dénigrement

Le dénigrement

 

Depuis des années que je traîne sur internet, je tombe régulièrement sur des personnes qui dénigrent certains outils, certaines méthodes, souvent avec virulence. Et cela quel que soit le sujet, ça peut être l’utilisation du collier à pointes comme du clicker. Et ce n’est pas réservé au monde canin. Ces personnes, souvent sous couvert de l’anonymat, inonde la toile de leurs propos négatifs. Je me suis amusé à classer leurs motivations en 5 familles, qui peuvent bien évidement se cumuler:

J’ai jamais testé, mais j’ai lu (ou on m’a dit)  que c’était pas bien

Ils sont légions ceux-là, qui rapportent des propos glanés à droite et à gauche, et se font leurs propres opinions sur du virtuel. Ils n’y connaissent rien, mais qu’est-ce qu’ils en parlent ! Et souvent avec de bons talents d’orateurs, et ils entraînent d’autres gogos dans leurs sillages.

J’utilise d’autres outils qui me conviennent

Ces personnes maîtrisent des outils, des techniques,  qui donnent des résultats qui leur conviennent. Elles voient les autres méthodes comme des effets de modes, et au mieux ne s’y intéressent pas, au pire en dise du mal (ce qu’on ne connaît pas fait peur). Ce n’est que le jour où elles se rendent comptent qu’elles sont dans une impasse avec ce qu’elles connaissent, qu’elles prennent conscience que les autres façons de faire donnent des résultats souvent meilleurs que les leurs. Et lorsqu’elles s’y intéressent de près, elles en tirent généralement d’excellents résultats. Comme on dit souvent, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis.

J’ai testé, et ça ne fonctionne pas

Vous l’aurez compris, ces personnes n’ont pas pris le temps de comprendre comment ça marche, ne se sont pas fait expliquer le fonctionnement de l’outil ou de la méthode par quelqu’un qui maîtrise le sujet. Elles sont déçues et déversent leur frustration sur le net.

J’ai vu une vidéo et le chien avait l’air de souffrir

Les dégâts des sites de vidéos… On y trouve le meilleur comme le pire. Et effectivement, on y trouve des outils mal utilisés, et des chiens mis en détresse (méthodes incohérentes, dresseur brouillon qui ne fait que stresser le chien, ..). Les cons osent tous, c’est même à ça qu’on les reconnaît.

Je vends une méthode différente qui fonctionne, toutes les autres c’est de la  m….

Quand l’intérêt financier est en jeu, certains sont prêts à faire n’importe quoi pour écraser l’autre et prendre ses parts de marché. L’arrivée d’une nouvelle méthode est considérée comme une véritable agression, qui déclenche des réactions au niveau du cerveau reptilien …Et réciproquement, ceux qui tentent de vendre une nouvelle méthode vont répandre les pires insanités  sur l’existant, histoire de faire parler d’eux.

Il ne tient qu’à vous d’exercer votre esprit critique et de laisser de coté ce genre de propos.

 

 

Utilisation des 3 cerveaux du chien et de son maitre

Utilisation des 3 cerveaux du chien et de son maître

Les trois cerveaux

Le chien à 3 cerveaux, et son maître aussi.

Pour ceux que cette affirmation laisse perplexe,

tout est expliqué dans: les trois cerveaux du chien

Comment cela se traduit il dans notre communication avec notre chien ?

Comment utiliser cela efficacement ?

Voici ma façon de voir les choses.

Chez le chien

Le mode survie

Utilise le cerveau reptilien.

Dans ce mode, le chien ne réfléchi pas, ne tire aucune conséquence de ses actes, il agit instinctivement pour sauver sa peau, soit en fuyant, soit en attaquant. Lorsque le chien est en mode agression, certains appellent cela « la zone rouge ». Dans ce mode, le chien n’est plus réceptif à aucun stimulus extérieur. Inutile d’agiter une balle sous son nez pour détourner son attention, l’information n’atteindra même pas son cerveau.

Ce mode n’a aucun intérêt en éducation ou en dressage. Aucun humain ne devrait mettre un chien dans ce mode, quelle qu’en soit la raison.

