Le principe de Premack

Vous avez dit Premack ?

C’est quoi Premack ? On devrait plutôt dire : c’est qui Premack ?
David Premack est un scientifique, professeur émérite de l’université de Pennsylvanie. Il a travaillé sur des chimpanzés, et des rats. Le principe qu’il a mis en évidence est le suivant:

Le Principe de Premack (Premack 1965) stipule que, dans une situation où il est possible de faire I’une ou I’autre de deux réponses ou activités à un temps donné, celle dont I’apparition est la plus probable pourra renforcer, donc augmenter, I’autre réponse moins probable, mais non l’inverse

quelques points importants sont à souligner:

– il  est question d’activités, et non de récompenses données par le maître (nourriture, balle, ..)

– il est question de probabilité d’apparition, pas d’activité préférée, ou détestée, bien que ce soit un peu lié. On met le chien face à 2 comportements, et on compte combien de fois il réalise chacun d’eux. Attention de ne pas avoir d’à priori sur le comportement de son chien !

Cela vous parait compliqué ? Mais en fait, toutes les mamans du monde l’utilisent avec leurs enfants :

« mange ta soupe et tu pourras manger le gâteau »

On retrouve bien là la notion d’activités (manger), et de probabilité d’apparition ; posez un gâteau et une assiette de soupe devant l’enfant, et comptez combien de fois il mange le gâteau, et combien de fois il mange la soupe. Le comportement le moins probable (manger la soupe) sera renforcé s’il « ouvre » vers un comportement plus probable (manger le gâteau)

Application pour renforcer un comportement

Il faut avant tout identifier les 2 comportements :

– le moins probable, c’est à dire celui que l’on veut renforcer (par exemple, rester coucher sans bouger), comportement A

– le plus probable (par exemple aller nager dans l’eau fraîche par une chaude journée d’été), comportement B

Pour que le renforcement fonctionne, il faut respecter quelques règles :

– le chien doit parfaitement connaître les 2 comportements (ce n’est pas une méthode d’apprentissage, mais de renforcement)

– Le chien doit être conscient du lien entre les 2 activités, c’est à dire qu’il a été éduqué en ouvrant son esprit, en le rendant responsable de ses actes (conditionnement opérant), il est capable de faire le lien entre 2 activités. Et cela implique aussi que les 2 comportements doivent être très proche dans le temps pour que l’association se fasse.

– le chien doit sortir gagnant (comme toujours). C’est à dire que ça ne doit pas être « si je ne fais pas le comportement A, je perds le B« , mais bien « si je fais le A, je gagne le B« . C’est pour cela que le chien doit bien connaître les comportements A et B. On ne doit pas « batailler  » pour obtenir le comportement A.

Après toutes ces explications, la mise en oeuvre doit vous paraître évidente:

– on fait coucher le chien en plein soleil prés d’une rivière bien fraîche

– on attend un peu

– on libère le chien qui se jette à l’eau

On prendra évidement toutes les précautions pour ne pas rendre le chien malade!

nota: vous pouvez appliquer ce principe à vous même : je fini cette activité peu valorisante, et après je rejoins mes potes au bowling. Si vous faites souvent cette activité déplaisante avant d’aller au bowling, vous allez finir par la trouver pas si déplaisante que ça.

Application pour réduire l’apparition d’un comportement

Cet aspect de l’utilisation du principe de Premack est beaucoup moins connue, et beaucoup moins documentée, car plus complexe à mettre en oeuvre. De plus, si utilisée sur des cobayes humain, sujette à des problèmes d’éthique.
Voyons tout d’abord comment ça fonctionne:

Le Principe de Premack ne se limite pas aux contingences de renforcement en ce sens qu’il s’applique aussi aux contingences de punition premack, l97l). Selon Premack (1971), un comportement de haute probabilité (à savoir, préféré ou de valeur élevée) deviendra moins fréquent si son émission amène l’accès, même forcé, à un comportement de faible probabilité (donc, non préféré ou de faible valeur)

Donc reprenons 2 activités:

– le moins probable,(par exemple, par exemple se faire laver avant une expo), comportement A

– le plus probable, celle qu’on veut faire disparaître (par exemple se rouler voluptueusement dans une bouse de vache fraîche), comportement B

Et c’est là qu’on voit apparaître le problème d’éthique lorsque appliqué aux humains : l’activité la moins probable doit être imposée, foire forcée.

Et on pressent aussi la difficulté de mise en oeuvre car les 2 comportements doivent être proches dans le temps afin d’être associés.

Dans ce cas précis (la bouse de vache et le lavage), une astuce consiste à avoir sur soi un spray type « lave vitre » contenant de l’eau savonneuse, et à « shampouiner » la tête du chien. Vous trouverez bien une rivière pour le rincer ensuite. Pour que ça marche, il faut pouvoir le faire immédiatement après le bon bain de bouse. Cela veux dire que vous avez préparer votre coup, et que le chien est en longe. Et surtout, tout doit se faire dans le calme, sans réprimander le chien.

Vous comprenez pourquoi ce principe est très peu utilisé pour réduire, voire faire disparaître un comportement.

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Sources:

https://en.wikipedia.org/wiki/David_Premack

http://www.rfdi.org/wp-content/uploads/2013/05/LECLERC_v14.pdf

CC BY-NC-ND 4.0 Le principe de Premack par Didier ESCALLIER est sous Licence Creative Commons Internationale Attribution-Pas d'utilisation Commerciale-Pas de Modification 4.0 .

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