Le cercle vertueux

Après cette série d’articles très techniques, relaxons un peu nos neurones.

Je vais parler aujourd’hui du cercle vertueux en dressage. Comme vous l’avez constaté avec vos chiens, un dressage n’est jamais acquis, et il y a toujours moyen de faire mieux (pour faire plus de points en concours, ou pour le simple plaisir de s’améliorer).

 

cercle vertueux

Observation

Tout d’abord on observe comment est l’exercice, comment réagit notre chien, les mouvements que nous faisons . Il faut tout observer. La petite caméra vidéo de sport est l’outil idéal. Le plus difficile avec la video, c’est de rester impartial. On a toujours tendance à sur-estimer, ou au contraire sous-estimer ses gestes, son attitude.

Réflexion

Il y a beaucoup de sujets de réflexion:

– Qu’est-ce qui ne va pas dans l’exercice ?

– Quelle est la cause possible ?

– Veut-on renforcer, ou réduire quelque chose ?

– Quelle méthode utiliser pour modifier ce comportement (ce n’est pas le choix qui manque) ?

– Quel critère va-t-on se fixer pour valider qu’on a progressé ?

– Quels peuvent être les dommages collatéraux ?

Mais rappelez vous un mantra important: on ne travaille qu’une seule chose à la fois

Action

Une fois qu’on a décidé de ce que nous allons faire, il ne faut pas se précipiter. N’oubliez pas que nos chiens nous considèrent comme leurs leaders bienveillants, et pour rester crédibles, nous devons être irréprochables. Il n’y a rien de pire qu’une séance de travail mal préparée. Comment voulez-vous demander à votre chien d’être concentré, à votre entière écoute, si vous perdez vos récompenses alimentaires parceque le sac est percé, ou que la balle est restée dans la voiture ?

Donc avant de sortir le chien, on s’assure que le matériel est en place, que vos assistants éventuels sont prêts, et que la caméra est en place.

Idem pour le chien. A-t-il le bon collier ? A-t-on besoin d’un harnais ? A-t-il fait ses besoins ? L’a-t-on rafraîchi avant de travailler en pleine chaleur ?

Dernier détail, mais tout aussi important que le reste , son esprit est-il en condition d’apprentissage ? Ce point est trop souvent négligé. Mais attention, on ne peut pas « obliger » un chien à se mettre dans cet état d’esprit, tout comme on ne peut pas imposer à un enfant à aimer l’école. Cet état d’esprit est le résultat de tout ce que vous avez fait auparavant. Il y a quand même une astuce pour lui faciliter les choses et le mettre en condition d’apprentissage quasiment sur commande: mettre en place un petit rituel de début d’entraînement. Cela peut être un accessoire (un type de collier particulier), une phrase rituelle, un petit exercice fun (tope là !), mais ça doit rester simple, joyeux, et très rapide de mise en oeuvre.

 

Et maintenant bon entraînement, profitez-en bien car de retour à la maison, il va falloir observer, réfléchir, pour préparer le prochain !

 

 

 

La synthèse de la méthode

L’objectif à atteindre

Si vous lisez régulièrement ce blog, vous aurez compris que mon but à atteindre est d’avoir un chien qui soit actif dans son dressage. Sur le terrain de concours, il n’y en a pas un qui commande et l’autre qui exécute, mais il y a une équipe, avec un qui donne des indications, et l’autre qui réalise de son plein gré, et avec fierté, les exercices que nous avons répétés ensemble, sans se préoccuper de ce qui se passe autour.
Pour cela, durant tout son apprentissage, le chien doit avoir le choix. Il doit avoir le droit de choisir de ne pas faire ce que vous avez demandé, mais il doit en assumer les conséquences. Et si il choisit l’action que vous avez demandé, il doit être encouragé à choisir cette option la prochaine fois.
Il faut travailler avec son chien comme on travaillerai avec un partenaire humain dans une épreuve de danse en couple, il faut rechercher sa pleine et entière collaboration. Et pour cela, la communication bilatérale entre les partenaires est la clé de la réussite. Mais le problème, c’est que nous ne parlons pas du tout la même langue ! Ni gestuelle, ni sonore. Donc pas évident du tout de se comprendre., dans un sens comme dans l’autre.
Dans le sens chien vers maître, il faut observer, et cela vient avec (beaucoup) de pratique, d’expérience. Mais dans le sens maître vers chien, c’est une autre histoire, compliquée par le fait qu’il y a énormément d’informations très pointues à faire passer.
Je vais expliquer le chemin que j’ai choisi de suivre avec Jessy pour résoudre ce probléme. Attention, ce n’est pas une progression linéaire. Il faut souvent s’arrêter, repartir en arrière, bifurquer, en fonction de ce que vous dis le chien, et l’œil de la caméra.

