les tugs

Les Tugs

C’est quoi un tug

Je vais essayer d’expliquer ici et de montrer comment je me sers des tugs. Un tug est un jouet dont les chiens raffolent et qui ne coute vraiment pas cher, qui évite de se faire un tour de rein en se baissant et qui se range facilement dans une poche. Plus concrètement, il s’agit d’une tresse, ou un scoubidou, en tissu qui sert à faire les vêtements en polaire. Pour fabriquer vous-mêmes vos tugs, il y a des tas de tutos sur internet, je ne ferai pas mieux. Le seul point qui est rarement abordé, est la largeur des bandes de polaires. Voici mon expérience sur ce point

  • 5 cm: petit chien (10 – 15 kg, chiot malinois ou border
  • 8 cm: chien moyen (20 – 25 kg), border adulte, petit malinois
  • 10 cm: gros chien (30 kg et plus), berger allemand, cane corso …..

Règles de base

Tout d’abord, pourquoi appeler ce billet « les tugs », et non « le tug ». Parce que les tugs fonctionnent par 2. Il faut toujours 2 tugs strictement identiques, afin qu’ils aient la même valeur pour le chien.

Autre règle de base: on ne « vole » jamais un tug, on l’échange (contre l’autre tug, et à la fin contre une récompense alimentaire).

Lorsqu’on joue avec un tug, ça doit être intense, donc bref.

étape n°1: la souris

Je connais peu de chiens, et encore moins de chiots, qui résistent à un truc qui s’agite dans l’herbe , qui remue comme une petite souris affolée (désolé pour les amoureux des souris !). Nous allons donc utiliser cet instinct. On s’assoit dans l’herbe, dans un endroit calme, sans distraction. On prends son tug, et on l’agite avec des mouvements saccadés dans l’herbe. Lorsque le chiot s’en saisit, on continue à agiter le tug, on bagarre gentiment. Puis on immobilise sa main, et avec l’autre on sort l’autre tug, qu’on agite dans l’herbe. Le chiot va lâcher sa première proie (elle est morte, donc moins intéressante) , pour s’intéresser à cette nouvelle proie, bien vivante, et donc bien plus intéressante.

Et comme déjà indiqué, avant que le chiot ne soit lassé, on échange la proie morte contre une friandise, et on termine la séance.

Point important, à aucun moment on n’a lâché les tugs et laissé le chiot jouer tout seul avec. Le chiot doit comprendre que le tug n’a de l’intérêt qui si vous tirez, résistez, à l’autre bout.

 

étape n°2: on joue avec son maître

Votre chiot est maintenant dingue des tugs. Afin de renforcer le fait que le tug n’a d’intérêt que si le maître tire à l’autre bout, on va modifier un peu le jeu. Le chiot ayant grandi, plus besoin de s’asseoir. C’est aussi ça l’intérêt d’un tug, il est à la portée du chiot alors qu’on reste debout, bien droit, sans se faire mal au dos.

Lorsqu’on est en plein jeu, on lâche le tug, et on recule vivement de quelques pas. Le chiot doit venir vers vous, vous reprenez le tug et continuez la partie. Au bout de quelques temps, le chien viendra de lui-même vous poser le tug dans la main pour continuer le jeu. Si le chien ne revient pas spontanément vers vous, il est important de travailler dans un endroit pas très grand, afin que le chiot ne puisse pas trop s’éloigner de vous. Vous reprenez l’extrémité du tug, et c’est reparti pour une partie de jeu.

étape n°3: le switch commandé

Maintenant, votre chien doit maîtriser le jeu de la proie vivante / proie morte vu à l’étape n°1. Ce passage d’un tug à l’autre s’appelle d’un terme anglais, le switch.

Il est temps maintenant de le faire réaliser sur commande. Lorsque le chien abandonne la proie morte, on donne le commandement, par exemple « lâche ». Une fois que le chien lâche spontanément à l’ordre pour se précipiter sur l’autre tug, on augmente petit à petit la difficulté. On demande de lâcher alors que la proie n’est pas tout à fait morte (on continue de remuer un petit peu le tug), et petit à petit, on augmente, jusqu’à ce que le chien lâche sur ordre le tug toujours vivant, pour se précipiter sur l’autre.

Cet exercice vous servira plus tard pour plein d’autres choses (cessation au mordant, rapport d’objet, ..).

étape n°4: le renforcement

Normalement, après l’étape n°3, vous avez forgé un bon outils pour motiver et récompenser votre chien. Mais on peux aller encore plus loin. Au final, le chien doit être dingue des tugs. Il doit être capable de passer à travers une vitre fermée pour avoir la joie de jouer au tug avec vous (c’est une image, bien évidement). Certains chiens le deviennent naturellement, d’autres ont besoin d’un peu de travail pour cela.

Vous demandez à quelqu’un de tenir votre chien en laisse, et vous le narguez avec un tug (le chien, pas votre assistant …). Vous le faites passer devant son nez (toujours celui du chien pas celui de l’assistant !), et au dernier moment, alors qu’il est prêt à le saisir, vous le retirez vivement (le tug, pas l’assistant, vous commencez à comprendre maintenant). Au bout de quelques passages « à vide », vous le laissez attraper le tug, et vous jouer intensément avec lui. Quelques séances de ce type, et votre chien ne quittera plus ses tugs des yeux, de peur de perdre un occasion de jouer avec vous.