Le mode émotion

Utilise le cerveau limbique.

Dans ce mode, le chien n’est pas vraiment en état de réfléchir. Il réagi instinctivement à des stimuli qui viennent solliciter ses instincts primaires.

C’est typiquement ce que nous utilisons dans le conditionnement Pavlovien. Il est toujours dans ce cas associé à un contexte, et à un un stimulus inconditionnel (agréable comme une bonne nourriture, ou désagréable comme une légère douleur). Le conditionnement Pavlovien permet de l’associer à un stimulus inconditionnel, tel qu’un objet ou un son.

Il est délicat à utiliser. Il faut doser le stimulus en fonction du chien. Si le stimulus est trop faible, il ne sert à rien, et si il est trop fort, on risque de passer en mode survie.

Exemple d’utilisation avec un stimulus aversif: le chien qui « fait la poubelle », au risque de se blesser avec un emballage. On lui tend un piège, on fait une mise en scène. Lorsqu’il a la tête dans la poubelle, on fait en sorte que l’environnement de la poubelle lui fasse une grosse frayeur (bruit soudain de casseroles qui tombent à coté de lui, chute de bouteilles en plastique sur son dos, …. ). Il va ainsi associer la poubelle à quelque chose d’émotionellement désagréable, et ne s’en approchera plus. Vous comprenez que le dosage du stimuli aversif est extrêmement important. Trop faible, il va habituer le chien à faire la poubelle même en présence de bruit, trop fort, le chien n’osera même plus rentrer dans la cuisine.

Mais on pourra aussi se servir d’un état émotionnel agréable pour obtenir de l’intensité dans un exercice. Par exemple pour un chien passionné par son jouet au point de se mettre à trembler en le voyant, on s’en servira pour obtenir des rappel rapides et fiables. Le conditionnement Pavlovien permettra d’associer l’émotion d’avoir le jouet (stimulus inconditionnel) au signal de rappel (stimulus conditionnel).

L’utilisation des émotions est un outil puissant, à manier avec précaution, surtout avec un chiot ou un jeune chien.

Le mode réflexion

Utilise le néocortex.

C’est ce qu’on utilise en conditionnement opérant (mon préféré!). On fait réfléchir le chien aux conséquences de ses actes.

Il faut bien doser l’intensité des stimuli afin de ne pas passer en mode émotionnel. Par exemple, certains chiens se figent en voyant une balle tellement elle est chargée d’instinct de prédation. On ne l’utilisera donc pas dans ce mode d’apprentissage. On restera sur des stimuli moins « émotifs », tels que la nourriture (attention, certains chiens qu’on appellent vulgairement « gamelards » passent en mode « émotion » dés qu’ils voient de la nourriture!). Il faut bien connaître la valeur de nos stimuli vis à vis de notre chien afin d’utiliser au mieux ce mode d’apprentissage.

En revanche, après quelques exercices en mode « réflexion « , j’utilise toujours une méga récompense, le « jackpot », à la fois pour marquer émotionnellement une réussite, et aussi pour laisser une pause au néocortex. Le temps de concentration d’un chien est limité, surtout chez un chiot. Il faut lui conserver le plaisir de nos séances d’apprentissage.

Comme expliqué dans le lien  cité en début de cet article, le neocortex n’est pas particulièrement développé chez le chien. C’est pourquoi il faut absolument travailler ce développement chez les chiots. L’utilisation de jeux d’éveils, l’apprentissage de quelques tours simples (toucher la main de son maître) permettent ce développement.

Chez le maître

Le mode survie

Je ne connais qu’un cas ou un humain peut passer efficacement dans ce mode en présence d’un chien: lorsqu’on se balade tranquillement, et que subitement un chien sorti de nulle part (ou d’une cour de ferme) vous fonce dessus, toutes dents dehors. Dans ces cas là, je passe en mode « combat », et je lui fonce dessus en l’agressant. L’environnement étant ouvert, le chien fuit la queue entre les jambes. Dans cette situation, il ne faut pas « faire semblant », car le chien le sent très bien. Il faut vraiment que le chien vous sentent près à défendre chèrement votre peau et prenne peur.

Attention je ne parle pas de cas de séance de traitement d’agressivité sur un chien (ou tout doit rester parfaitement sous contrôle), ni du  cas de chien de protection de troupeau (il fait son boulot, faites un détour pour vous écarter de son troupeau).

Le mode émotion

Ce mode là n’a rien à faire lors d’une séance de dressage ou d’éducation.

On le  réservera au parties de câlins et de léchouilles avec son copain canin, en dehors des séances d’apprentissage.

Le mode réflexion

C’est le seul mode dans lequel il faut être pendant un entraînement ou une séance d’éducation. On observe son chien, on analyse, et on adapte en permanence l’entraînement. Et comme il faut quand même réagir vite aux réactions du chien, on aura au préalable préparé sa séance pour ne pas se trouver pris au dépourvu en cas de réaction inattendue.

renforcements positifs et négatifs combinés

Pourquoi cet article

J’utilise au cours de mes entraînements  le renforcement positif (nourriture, jeu) principalement, mais j’ajoute dans certains cas un désagrément, un inconfort, en tant que renforcement négatif, appliqué lorsque le chien n’exécute pas (lorsqu’il commence à exécuter, le désagrément disparaît). Notez bien que je ne parle pas de punition, destinée à faire disparaître un comportement, mais bien de renforcement négatif (l’apparition du comportement souhaité entraîne la fin du désagrément, comme lorsque vous bouclez votre ceinture de sécurité et que le bip strident s’arrête)
Mais cela est-il judicieux ? La désagrément ne va-t-il pas polluer l’effet de la récompense ? Les études scientifiques sur le sujet sont rares.
Mais en cherchant bien, je suis tombé sur une thèse récente (2007) qui traite justement de ce sujet, qui plus est pour l’éducation de chiens (voir référence en fin d’article).
Voici mon analyse de cette étude.

Les conditions expérimentales

Les expériences ont été menée avec un caniche nain, qui avait 6 ans au début des expériences, et 9 à la fin.
Les expériences se déroulent dans une salle, type salle de classe dont on aurait enlevé les tables et les chaises, avec un sol quadrillé afin de suivre le déplacement du chien. Les séances ont été filmées, mais je n’ai malheureusement pas pu voir le moindre bout de ces vidéos (si vous les trouvez sur internet, passez-moi le lien !).
Au cours des séances, sont notés les déplacements du chien, mais aussi la position de la queue, les aboiements, grognements, pleurnichements (afin d’en déduire son état émotionnel).
Les actions demandées au chien sont de trois types en fonction des expériences :

– Revenir vers le maître
– Aller toucher une cible
– Se rendre dans un coin de la pièce

Renforcement

Positif : clicker + récompense alimentaire, classique
Négatif : tractions sur la laisse qui tirent le chien à l’endroit désiré (« leash tug that pulled the dog to the correct location »)

Déjà, là, ça part mal. Ce n’est pas du tout un renforcement négatif. Où est le libre arbitre du chien, sa décision pour faire cesser l’inconfort, base du conditionnement opérant ? Que comprend il de cette traction sur la laisse ? quelle conclusion va-t-il en tirer ?

Conclusions :

Bien que les conditions de tests soient biaisées (renforcement négatif qui n’en est pas un), les conclusions sont quand même intéressantes, à conditions d’être remises dans ce contexte de renforcement négatif raté. Contrairement à l’auteur, je n’emploierais d’ailleurs plus le terme de renforcement négatif, mais celui de contrainte, qui me semble plus approprié.

1. L’utilisation combinée de la contrainte et du renforcement positif annule complètement l’effet du renforcement positif. Le chien se comporte exactement comme lorsque la contrainte seule est utilisée (comportement hésitant, faible vitesse d’exécution, forte réaction à un changement d’environnement, perte rapide du conditionnement)

2. La contrainte modifie l’état émotionnel du chien (queue basse, chouinement), et va le «marquer émotionnellement», en dehors de toute réflexion. On est davantage sur du conditionnement Pavlovien comme sur de l’opérant.