Phase 1 : découpage en compétences élémentaires

Les exercices demandés en concours sont complexes, ils font appel à de nombreuses compétences. Il serait illusoire d’essayer d’apprendre l’intégralité d’un exercice à un chien tout d’un bloc. Cela demanderait trop d’échanges complexes entre le chien et le maître. On va donc découper chaque exercice en compétences élémentaires. Pour cela il suffit de prendre son règlement, et de décortiquer chaque exercice. Au final, on se retrouve avec des compétences élémentaires, dont beaucoup sont communes à plusieurs exercices.
Exemple : s’éloigner rapidement du maître dans une direction donnée.
C’est un peu comme une maison qu’on construit brique par brique. Il faut d’abord fabriquer les briques ! Celles d’angle, celles pour les murs, celles pour les planchers …., sans oublier les fondations, la base de tout l’édifice.
N’oubliez pas de lister une compétence fondamentale : l’engagement du chien. Ce n’est que rarement inné, cette compétence doit être acquise.
Exemple :l’article sur le découpage de la MAP

Phase 2 : le leurre

Après l’étape de réflexion et d’organisation, vient le temps de l’action.
Comme vu précédemment, on va travailler sur une compétence de base, très simple (par ex se coucher à partir de la position debout). Il faut commencer par expliquer à notre chien, quel mouvement, qu’elle action, on attend de lui. Et pour ça, rien de tel qu’une démonstration ! Mais comme nous ne pouvons pas le faire nous-même (quoique, pour le saut ….), on va utiliser un leurre actif pour faire exécuter au chien le mouvement demandé. Le chien va ressentir dans son corps le mouvement, technique utilisée par les sportifs (mémoire musculaire). Par contre, son cerveau ne travaille pas beaucoup.
Nota : le leurre doit être actif, c’est-à-dire que le chien va pousser sur la main, et non pas la suivre mollement. Pour cela le chien doit avoir faim, le leurre doit être appétant, et une fois le mouvement effectué, la quantité doit être à la hauteur de l’effort réalisé !

Exemple: l’article sur le leurre

Phase 3 : le shaping

La phase de leurrage ne doit pas durer trop longtemps. Dès que le mouvement est compris, il est temps de faire travailler le cerveau. Je passe alors en shaping, le chien devient à ce moment-là acteur de son dressage. Il comprend les conséquences de ses actions. Beaucoup ne passent pas par l’étape du leurre. Je trouve que c’est dommage, ils perdent en précision , et l’apprentissage du mouvement correct est plus long.

Exemple: l’article sur le conditionnement opérant

Phase 4 : le renforcement, le marqueur

Une fois que le chien fait le mouvement avec joie et envie pour nous faire clicker, il est temps de renforcer le comportement. J’entends par renforcement la généralisation en tous lieux et en toutes circonstances, et l’augmentation de la vitesse. C’est la phase de stabilisation et de sécurisation de l’exercice. C’est ce qui fait que le chien va restituer le mouvement lors d’un concours avec joie, sans se laisser distraire, bien concentré sur les indications de son conducteur. On gardera toujours à l’esprit durant cette phase la ligne directrice : le conditionnement opérant (le chien agit pour vous faire déclencher, pour obtenir le marqueur qui donne accès à la récompense, et non pour la récompense elle même)
C’est dans cette phase que je fais le passage de la nourriture vers la balle/tug. Bien évidemment, pour se servir efficacement de ces artifices, il faut qu’ils aient acquis une grande valeur pour le chien. Cela se prépare au préalable, lors de phase de jeu, hors entraînements.

Exemple: l’article sur l’autocontrole

Phase 5 : le backchaining

Cette étape consiste à assembler les morceaux petit à petit pour arriver à l’exercice final. Elle n’est pas forcément après l’étape 4, ces 2 étapes sont en fait imbriquées. On peut dans certains cas commencer à assembler quelque morceaux avant de renforcer ce bout d’enchaînement.

Comme les anglophones l’auront compris, l’astuce est de commencer l’assemblage en partant de la fin de l’exercice pour remonter vers le début. On fait cela pour une raison simple : le renforçateur est toujours à la fin. On commence donc par le dernier morceau, et on récompense. Puis on enchaîne avant-dernier, dernier, récompense. Et ainsi de suite. Ainsi, chaque morceau d’exercice agit comme récompense du morceau précédent.
Une fois que quelques maillons sont assemblés, rien d’interdit de récompenser en milieu de la chaîne en création pour garder l’effet de surprise, et éviter la routine.

Exemple: décomposition du blocage debout

Conclusion

Il y a plein de chemins pour arriver au résultat, c’est celui-là que j’ai choisi. Je ne sais pas si c’est le meilleur, mais c’est celui qui me correspond, et avec lequel je suis à l’aise. Le seul juge, sera celui des résultats en concours, qui vont démarrer pour Jessy cet automne.

Je n’ai volontairement pas détaillé chaque étape, car suivant la compétences travaillée, l’environnement, l’humeur du chien, il faut s’adapter. Il faut en priorité observer le chien, comprendre ce qu’il nous dit, et s’adapter en conséquence. Pour le reste, à vous d’acquérir les compétences élémentaires pour faire travailler votre chien, le renforçateur étant les progrès qu’il fait !

Théorie de l’équilibre molaire – response deprivation

 D’où ça sort ce truc ?

Si vous avez lu l’article précédent, vous êtes maintenant à l’aise avec le principe de Premack.

Ce principe dit qu’on peut utiliser un comportement pour en renforcer un autre. Il faut pour cela un comportement à haute apparition spontanée (le comportement préféré du chien, qui servira de récompense), et un comportement à faible apparition spontanée (celui qu’on veut renforcer). Il faut évidement que le « comportement récompense » arrive juste après le comportement à renforcer afin que le chien fasse le lien (mais ça c’est vrai pour tout type de renforcement), mais Premack ajoute que le « comportement récompense » doit être bien plus probable (c’est à dire apprécié) que le comportement à renforcer (c’est le principe de probabilité différentielle), et Premack ajoute que plus la différence est grande entre les 2 comportements, plus c’est efficace.

Cela parait logique (« mange ta soupe et tu pourras manger du gâteau »; au plus le gâteau est apprécié, au plus vite on mange la soupe). Oui mais voilà, de nombreux scientifiques ont par la suite réalisé des expériences qui contredisent ce principe. Soit le renforcement ne se faisait pas, soit il n’aurait pas du se faire, et il se faisait quand même. Ce principe était donc incomplet, et c’est là que la théorie de l’équilibre molaire (curieuse traduction pour response deprivation) est apparue.

L’équilibre molaire: la théorie

Rassurez vous, le principe est simple, mais pas évident à expliquer simplement. Il consiste à dire que si on vous restreint votre temps d’activité la plus probable (votre préférée), alors vous allez passer plus de temps à faire l’activité la moins probable, qui sera donc renforcée.

Prenons un exemple. On vous laisse 30 mn dans une pièce avec d’un coté un livre, de l’autre un smartphone, et on chronomètre le temps que vous passez librement avec chacun. disons, 20 mn avec le livre, et 10 mn avec le smartphone.

Le lendemain on recommence l’expérience, mais on ne vous donne que le smartphone. Au bout de 5mn, on vous apporte le livre, que vous vous dépêchez de lire (il est passionnant). Puis 5mn plus tard, on vous l’enlève, en vous laissant avec le smartphone. Vous comprenez rapidement que si vous utilisez le smartphone, on vous laisse accéder 5 mn au livre que vous adorez. Vous allez donc utiliser frénétiquement le smartphone le temps qu’il faudra pour qu’on vous ramène le livre.

Le fait de vous restreindre l’accès au livre a créé un déséquilibre, qui fait que vous allez augmenter votre temps d’utilisation du smartphone. L’utilisation du livre a donc renforcé l’utilisation du smartphone.

Dit autrement, si on vous laisse libre accès au livre, vous  n’augmenterez pas votre envie d’utiliser le smartphone. Voire pire, si on vous laisse le livre en permanence, ou bout d’un moment vous arrêtez de lire (satiété), mais ce n’est pas pour autant que vous allez utiliser le smartphone.

On peux donc résumer cette théorie en disant qui si on vous empêche de faire une action plaisante  autant que vous le feriez sans contrainte, on peux utiliser cette action contrainte pour en renforcer une autre.

Vous trouverez la démonstration scientifique dans les liens en bas de l’article

 La pratique avec nos chiens

Il nous faut donc choisir deux activités, une adorée par le chien qui servira de renforçateur, l’autre moins appréciée et qu’on veut renforcer.

On va faire simple:

– activité très appréciée: jouer à la balle

– activité moins appréciée : marcher au pied façon concours

On va commencer par estimer combien de temps le chien fait correctement (c’est à dire de façon intense) ces 2 activités. Prenons par exemple:

– jouer à la balle: 30 secondes

– marcher au pied (MAP): 3 pas

Le principe dit qu’il faut contraindre l’activité préférée. On va donc faire les séquences suivantes.

-MAP 5 pas

– balle 5 secondes

– MAP 6 pas

– Balle 3 secondes

– Map 7 pas

– Balle 5 secondes

– MAP 7 pas

– balle 10 secondes, et on la range, fin de la séance.

 

Vous connaissez donc maintenant le secret d’une séance réussie:

– en dehors des entraînements, on rend le chien dingue de sa balle, et on joue sur de longues durées (sans blaser le chien évidement)

– lorsqu’on se sert du jeu de balle comme renforçateur en entraînement, on ne le laisse jouer que très peu de temps, pour créer un déséquilibre afin d’augmenter l’autre comportement.

Sources

Théorie de l’équilibre molaire

response deprivation

Le principe de Premack

Vous avez dit Premack ?

C’est quoi Premack ? On devrait plutôt dire : c’est qui Premack ?
David Premack est un scientifique, professeur émérite de l’université de Pennsylvanie. Il a travaillé sur des chimpanzés, et des rats. Le principe qu’il a mis en évidence est le suivant:

Le Principe de Premack (Premack 1965) stipule que, dans une situation où il est possible de faire I’une ou I’autre de deux réponses ou activités à un temps donné, celle dont I’apparition est la plus probable pourra renforcer, donc augmenter, I’autre réponse moins probable, mais non l’inverse

quelques points importants sont à souligner:

– il  est question d’activités, et non de récompenses données par le maître (nourriture, balle, ..)

– il est question de probabilité d’apparition, pas d’activité préférée, ou détestée, bien que ce soit un peu lié. On met le chien face à 2 comportements, et on compte combien de fois il réalise chacun d’eux. Attention de ne pas avoir d’à priori sur le comportement de son chien !

Cela vous parait compliqué ? Mais en fait, toutes les mamans du monde l’utilisent avec leurs enfants :

« mange ta soupe et tu pourras manger le gâteau »

On retrouve bien là la notion d’activités (manger), et de probabilité d’apparition ; posez un gâteau et une assiette de soupe devant l’enfant, et comptez combien de fois il mange le gâteau, et combien de fois il mange la soupe. Le comportement le moins probable (manger la soupe) sera renforcé s’il « ouvre » vers un comportement plus probable (manger le gâteau)

Application pour renforcer un comportement

Il faut avant tout identifier les 2 comportements :

– le moins probable, c’est à dire celui que l’on veut renforcer (par exemple, rester coucher sans bouger), comportement A

– le plus probable (par exemple aller nager dans l’eau fraîche par une chaude journée d’été), comportement B

Pour que le renforcement fonctionne, il faut respecter quelques règles :

– le chien doit parfaitement connaître les 2 comportements (ce n’est pas une méthode d’apprentissage, mais de renforcement)

– Le chien doit être conscient du lien entre les 2 activités, c’est à dire qu’il a été éduqué en ouvrant son esprit, en le rendant responsable de ses actes (conditionnement opérant), il est capable de faire le lien entre 2 activités. Et cela implique aussi que les 2 comportements doivent être très proche dans le temps pour que l’association se fasse.

– le chien doit sortir gagnant (comme toujours). C’est à dire que ça ne doit pas être « si je ne fais pas le comportement A, je perds le B« , mais bien « si je fais le A, je gagne le B« . C’est pour cela que le chien doit bien connaître les comportements A et B. On ne doit pas « batailler  » pour obtenir le comportement A.