 

La vidéo:

Petite démo avec Jessy. Ce n’est plus un chiot, elle connaît bien les tugs, mais elle ne refuse jamais de retomber en enfance!

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ordre, signal, et code

Ordre, signal, et code

J’ai assisté récemment à un gros concours de RCI (plus de 30 participants), avec des équipes venant de toute la France, et de niveaux d’expérience très variable.
Cela allait du complet débutant dont c’était le premier concours, au conducteur très expérimenté (plus de 30 ans, plusieurs participations au championnat du monde), en passant par des conducteurs qui se croient expérimentés. Bref, un échantillon significatif pour faire des observations.
J’ai plus particulièrement observé comment les conducteurs communiquaient avec leurs chiens. En première analyse, cela va du commandement hurlé à se casser la voix, à la transmission de pensée …

Tout cela m’a amené à réfléchir à la façon de communiquer avec son chien lors d’un concours. J’ai identifié 3 catégories :

Les ordres :

Définition de wiktionary http://fr.wiktionary.org/wiki/ordre:
* Demande impérative, consigne d’une hiérarchie.

IL faut retenir cette notion « d’impératif ». Un ordre est donné d’une voix forte, et pour qu’il soit respecté, il faut que toute non-exécution amène une sanction. D’autant que l’exécution d’un ordre est quelque chose de subi, donc fait sans conviction, en pure réaction à la consigne ayant déclenché son exécution. De plus, cette notion d’impératif est généralement associée à un léger stress. Il faut aussi avoir conscience que cette notion d’impératif amène à une usure de l’ordre. A force d’être répété, il se banalise, et devra donc être renforcé plus souvent par une sanction en cas de non-exécution, mais aussi par une récompense si exécution. Clairement, un ordre ne sera jamais auto-récompensant, il sera d’avantage exécuté par crainte de la sanction que par envie de la récompense.

Pour toutes ces raisons, un ordre doit, d’après moi, rester exceptionnel. Il n’a pas sa place dans une compétition ou les actions sont répétées à chaque concours, et encore plus en entraînement, sans possibilité de sanctionner une non-exécution.
Il faut le réserver à des cas exceptionnels, soit en concours (chien qui est trop excité et se trompe de direction par ex, il faut impérativement le bloquer avant qu’il ne parte trop loin), ou dans la vie de famille (chien qui va traverser une route), voir l’article sur « le maitre source d’inconfort »

Les signaux acoustiques ou visuels.

Un signal (acoustique ou visuel) est donné au chien pour initier, ou modifier un comportement. S’il est acoustique, Il est donné avec le niveau sonore juste suffisant pour réaliser cela. Il peut même être murmuré si le chien est au pied, entièrement concentré sur ce qu’on va lui demander. Si on travaille en conditionnement opérant, c’est ce qu’il faut utiliser. Il n’y a aucune notion « d’impératif ». Le chien va adopter le nouveau comportement de son plein gré, car il sait que cela va améliorer son confort, ou tout au moins, il en a l’espoir. On peut enchaîner les signaux et les comportements. Si on prends soin de récompenser de temps en temps l’exécution, il n’y a pas d’usure du signal. Un signal peut être extrêmement discret, et passer complètement inaperçu auprès des spectateurs.

Les codes

Un code est une indication discrète qui indique au chien quel est le prochain signal qu’on va lui donner. Il lui sert à se préparer à l’exécuter. Ce n’est pas le code qui déclenche le comportement, car sinon ce n’est plus un code, mais un double commandement. Le code peut prendre des formes très diverses, car il n’a de signification que pour le chien et son maître. Il peut être gestuel (lisser le revers de sa veste de la main gauche), contextuel (faire un tour complet sur soi même en arrivant au cône de départ), ou sonore (se racler la gorge). L’essentiel étant qu’il passe complètement inaperçu auprès des spectateurs, seul le chien en comprend la signification. Il est d’autant plus difficile à détecter car il ne provoque normalement aucune réaction visible du chien. Le code peut être donné plusieurs secondes avant le signal, ou bien juste avant (le pas qui précède la demande de assis par exemple), ce qui complique encore plus sa détection. Utiliser un code, ce n’est pas tricher, c’est respecter son chien en l’avertissant du contenu du prochain exercice. On évite ainsi de le laisser dans le doute, tout est plus clair pour lui. Lorsqu’il se présente au cône avec son conducteur, il sait ce qui l’attend dans les secondes à venir. (marche, en avant, blocage au bout de 10 pas, …). Il peut ainsi se concentrer sur sa prochaine action. Sans le vouloir, nous mettons en place des tas de codes au quotidien (on se lève plus tard que les autres jours : chouette, c’est journée club aujourd’hui !)

Maintenant, lorsque vous allez assister à un concours, vous allez chercher à deviner les signaux et les codes de chaque conducteur. Pour les ordres, pas besoin de chercher, ils s’imposeront à vous ….