3. Cet état va être associé à l’équipement utilisé (la laisse), qui va devenir un objet aversif en lui-même. L’auteur remarque toutefois que quelques semaines après l’arrêt des expériences, la laisse retrouve son attrait originel (laisse = plaisir de la sortie au parc).

4. Le signal acoustique utilisé pour initier le comportement devient lui aussi chargé émotionnellement, et va devenir ambigu. Le chien n’arrive pas à comprendre la conséquence de son acte (récompense ou contrainte ?). il va devenir hésitant, lent, pas fiable dans son exécution. Je développe cette idée dans le chapitre suivant.

Bref, cet article m’a déçu, car une fois de plus, l’auteur confond renforcement négatif avec contrainte et punition.

Mais j’en tire tout de même quelque chose, c’est l’aspect émotionnel et Pavlovien lié à la contrainte qui est confirmé. On le réservera à l’utilisation dans le cas d’une punition pour faire disparaître un comportement inacceptable ou dangereux, tel que courir après une voiture, en tant que traitement d’urgence pour sauvegarder l’intégrité physique du chien à court terme. L’associer à du renforcement positif ne présente aucun intérêt.
Mais en aucun cas on l’utilisera en apprentissage ou en éducation.

Empoisonnement du signal

Je voudrais revenir sur un point abordé dans cet article : la notion d’empoisonnement du signal, tel que décrit initialement par Karen PRIOR, et sur lequel l’auteur de cette étude revient à plusieurs reprise.

Je vais commencer par un exemple simple.

Vous avez un ami, qui vous appelle régulièrement au téléphone, et avec qui vous avez plaisir à converser. Si bien que dés que vous voyez son numéro s’afficher sur votre téléphone, cela vous met en joie. Vous vous dépêchez de décrocher.

Mais un jour, cet ami se met à changer complètement de comportement. Certaines de ses conversations téléphoniques restent très agréables, mais d’autres deviennent  très désagréables, il se met parfois à  à vous insulter , vous crier dessus. Et vous n’arrivez pas à comprendre ce qui fait que parfois il est agréable, et d’autres fois désagréable. Dorénavant, lorsque vous verrez son numéro s’afficher sur votre téléphone, vous hésiterez à décrocher, vous tarderez à prendre le téléphone, ne sachant pas à quoi vous attendre.

Transposez cela à votre attitude envers votre chien.

Pendant des semaines, vous lui avez appris à se coucher, et vous le récompensez chaque fois qu’il exécute cette position Il sera heureux de se coucher dés qu’il entendra votre signal  demandant cette position.

Et puis un jour, vous décrétez que son couché n’est pas assez rapide, et qu’il faut accélérer tout ça. Vous commencez à le réprimander s’il se couche trop lentement, et à le récompenser si par hasard il se couche suffisamment vite selon vos critères du moment. Votre chien va être complètement perdu, va vous trouver incohérent, et va se coucher de plus en plus lentement, voire pas du tout. Votre signal ne sera plus  associé à quelque chose d’agréable, mais à quelque chose de très confus. Vous l’aurez empoisonné.

Référence

THE EFFECTS OF COMBINING POSITIVE AND NEGATIVE REINFORCEMENT DURING TRAINING
http://reachingtheanimalmind.com/pdfs/ch_09/ch_09_pdf_05.pdf

Brevet Obéissance

Brevet d’obéissance

Bien que ce soit trop tôt dans sa progression, j’ai présenté Jessy au concours d’obéissance du club.

Et je ne le regrette pas. Cela nous a permis de nous connaître en situation concours, forcément très différente de l’entraînement. J’ai surtout testé comment la gérer entre les exercices, et avant de rentrer sur le terrain. La vidéo m’a fait exploser à la figure tout ce que j’ai négligé et mis de coté  jusqu’à présent. Il me reste quelques semaines pour rectifier tout ça avant son certificat de RCI.

Jessy est vraiment mignonne et appliquée. Je kiffe vraiment cette chienne.

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