Après toutes ces explications, la mise en oeuvre doit vous paraître évidente:

– on fait coucher le chien en plein soleil prés d’une rivière bien fraîche

– on attend un peu

– on libère le chien qui se jette à l’eau

On prendra évidement toutes les précautions pour ne pas rendre le chien malade!

nota: vous pouvez appliquer ce principe à vous même : je fini cette activité peu valorisante, et après je rejoins mes potes au bowling. Si vous faites souvent cette activité déplaisante avant d’aller au bowling, vous allez finir par la trouver pas si déplaisante que ça.

Application pour réduire l’apparition d’un comportement

Cet aspect de l’utilisation du principe de Premack est beaucoup moins connue, et beaucoup moins documentée, car plus complexe à mettre en oeuvre. De plus, si utilisée sur des cobayes humain, sujette à des problèmes d’éthique.
Voyons tout d’abord comment ça fonctionne:

Le Principe de Premack ne se limite pas aux contingences de renforcement en ce sens qu’il s’applique aussi aux contingences de punition premack, l97l). Selon Premack (1971), un comportement de haute probabilité (à savoir, préféré ou de valeur élevée) deviendra moins fréquent si son émission amène l’accès, même forcé, à un comportement de faible probabilité (donc, non préféré ou de faible valeur)

Donc reprenons 2 activités:

– le moins probable,(par exemple, par exemple se faire laver avant une expo), comportement A

– le plus probable, celle qu’on veut faire disparaître (par exemple se rouler voluptueusement dans une bouse de vache fraîche), comportement B

Et c’est là qu’on voit apparaître le problème d’éthique lorsque appliqué aux humains : l’activité la moins probable doit être imposée, foire forcée.

Et on pressent aussi la difficulté de mise en oeuvre car les 2 comportements doivent être proches dans le temps afin d’être associés.

Dans ce cas précis (la bouse de vache et le lavage), une astuce consiste à avoir sur soi un spray type « lave vitre » contenant de l’eau savonneuse, et à « shampouiner » la tête du chien. Vous trouverez bien une rivière pour le rincer ensuite. Pour que ça marche, il faut pouvoir le faire immédiatement après le bon bain de bouse. Cela veux dire que vous avez préparer votre coup, et que le chien est en longe. Et surtout, tout doit se faire dans le calme, sans réprimander le chien.

Vous comprenez pourquoi ce principe est très peu utilisé pour réduire, voire faire disparaître un comportement.

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Sources:

https://en.wikipedia.org/wiki/David_Premack

http://www.rfdi.org/wp-content/uploads/2013/05/LECLERC_v14.pdf

Récompense capitaliste et communiste

Notions de base

Cette notion de récompense type capitaliste ou type communiste est trop peu connue, et souvent mal comprise.

Lorsqu’on l’aborde, les personnes se bloquent sur une idéologie politique, au lieu d’essayer de comprendre ce dont il s’agit dans un contexte de dressage canin.

Ces termes n’ont rien à voir avec une organisation de la société, mais c’est une façon imagée de présenter deux façons de distribuer des récompenses à son chien. Ce concept a été popularisé par Bart Bellon, comme par exemple dans cette vidéo :

Vous trouverez une traduction sur le blog de Hulk

the big mistake

 

Récompense communiste

Dans ce type de façon de récompenser, on donne au chien une récompense, toujours la même, et toujours la même quantité. La conséquence est que le chien n’a rapidement plus grand intérêt pour la nourriture. Il ouvre la bouche, la récompense attendue arrive, et il attend la suivante. Le chien perd toute motivation, toute envie de se surpasser.

Récompense capitaliste

Dans ce type de façon de récompenser, le chien ne sait jamais ce qu’il va avoir en récompense. Ce peut être une croquette, une pleine poignée de ses meilleures friandises, voire rien du tout. Le chien reste attentif, actif, par espoir d’une méga récompense (jackpot). Le fait d’avoir régulièrement de petites récompenses lui permet de garder cet espoir très intense. Si on ne donne rien entre les jackpots, on risque de retomber dans le cas de la récompense communiste. Le chien se désengage en attendant le jackpot qui va bien finir par arriver. Il ne faut pas confondre cette façon de travailler avec les récompenses dites « aléatoires ». Ici ce n’est pas le rythme des récompenses qui est aléatoire, mais leur intensité.

Une façon simple de mettre en œuvre cette façon de récompenser est de mélanger dans le sac de récompenses des friandises hyper appétissantes, avec des friandises plus banales. Ainsi, c’est comme à la loterie: quand on pioche dans le sac, on ne sait pas ce qui va sortir. Le chien est surpris à chaque fois. Cela n’empêche pas le maître de varier aussi la quantité de récompenses données en une seule fois (de la récompense unique, à la pleine poignée). On récompensera logiquement plus fortement un effort important du chien pour réaliser un exercice.

