche le mouvement vers la récompense

La punition, source de plaisir ?

Des chercheurs ont démontrés qu’il y a aussi  une libération de dopamine lors de stimuli aversif (voir §1.2.3 de l’article en référence). Cette augmentation du taux de dopamine est aussi constatée dans le cas de situations stressantes. Mais les neurones réagissent curieusement à cette augmentation du taux de dopamine.
Le NAc core, responsable de la mise en mouvement, n’est pas activé, alors que le NA shell, responsable du plaisir, l’est. Il y a donc une réaction différente des neurones du NAc core selon que cette dopamine est d’origine agréable ou désagréable. Malheureusement, cet aspect est bien moins étudié que la relation de la dopamine et de la récompense.

Rôle de la dopamine dans l’apprentissage par évitement

Dans l’apprentissage par évitement, il y a mise un mouvement pour réduire l’inconfort. Bien que la libération de dopamine est bien été démontrée dans ce type d’apprentissage, et sachant qu’elle n’est pas prise en compte par le NAc core (responsable du mouvement), qu’est ce qui fait qu’on va se bouger pour éviter l’inconfort? La question semble toujours ouverte.
Dans une expérience, le taux de dopamine a été réduit artificiellement chez des rats, ce qui a conduit a une réduction d’évitement de l’inconfort. Et parallèlement, cette réduction artificielle de dopamine a aussi provoqué une réduction de l’appétit.
D’autres expériences ont montré qu’en réduisant artificiellement ce taux de dopamine, les rats se mettaient à oublier des comportements appris (appuyer toute les 5 secondes sur un levier pour éviter les décharges électriques sous les pattes). Lorsque de la dopamine était à nouveau injectée aux rats, ils retrouvaient leur capacité d’éviter les chocs en appuyant sur le levier.
Les auteurs citent d’autres expériences qui  ont confirmé que la dopamine joue un rôle dans l’apprentissage par évitement. En 2010, date de cette étude, on n’en savait pas plus sur ce sujet.

Conclusion

Ce qu’il faut retenir : en cas de stimulus aversif, le cerveau crée de la dopamine, mais son action sur la motricité est inhibée.

En dressage canin, si vous voulez obtenir de la vitesse et du plaisir, ce ne sera pas la bonne approche. Il vaut mieux s’en tenir à la récompense de forte valeur comme vu précédemment.

Et si on cumule stimulus aversif et appétant ? C’est l’objet du prochain article.

Référence

http://edoc.bibliothek.unihalle.de/servlets/MCRFileNodeServlet/HALCoRe_derivate_00004321/Dissertation_Anton_fina__copy_for_the_library.pdf

CC BY-NC-ND 4.0 Dopamine et punition par Didier ESCALLIER est sous Licence Creative Commons Internationale Attribution-Pas d'utilisation Commerciale-Pas de Modification 4.0 .

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *