Jessy 12 mois

Petit entraînement pour une fois qu’il ne pleut pas.

1er entraînement sur goudron, Jessy est un peu surprise mais s’y habitue rapidement

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La superstition

La superstition

On me reproche souvent d’être trop cartésien, trop scientifique, que le dressage ce n’est pas que de la technique.

Évidement, tout cela est vrai, je simplifie volontairement, de façon à marquer les esprits, à forcer la réflexion, voire des réactions. Mais ce n’est pas l’unique raison. Je cherche à extraire les principes fondamentaux, et à éliminer tout ce qui ne sert à rien, qui est contre productif, comme par exemple les superstitions.

Il faut tout d’abord définir ce que j’entends par superstition. Ce n’est pas l’aspect religieux ou philosophique qui m’intéresse, mais la définition qu’en donne les béhavioristes:

Voyons ce qu’en dit wikipedia:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Conditionnement_op%C3%A9rant#Superstitions

Selon les béhavioristes, les superstitions résultent d’un renforcement ou d’une punition qui peut découler d’une simple coïncidence. Skinner fut le premier à le démontrer. D’abord, il plaça huit pigeons dans des cages séparées qui leur donnait de la nourriture toutes les quinze secondes exactement. Cependant, les pigeons, qui adoptaient différents comportements naturels indépendamment de la nourriture ont fini par croire en un lien entre une certaine action ou position et l’arrivée de la nourriture, ce qui n’était pas le cas. Ils adoptaient donc le comportement superstitieux qui, croyaient-ils, leur permettait d’être nourris.

Dans notre dressage, il faut être vigilant à ce que notre chien ne tombe pas dans la superstition. Nous devons nous assurer qu’il a bien compris pour quelle action il est récompensé.

Par exemple, nous voulons récompenser la position assise en shaping. Le chien commence par un couché (pas de récompense), et ensuite propose un assis (récompense). Il est fort probable qu’il comprenne que c’est la séquence couché puis assis qui est récompensée. Il faudra donc être vigilant a créer systématiquement une situation où le chien ne puisse pas proposer cette séquence avant d’être récompensé, sinon cela ne ferait que renforcer sa superstition. Et après, pour s’en débarrasser, ce n’est pas simple (pas que pour les chiens d’ailleurs).

La mise en place d’un signal sonore ou tactile lui indiquant que le couché n’est pas ce qui est demandé peut être un outil très pratique pour casser cette superstition, et surtout éviter qu’elle se mette en place. Ce signal étant évidement différent de l’interdiction formelle, c’est juste une indication qui signifie pour le chien « ce n’est pas ce que j’ai demandé, tente autre chose ».

Il ne faut pas confondre la superstition et le comportement conditionné involontairement (mettre toujours les mêmes chaussures pour aller promener son chien). Ce conditionnement là peut être bénéfique afin de créer par exemple un rituel de début et de fin de travail.

Maintenant que vous êtes au courant, à vous de débusquer dans le comportement de votre chien toutes les petites superstitions qu’il s’est créé.

Cet article n’a pas été écrit un vendredi 13 !

 

 

La relation entre chien et maître

Beaucoup de choses ont été écrite sur ce sujet. Des choses poétiques, émouvantes, d’autres très techniques avec des mots qu’on emploi jamais dans la vie courante (dyade ..).

Je vais expliquer mon point de vue.

Avant de continuer la lecture, n’oubliez pas que nous ne sommes pas dans la tête du chien pour comprendre comment il agit (déjà que dans notre propre tête, ce n’est pas évident de tout comprendre …). Tout ce que nous pouvons écrire ne sont que des théories, des modèles, que nous plaquons sur la réalité. Ces modèles sont tous plus ou moins justes, mais ils ont tous des limites. Voici celui que je vous propose

Dans le conditionnement opérant, on apprends que le chien réagit à son environnement, et que nous faisons partie de cet environnement. Il faut se rappeler aussi que le chien est un animal opportuniste au plus au point.
Il n’agit qu’en fonction de son confort/inconfort, ou tout du moins, dans la perception qu’il en a.
Si le maître est identifié comme une source de confort, alors il y aura ce que certain identifie comme une « relation ». Pour comprendre ce que j’entends par « confort », se référer à la pyramide de MASLOW

http://chiens-actifs.eu/2014/09/recompense-et-pyramide-de-marlow/

Et je le répète, tout ceci dans la vision du chien. Si on arrive à le persuader que la seule source de confort possible est le maître, cette « relation » sera très forte car le chien est persuadé que son unique moyen de survie est son maître.

Et réciproquement, si le maître est identifié comme une source potentielle d’inconfort (directement ou via l’environnement), alors il y aura respect. Les deux ne sont pas contradictoire, ils sont complémentaires. Le maître distribue du confort , mais le chien doit se comporter d’une certaine façon pour l’obtenir (je reviens lorsque le maître  m’appelle par exemple). Et si j’agis d’une autre façon (je grogne sur un autre chien), le maître, ou l’environnement, sera source d’inconfort.

Le dressage moderne ne s’entend généralement que si il y a un lien fort entre le chien est le maître. Mais pour moi, ce lien n’est rien d’autre de la part du chien que de l’opportunisme comme je viens de l’expliquer. Pour que le dressage fonctionne,  il faut juste que le chien pense que c’est son action qui va déclencher l’arrivée de confort via le maître ( notion de chien actif), et que en dehors du maître, il n’arrive rien d’aussi confortable (tout au moins en sa présence). Et réciproquement, si le chien n’agit pas correctement, cela sera source d’inconfort (venant du maître, ou mieux, de l’environnement). Le chien va proposer des choses dans l’espoir d’obtenir plus de confort. Par exemple, il se met sur le dos, et  le maître vient lui gratter le ventre.
Dans une vision plus ancienne du dressage, le chien pensait que si il sortait du comportement appris, un inconfort, pouvant aller jusqu’à la douleur, en résultait (apprentissage par évitement de la contrainte). Le chien ne proposait aucun comportement, de peur qu’un inconfort en résulte. Et dés qu’il avait compris comment échapper à l’inconfort (situation de concours par exemple), tout s’écroulait.

Désolé pour les poètes et les idéalistes, mais je suis un pragmatique, et c’est ma façon de voir les choses.