Le rapport d’objet

On m’a demandé récemment comment je travaillais le rapport d’objet.

Autant vous faire profiter de ma réponse.

J’ai testé pas mal de choses, et voici comment je pratique maintenant.

Tout d’abord, qu’attend-on d’un rapport d’objet ? Tout simplement que le chien ramène un objet. C’est évident dit comme ça, mais j’en vois encore tellement qui apprennent à leur chien à courir après un objet qui bouge (prédation) au lieu de leur apprendre à rapporter un objet immobile, qu’il est bon de le rappeler.

Tout d’abord, comme tout exercice qu’on veut mettre en place, commençons par le découper en séquence élémentaires:

  • course rapide vers l’objet immobile
  • prise en gueule ferme de l’objet
  • course de retour rapide au maître
  • présentation de l’objet en position assise devant le maître
  • remise de l’objet sur ordre

Je travaille toutes ces phases séparément, en utilisant les techniques les plus adaptées pour chacune d’entre elles en fonction de ce qui est attendu (shaping pour la précision et la concentration, prédation pour la vitesse) :

  • Prise en gueule de l’objet au sol: shapping
  • présentation de l’objet: shaping et frustration (si il le lâche ou que j’arrive à lui prendre, pas de récompense)
  • course aller et retour: prédation sur une balle pour avoir la vitesse.
  • Remise de l’objet sur ordre: shaping et frustration.

Et ensuite j’assemble tout ça en backchaining, c’est à dire que je commence par la fin (remise de l’objet), toujours fortement récompensée, et je construis petit à petit la chaîne en remontant vers le début (course aller). Chaque phase est ainsi récompensée et renforcée par la précédente jusqu’à l’apothéose de la récompense finale.

Le chien est ainsi acteur de son exercice. Il est convaincu qu’il me manipule: si il va vite chercher cet objet et si il me le ramène, cela va provoquer chez moi la sortie de la récompense.

On est à fond dans le conditionnement opérant: le chien agit sur son environnement (tout au moins, c’est ce que je lui fait croire)

Pour vous convaincre de la puissance de cette façon de travailler, voici une anecdote.

Lors d’un entraînement récent avec Heiko, le cane corso, une personne qui m’aidait ce jour-là est allé poser l’apportable derrière un bosquet, sur le bord du terrain (pour le ranger plus tard). Pendant ce temps, je jouais tranquillement avec Heiko . Alors que le jeu baissait d’intensité à son goût, il est parti comme une flèche derrière le bosquet, et m’a ramené l’apportable dans un rapport d’objet parfait. Il avait compris que si il me le ramenait, j’allais sortir le méga jouet qui allait relancer le jeu.

Et moi j’ai compris que ma méthode pour travailler le rapport d’objet était bonne.

 

 

CC BY-NC-ND 4.0 Le rapport d’objet par Didier ESCALLIER est sous Licence Creative Commons Internationale Attribution-Pas d'utilisation Commerciale-Pas de Modification 4.0 .

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