Amusez-vous avec votre chien, surprenez-le avec vos récompenses autant que lui vous surprend par ses progrès, et son implication à réaliser ce que vous lui demandez !

La vitesse

Dans cet article, je vais aborder la problématique de la vitesse sur l’exécution des exercices.

Je vais prendre comme exemple le « tourne autour d’un piquet ». C’est un exercice simple: sur ordre, le chien s’éloigne de son maître rapidement, tourne autour d’un piquet, et revient à toute vitesse. C’est un exercice qu’on peut pratiquer partout, le piquet pouvant être remplacé par n’importe quoi (un arbre, un parapluie, une poubelle..). Comment obtenir un maximum de vitesse sur cet exercice ?

Méthode n°1:

On récompense les bons comportements, et on ignore les mauvais. C’est la méthode préférée des « toutpositivistes ». On récompense lorsque le chien tourne rapidement, et on ignore les exercices exécutés lentement.

Sur le principe, rien à dire, on est dans le comportement opérant, ce sont les actions du chien qui conditionnent la récompense. Alors pourquoi la plupart du temps, ça ne fonctionne pas ? Parce qu’il y a dans l’équation une variable implicite: la compétence du maître. Nous ne sommes pas tous des Karen PRYOR, et on ne récompense pas au bon moment, pas assez souvent, parfois on valide quand il ne faudrait pas … et au final, au mieux , il n’y a pas d’amélioration, au pire, le chien se désengage et ralenti de plus en plus.

Comme je ne suis pas plus doué que la moyenne, j’ai cherché une solution pour sortir le maître de l’équation.

Méthode n°2

Qu’on peut appeler la méthode pour les nuls.

J’ai appliqué sur cet exercice, les mêmes principes que vous connaissez déjà si vous lisez régulièrement ce blog. Avant tout, mettre le chien en conditions de réussite.

  • le chien doit connaître l’exercice, c’est à dire qu’on lui a appris à tourner derrière le piquet placé juste devant soi (au leurre par exemple)
  • on évitera les distractions extérieures
  • on travaillera « à la fraîche », afin que le chien soit à l’aise
  • on travaillera quand le chien est frais (psychologiquement et physiquement), c’est à dire en début d’entraînement, et pas le lendemain d’une journée très active et fatigante.
  • On arrêtera avant que le chien ne fatigue, et donc ralentisse.
  • On mettre de la distance, afin que le chien puisse s’exprimer (15 – 20 m pour un chien moyen)
  • on utilisera une récompense facile à attraper dans le mouvement afin que le chien ne ralentisse pas arrivé à votre hauteur (pour Jessy, c’est le tug).

Une fois cela bien préparé, il suffit d’envoyer le chien tourner, et de lui faire systématiquement attraper la récompense au retour. Pour pimenter l’exercice et éviter la routine, on variera la façon de récompenser à l’arrivée

  • on lâche le tug et le chien part avec.
  • on tient fermement le tug et le chien tire
  • on escamote le tug au dernier moment (les dents claquent dans le vide), le chien nous dépasse, on recule alors rapidement et le chien se jette sur nous pour attraper le tug (on le laisse prendre, n’oubliez pas qu’on récompense systématiquement).
  • et surtout, on met beaucoup de fun, de dynamisme, on s’éclate avec son chien.

Il faut aussi préparer le cas ou le chien « ne fait pas »:

  • il part vite, mais tourne avant le piquet; on escamote le tug, et on renvoie le chien en insistant, et dés qu’il passe derrière le piquet, on encourage vivement de la voix et on anime le tug
  • il refuse de s’éloigner pour aller tourner: c’est qu’on a été trop ambitieux, l’exercice n’est pas maîtrisé, il faut se rapprocher du piquet et reprendre les bases

On est bien dans le conditionnement opérant (plus le chien revient vite, plus il se récompense rapidement).

Le maître est bien la source de confort (c’est lui qui tient et anime le tug).

Le maître n’a pas besoin de compétences particulières, à part savoir prendre du plaisir avec son chien, et animer un tug.

 

Et maintenant, arrêtez de perdre votre temps sur internet, et allez jouer à travailler avec votre chien!